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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Il est temps de rejeter l'hystérie et d'embrasser la science

1 Mai 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup)

Il est temps de rejeter l'hystérie et d'embrasser la science

 

Ian Pigott*

 

 

Contrairement à de nombreuses manchettes de journaux sensationnalistes, l'herbicide leader du marché mondial ne cause pas de cancer chez les humains.

 

C'est la conclusion de l'Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA), dans un rapport publié la semaine dernière [communiqué de presse du 15 mars 2017]. C'est aussi l'avis de toutes les autres instances de réglementation qui ont étudié la question, un groupe international qui comprend l'Agence de Protection de l'Environnement aux États-Unis, l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture [et l'Organisation Mondiale de la Santé] et l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, un autre organe de l'UE.

 

Une telle preuve scientifique convaincante est une excellente nouvelle pour l'agriculture de conservation que je pratique sur mon exploitation.

 

Les agriculteurs du monde entier s'appuient sur des produits de protection des plantes sûrs : des outils qui nous permettent de garder nos champs exempts de mauvaises herbes et de ravageurs. Sans eux, il faudrait utiliser davantage de nos espaces naturels pour les cultures. C'est parce que nous avons la capacité de protéger nos cultures que nous pouvons rationaliser la superficie de terres consacrées aux productions végétales.

 

C'est le cas dans ma ferme, où je cultive du blé, de l'orge, de l'avoine et des légumineuses juste au nord de Londres. C'est aussi le cas dans le monde entier. Les producteurs de coton indiens doivent défendre leurs cultures contre le ver de la capsule, les agriculteurs kényans doivent protéger leurs plantes contre les foreurs de tiges, et les producteurs de blé australiens doivent repousser les coléoptères.

 

 

 

 

Dans ma ferme, le glyphosate m'aide à assumer les responsabilités environnementales dont je fais la promotion avec passion. Nous pratiquons l'agriculture de conservation, ce qui signifie que nous combinons une rotation en sans-labour, avec une perturbation minimale du sol pour nos cultures commerciales, avec le semis de divers mélanges de cultures de couverture avec des espèces comme le radis oléifère, la phacélie, le seigle et le sarrasin. Les cultures de couverture augmentent la matière organique, améliorent la qualité des sols, contribuent à mobiliser la fertilité, améliorent la rétention d'eau et préservent la biodiversité.

 

Une fois par an, nous utilisons du glyphosate pour éliminer la culture de couverture, dans laquelle nous semons ensuite la culture commerciale.

 

Si nous ne pouvions pas utiliser le glyphosate, nous devrions abandonner l'agriculture de conservation. Cela signifierait un retour au labour, qui détruit le microbiome de champignons, de bactéries et d'archées utiles que nous avons constitué au prix de gros efforts. Cela signifierait également que nous devrions utiliser plus de gazole, contribuer à la pollution de l'atmosphère par l'oxyde nitreux et perturber les habitats naturels que nous entretenons.

 

Un produit de protection des plantes comme le glyphosate joue un rôle important dans une production agricole durable. Il protège également le monde que nous habitons.

 

Les agriculteurs ont utilisé le glyphosate en toute sécurité pendant des décennies, mais ces dernières années, les activistes anti-OGM ont essayé de cibler le produit parce qu'il est souvent associé à la biotechnologie, c'est-à-dire aux espèces et variétés créées par la science moderne pour résister aux effets du glyphosate. Leur dernière tentative a consisté à faire pression sur l'UE, lors de la ré-autorisation de routine du glyphosate pour une utilisation généralisée, pour faire condamner le glyphosate comme une menace cancérogène.

 

Trop souvent, des médias sensationnalistes ont choisi de publier les pires accusations que ces manifestants anti-OGM ont formulées à l'encontre du glyphosate, sans enquêter sur la véracité de leurs affirmations.

 

Le moment est venu de rejeter l'hystérie et d'embrasser la science : toutes les instances qui ont évalué le glyphosate ont rapporté qu'il est parfaitement sûr pour l'usage ordinaire. L'ECHA n'est que la dernière agence à confirmer le consensus.

 

Espérons que le bon sens prévaudra maintenant – et que l'UE rejettera les revendications politiques des idéologues et renouvellera l'autorisation du glyphosate pour le bien des agriculteurs, des consommateurs et de la protection de l'environnement.

 

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Ian Pigott Ian Pigott, agriculteur, Harpenden, Royaume-Uni

 

Ian Pigott gère une entreprise agricole diversifiée à Harpenden, au Royaume-Uni. Sa ferme est à seulement 30 kilomètres du centre de Londres ; il cultive en rotation du blé, du colza et de l'avoine. La ferme est une ferme de démonstration LEAF (linking environment and farming lier l'environnement et l'agriculture). Ian est membre du Réseau Mondial des Agriculteurs (Global Farmer Network).

 

Source : http://globalfarmernetwork.org/2017/03/time-reject-hysteria-embrace-science/

 

 

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