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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Fondons notre ordre juridique sur l'animisme !

21 Avril 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Fondons notre ordre juridique sur l'animisme !

 

 

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Le 30 mars 2017 (date sur la toile), le Monde publiait une tribune de Mme Valérie Cabanes, « Reconnaissons la nature comme sujet de droit ».

 

L'auteure était présentée comme juriste spécialisée dans le droit international humanitaire et les droits humains (sa biographie est ici). Séquence persiflage : elle s'est aussi illustrée par son engagement dans le comité d’organisation de cette sinistre pantalonnade que fut le « Tribunal Monsanto ». Séquence persiflage bis : aux côtés, entre autres, de l'écodéesse Vandana Shiva, à la biographie arrangée et qui assimile le viol à la culture des OGM, ou encore Ronnie Cummins, de l’Organic Consumers Association (OCA), laquelle – les affaires étant les affaires – a investi dans le Tribunal Monsanto pour le plus grand profit du secteur de l'agriculture biologique.

 

Quelques heures plus tard est venue une autre tribune, de M. Laurent Neyret, « Accorder des droits à la nature est illusoire ». L'auteur est professeur de droit à l’Université de Versailles Paris-Saclay, spécialiste de droit de l’environnement.

 

Pour l'une,

 

« il faut redéfinir les valeurs pivots de notre système juridique afin d’affirmer nos liens d’interdépendance avec les autres formes de vie ».

 

Pour l'autre,

 

« si la personnalisation de l’environnement vise à renforcer sa protection, imputer des devoirs et des responsabilités aux éléments de la nature est un abus de langage ».

 

La première fonde sa tribune sur le fait que le Parlement de la Nouvelle-Zélande a accordé à la rivière Whanganui les mêmes droits qu’une personne (voir ici, notamment les articles 12 et 14, ici et ici). Selon l'article 14.1),

 

« Ta Awa Upua est une personne morale et a tous les droits, pouvoirs, obligations et responsabilités d'une personne morale. »

 

En Inde, la Haute Cour de l'Uttarakhand, citant l'exemple de la Nouvelle-Zélande, a décidé que le Gange et l’un de ses affluents, la Yamuna, seraient désormais considérés comme des « entités humaines vivantes » (voir par exemple ici).

 

Le deuxième rappelle :

 

« Tout étudiant en droit apprend dès sa première année que le monde se divise en deux catégories : les personnes et les choses, et que seules les premières disposent de la protection la plus absolue parce qu’elles se trouvent au sommet de la hiérarchie des valeurs protégées. »

 

Sur Télérama, la première estime que la décision néo-zélandaise a une portée internationale,

 

« Parce qu’elle vient d’un pays considéré comme occidental et démontre donc que la reconnaissance des droits de la nature n’est pas une spécificité de l’Amérique latine. En 2008, l’Equateur a en effet ouvert la voie en reconnaissant les droits de la nature dans sa constitution. Puis, en 2009, la Bolivie a voté une loi sur les droits de la Terre-mère. Et la ville de Mexico vient à son tour de reconnaître les droits de la nature dans sa législation locale. »

 

C'est aller vite en besogne, très vite ! La Nouvelle-Zélande doit apurer un passé douloureux et conçoit pour cela des solutions originales dans le cadre du Traité de Waitangi.

 

Le deuxième écrit :

 

« Pour remédier au défaut de considération dont l’environnement fait l’objet, il suffirait donc d’en modifier le statut et de le hisser au rang de personne. […]

 

[…]

 

Tous ces exemples montrent bien que la personnalisation de l’environnement vise à renforcer sa protection. Mais une chose est d’avoir voix au chapitre, une autre est de pouvoir réellement l’exprimer et de se faire entendre. [...] »

 

En d'autres termes, et en langage chantourné :

 

« On est enclin à penser que ce n’est pas tant le statut juridique de l’environnement qui importe, entre droits de l’homme ou droits de la nature, que la reconnaissance des devoirs de l’homme à l’égard de l’environnement. Une telle responsabilité écologique existe d’ores et déjà, notamment en France. »

 

Mais un statut juridique, surtout formulé en termes généraux, n'est-il pas un formidable fond de commerce pour l'activisme ? En Nouvelle-Zélande, le Whanganui sera représenté par une personne issue du peuple Maori et une autre du gouvernement. En Inde (si la décision est maintenue), tout citoyen pourra faire valoir devant les tribunaux les droits du Gange et de la rivière Yamuna du fait de la pollution qui les touche. De l'activité en perspective pour Vandana Shiva...

 

Les décisions évoquées dans les deux tribunes présentent majoritairement une composante religieuse (il y a aussi le cas des grands singes et des dauphins). On peut imaginer une transposition en droit français, dans un pays attaché à Descartes (en principe) et à la laïcité. Remontons aux Gaulois !

 

Les alignements de Carnac... sacrés... personne morale (ou, pourquoi pas, physique)...

 

La Saône – étymologiquement rivière sacrée (en aval de Gray)... les agriculteurs aux terres régulièrement inondées apprécieront...

 

Les dérives idéologiques sont aussi un fond de commerce à court terme : noyer des réponses pragmatiques à des problèmes réels dans un salmigondis pseudo-philosophique et, en partie, obsessionnel, est en effet un bon moyen de retarder les solutions, d'entretenir le « débat » et donc la raison d'être de l'activisme.

 

Pour conclure, voici le début de la tribune de Mme Cabanes, cette vision utopique du passé et dystopique du présent dont on se demande ce qu'elle représente pour sa conception de l'humanité :

 

« Durant dix mille ans, nous avons prospéré en tant qu’espèce grâce à des conditions climatiques favorables et des milieux de vie fertiles et foisonnants de biodiversité. Mais l’industrie s’est dernièrement imposée sur les milieux naturels en occupant l’espace et en perturbant les équilibres de l’écosystème terrestre. Le climat s’est emballé, la biodiversité s’est effondrée, la pollution est omniprésente, et les conditions mêmes de la vie sur Terre commencent à être menacées. Nous ne pouvons plus rester spectateurs. Nos choix menacent aujourd’hui la paix et la sécurité humaines. »

 

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douar 21/04/2017 16:41

Et Mme Cabanes aurait pu rajouter dans la série des cataclysmes, le PSG qui s'est vautré en Champion's League ;)