Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Mortalités des abeilles : une étude porte sur l'expertise des apiculteurs et le contrôle des maladies

12 Avril 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Abeilles

Mortalités des abeilles : une étude porte sur l'expertise des apiculteurs et le contrôle des maladies

 

 

Résultat de recherche d'images pour "abeille mortalité"

 

 

Nous avons évoqué à plusieurs reprises sur ce site l'enquête Epilobee menée sur les mortalités d'abeilles en Europe durant la période de l'automne 2012 à l'été 2014 dans le cadre de l'Union Européenne (notamment ici). Incidemment, l'activisme anti-pesticides n'avait pas apprécié une étude qui, faute de moyens financiers conséquents, n'avait pas étudié les pesticides comme causes de mortalité.

 

Le consortium Epilobee était dirigé par l'Unité de Pathologie de l'Abeille de l'ANSES, à Sophia Antipolis.

 

Deux cartes illustrent les résultats.

 

EPILOBEE 2012 – 2013 (Revised map)

Mortalité hivernale 2012-2013

 

 

EPILOBEE 2013 – 2014

Mortalité hivernale 2013-2014

 

 

Une équipe essentiellement de l'ANSESAntoine Jacques, Marion Laurent, Magali Ribière-Chabert, Mathilde Saussac, Stéphanie Bougeard, Giles E. Budge, Pascal Hendrikx, Marie-Pierre Chauzat – vient de publier dans PloSOne « A pan-European epidemiological study reveals honey bee colony survival depends on beekeeper education and disease control » (une étude épidémiologique pan-européenne révèle que la survie des colonies d'abeilles dépend de la formation des apiculteurs et du contrôle des maladies)

 

En voici le résumé (traduit et découpé en paragraphes par nous) :

 

« Les rapports sur le déclin des populations d'abeilles ont suscité de nombreux efforts nationaux pour comprendre l'ampleur du problème et identifier les facteurs causaux ou associés. Cependant, notre compréhension collective des facteurs a été entravée par le manque d'efforts communs transnationaux. En outre, les impacts des connaissances des apiculteurs et des pratiques apicoles ont souvent été négligés, bien que les abeilles soient un pollinisateur géré.

 

Ici, nous avons établi un réseau de surveillance active normalisé pour 5.798 ruchers pendant deux années consécutives afin de quantifier la mortalité des colonies d'abeilles dans 17 pays européens.

 

Nos données démontrent que les pertes hivernales oscillent entre 2% et 32%, et que des pertes estivales élevées sont susceptibles de survenir avec une grande probabilité après des pertes hivernales élevées. Des modèles multivariés de régression de Poisson ont révélé que les apiculteurs amateurs ayant de petits ruchers et peu d'expérience en apiculture avaient un taux de mortalité hivernale double par rapport aux apiculteurs professionnels. En outre, les abeilles gérées par les apiculteurs professionnels n'ont jamais montré de signes de maladie, contrairement aux ruchers des apiculteurs amateurs qui présentaient des symptômes d'infection bactérienne et une forte infestation par Varroa.

 

Nos données mettent l'accent sur la formation de l'apiculteur et les pratiques apicoles comme principaux moteurs des pertes de colonies d'abeilles. Les avantages de la mise en œuvre de programmes de suivi transnationaux et de l'amélioration de la formation des apiculteurs sont discutés. »

 

Deux figures de l'article sont intéressantes :

 

 

 

Figure 1 : Les quatre groupes de la mortalité annuelle des colonies d'abeilles, première année. Carte (a), dendrogramme (b) et ventilation en mortalités hivernales (c) et estivales (d). Les segments verticaux représentent les intervalles de confiance à 95 %.

 

BE = Belgique; DE = Allemagne; DK = Danemark; EE = Estonie; EN & WA = Angleterre et Pays de Galles; ES = Espagne; FI = Finlande; FR = France; GR = Grèce; HU = Hongrie; IT = Italie; LT = Lituanie; LV = Lettonie; PL = Pologne; PT = Portugal; SE = Suède; SK = Slovaquie.

 

 

Figure 2 : Les quatre groupes de la mortalité annuelle des colonies d'abeilles, deuxième année.

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

yann 13/04/2017 16:43

La vérité sur le Pb des abeilles s'affirme de plus en plus.
Mais cette vérité va t'elle compter un jour? (ce serait bien rien que pour sauver les abeilles déjà)
Je vous dis cela car il y a deux semaine lors d'un colloque Ecophyto de trois jours a st Malo, j'ai pu discuter avec un représentant de FNE (un personnage haut en couleur et bien connu dans le milieu).Lorsque je lui est parler du rapport de la DGAL de 2015, sa réaction à été instantanée et sa réponse en résumé à été: "les information de la DGAL n'ont aucun intérêt, c'est personnes (de la DGAL) ne sont pas crédible. Ces personnes (de la DGAL) sont complétement à coté des problèmes de terrain car elles ont même osez attribuer le PB des abeilles a une incompétence des apiculteurs."
Pour FNE un organisme qui remet en cause les compétences des apiculteurs est tout simplement une honte!!!! Pour argumenter il m'a cite comme preuve "objective" de son affirmation le fait que l'UNAF ne veut plus entendre parler de la DGAL qu'elle considère incompétente!!!!!
On ne va pas avancer très vite avec ce niveau d'objectivité.

Seppi 15/04/2017 19:12

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

« La vérité sur le Pb des abeilles s'affirme de plus en plus » ? Je ne suis pas aussi optimiste. À Bruxelles, la Commission propose de durcir le moratoire/l'interdiction des néonics.

Mais comme vous écrivez en fin de commentaire : « On ne va pas avancer très vite avec ce niveau d'objectivité. »

En tout cas, pour les problèmes liés aux apiculteurs, essentiellement amateurs, ce document, certes d'une grande complexité statistique, est clair. Et il ne vient pas des gens prétendument incompétents de la DGAL, mais essentiellement de l'ANSES.