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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Abeilles des villes et abeilles des champs

16 Mai 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Abeilles

Abeilles des villes et abeilles des champs

 

 

 

Résultat de recherche d'images pour "abeille des villes"

Avec l'aphorisme apocryphe d'Einstein... on ne se refuse rien ! 

 

 

 

Voici une étude qui, si elle était diffusée (on peut rêver...), pourrait bouleverser quelques préjugés et lieux communs (on peut toujours rêver...).

 

« Agricultural Landscape and Pesticide Effects on Honey Bee (Hymenoptera: Apidae) Biological Traits » (paysage agricole et effets des pesticides sur des traits biologiques de l'abeille (Hymenoptera : Apidae)), d'Alburaki M., Steckel SJ, Williams MT, Skinner JA, Tarpy DR, Meikle WG, Adamczyk J et Stewart SD, a été publié dans Journal of Economic Entomology le 8 avril 2017. Il est malheureusement derrière un péage.

 

Le résumé (nous découpons en paragraphes) :

 

« Seize colonies d'abeilles (Apis mellifera L.) ont été placées dans quatre paysages agricoles différents pour étudier les effets du paysage agricole et de l'exposition aux pesticides sur la santé des abeilles. Les colonies étaient situées dans trois zones agricoles différentes avec différents niveaux d'intensité agricole (zones AG) et une zone non agricole (zone NAG).

 

Les colonies ont été surveillées du point de vue de leur performance et de leur productivité pendant un an en mesurant les changements de poids de la colonie, la production de couvain et la thermorégulation des colonies. Des analyses palynologiques et chimiques ont été effectuées sur le pollen recueilli dans des trappes pour chaque colonie et localisation.

 

Nos résultats indiquent que la composition du paysage a considérablement affecté la performance et le développement des colonies. Le poids des colonies et la production de couvain ont été significativement plus élevés dans les zones AG comparativement à la zone NAG. Une meilleure thermorégulation des colonies a également été observée dans les colonies des zones AG.

 

Les quantités de pesticides mesurées dans le pollen piégé étaient relativement faibles par rapport à leur toxicité aiguë. Des pertes inexpliquées de reines et de colonies ont été enregistrées dans les zones AG, alors que des pertes de colonies pour cause de famine ont été observées dans la région NAG.

 

Nos résultats indiquent que le paysage avec une activité urbaine élevée améliore la production de couvain, sans effets significatifs sur le gain de poids des colonies. Notre étude indique que les cultures constituent une ressource précieuse pour les colonies d'abeilles, mais il y a en contrepartie un risque accru d'exposition aux pesticides. »

 

Selon le communiqué de presse de l'Université du Tennessee :

 

« Alors que des articles de presse récents ont condamné un pesticide agricole couramment utilisé comme étant nocif pour la santé des abeilles, des scientifiques de l'Institut d'Agriculture de l'Université du Tennessee ont constaté qu'en fait, la santé globale des ruches s'améliore en présence de la production agricole.

 

[...]

 

"Nous ne disons pas que les pesticides ne sont pas un facteur de la santé des abeilles. Il y a eu quelques événements au cours de la saison où des insecticides ont provoqué la mort de butineuses", a déclaré Mohamed Alburaki, auteur principal et post-doctorant au Département d'Entomologie et de Pathologie des Plantes (EPP) de l'Université du Tennessee. "Cependant, notre étude suggère que les bénéfices des meilleures sources de nutrition et des rendements en nectar trouvés dans les zones agricoles l'emportent sur les risques d'exposition aux pesticides agricoles".

 

Selon l'étude, les ruches situées dans des zones à végétation agricole forte ou modérée ont augmenté en taille et l'ont fait plus vite que celles dans les zones peu ou non agricoles. Les chercheurs suggèrent que la taille accrue des populations a aussi permis une meilleure thermorégulation des colonies dans ces ruches.

 

En revanche, les abeilles situées dans un environnement non agricole ont eu du mal à trouver de la nourriture. Bien que l'on ait signalé moins de pesticides contaminants dans ces zones, le paysage n'a pas fourni d'alimentation durable. En fait, au cours des observations, deux colonies se sont effondrées dans les zones non agricoles en raison de la famine.

 

Les perturbations et les fluctuations de la production de couvain ont également été plus marquées dans un environnement non agricole. Fait intéressant, la production de couvain a été la plus élevée dans l'endroit qui présentait un mélange plus uniforme de production agricole, de forêts et d'activité urbaine.

 

"Une explication possible de cette découverte pourrait être l'activité urbaine élevée à cet endroit", explique Alburaki. "Les plantations ornementales autour des maisons ou des entreprises, ou les jardins d'arrière-cour sont des exemples d'activités urbaines qui augmentent la diversité pollinique dans une région. Le développement amélioré des colonies a été mis au crédit de la plus grande diversité pollinique."

 

[…]

 

Les pesticides agricoles, en particulier les néonicotinoïdes, sont considérés par certains comme un facteur clé dans le déclin des populations d'abeilles. L'étude de l'UTIA a trouvé qu'une exposition accrue aux pesticides dans les milieux agricoles n'a pas eu d'effets mesurables sur la productivité des colonies. »

 

Comme une hirondelle qui ne fait pas le printemps, cette étude ne fait pas un nouvel évangile. Elle est limitée par le nombre de colonies, le nombre de sites et la durée d'observation. Elle apporte néanmoins une pierre à l'édifice de nos connaissances sur le sujet.

 

En tout cas, elle nous suggère de prendre avec circonspection le bréviaire des activistes anti-pesticides et altermondialistes (euphémisme pour « anticapitalistes ») et de leurs supplétifs des médias.

 

 

 

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