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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Réglementer sur la base du danger ou du risque ? M. Philippe Stoop sur Usine Nouvelle

17 Mai 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Perturbateurs endocriniens, #Union européenne

Réglementer sur la base du danger ou du risque ? M. Philippe Stoop sur Usine Nouvelle

 

Glané sur la toile 137

 

 

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Le danger est là, peut-être permanent (ou peut-être temporaire selon les courants). Le risque n'existe que si on entre dans l'eau... suffisamment loin.

 

M. Philippe Stoop a publié une tribune sur Usine Nouvelle, « [Avis d’expert] Les impasses d’une réglementation des perturbateurs endocriniens basée sur le danger ».

 

En résumé :

 

« Une réglementation européenne des perturbateurs endocriniens basée sur le danger, et non sur le risque, c’est ce que dénonce Philippe Stoop, Directeur Recherche et Innovation d’iTK, start-up montpelliéraine spécialisée dans le développement d'outils d'aide à la décision pour l'agriculture. »

 

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Le tabac ? Un formidable cocktail de perturbateurs endocriniens...

 

Pour son exercice de pédagogie, M. Stoop a choisi l'exemple du danger qu'une météorite tombe sur votre tête. Le risque – dont un des facteurs est l'exposition (et les mesures prises pour l'éliminer ou la réduire) – n'est pas nul, mais infinitésimal. Dans « "Météorite tueuse" : les doutes de la Nasa », la revue Science & Avenir rapporte :

 

« L'américaine Ann Elizabeth Hodges est officiellement la première personne a avoir été heurtée par la chute d'une météorite. C'était le 30 novembre 1954. Ce jour-là, la roche spatiale a traversé le toit de sa maison et rebondi sur un meuble avant de percuter la malheureuse... Mais jusqu'à présent, aucune victime n'était avec certitude à déclarer. »

 

Notons en passant que le titre de l'article, à l'origine sensationnaliste, a été changé comme en témoigne l'URL. Ce n'est pas anodin pour ce qui nous concerne ici : une réglementation fondée sur le danger – et se traduisant mécaniquement par des interdictions – succombe facilement à l'hystérie face à un danger souvent décrit à coup d'anecdotes.

 

Mais revenons à notre réglementation des perturbateurs endocriniens. M. Stoop explique ce qui, à notre sens, n'est plus un danger ou un risque, mais une réalité :

 

« ...théoriquement, n’importe quel résultat toxicologique ou épidémiologique isolé montrant une association entre un agent chimique et une pathologie pourrait être considéré comme démontrant un danger. Cela, même si ce résultat est unique et n’a jamais pu été répété depuis. Or, les scientifiques savent bien qu’un résultat isolé, même statistiquement significatif, peut n’être dû en fait qu’au hasard, par l’effet du risque dit de première espèce. »

 

Le mot « théoriquement » est de trop dans le contexte de la politique. Que n'a-t-on pas vu et entendu, par exemple, après une « fameuse » étude sur des rats, publiée, dépubliée, republiée et irrémédiablement condamnée par la vraie science ? M. Stoop cite quant à lui l'exemple du glyphosate et du classement en « probablement cancérogène » par le CIRC – suivi par un couplet sur la pression des activistes. On pourrait ajouter la pusillanimité et la démagogie de certains politiques.

 

M. Stoop conclut :

 

« A la lumière de ces polémiques, on comprend mieux les hésitations de l’UE sur sa définition des perturbateurs endocriniens : plus elle retiendra une définition large, plus elle étendra le champ des controverses ! Comment en sortir ? Politiquement, il serait difficile de revenir maintenant en arrière, en rétablissant une réglementation basée sur le risque. »

 

Nous serons plus nuancé. Politiquement, beaucoup de choses sont possibles, à condition de le vouloir et d'œuvrer à leur réalisation. Pensez au droit à l'avortement de Mme Simone Veil et M. Valéry Giscard d'Estaing, ou à l'abolition de la peine de mort de M. Robert Badinter et M. François Mitterrand. Et c'est là que le chat à mal à la patte, surtout à Bruxelles où les petits courages s'additionnent tandis que les grandes lâchetés se multiplient.

 

Donc, à titre de pis-aller :

 

« ...il faudrait au moins que les agences sanitaires s’entendent avec les autorités scientifiques pour définir des critères indiscutables de caractérisation du danger. Sinon, la législation va entretenir la spirale négative, dans laquelle la législation du principe de précaution discrédite toujours plus les agences censées en être les garantes, et effraie toujours plus les citoyens au lieu de les rassurer.

 

Là aussi, on peut se référer au mot fameux du Général : « vaste programme ! »

 

Mais ça n'empêche pas de lire l'article original qui vaut vraiment le détour.

 

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