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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le Monde et les OGM : l'« information » passe par l'image

29 Mars 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #OGM, #Union européenne

Le Monde et les OGM : l'« information » passe par l'image

 

 

Manifestation contre Monsanto à Paris le 21 mai 2016.

L'illustration du Monde pour un article sur une procédure de vote à Bruxelles. Décidément, on ne se refuse rien en matière de manipulation des opinions.

 

 

Le 27 mars 2017, les représentants des États membres n'ont pas constitué une majorité qualifiée pour, ou contre, le renouvellement de l'autorisation de cultiver le maïs MON 810 (« de Monsanto ») et l'autorisation des maïs TC1507 (« de DuPont Pioneer ») et (Bt11 de Syngenta). Nous mettons « de Monsanto », etc. entre guillemets parce que les « événements » (transgènes) sont anciens et tombés dans le domaine public, les brevets ayant expiré, et que les variétés cultivées peuvent provenir d'autres entreprises dites semencières.

 

Ce sont donc 14 États qui se sont opposés au MON810, contre 8 pour et 6 abstentions dans un « comité d’appel ». Dans le cas des deux autres maïs, c'était 16 contre, 6 pour et 6 abstentions. La France a évidemment voté contre. Ce vote marque, une fois de plus l'échec du nouveau système qui permet à des États membres de notifier, à l'avance, leur «opt-out », leur volonté de ne pas autoriser la culture d'un OGM sur leur territoire ou une partie de celui-ci nonobstant l'autorisation européenne.

 

C'est aussi, une fois de plus, la mise en échec de l'Union Européenne par les États membres eux-mêmes. On peut du reste se demander s'il n'y a pas, au moins, connivence à cet effet. Il appartient maintenant à la Commission de décider du sort des trois OGM et, par-delà, de tous les OGM et de l'avenir de l'agriculture et de l'alimentation européennes. Pour la Commission, le choix est kafkaïen : ou bien elle autorise la culture, donnant suite aux avis positifs de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments et à sa propre proposition (ainsi qu'à l'expérience des États qui le cultivent dans le monde – et de l'Espagne en Europe dans le cas du MON 810) ; ou bien elle l'interdit, répondant aux vœux d'une majorité d'États membres. Dans le premier cas, elle s'attire les foudres d'une opinion « publique » manipulée, voire de certains gouvernements dont les ministres de l'environnement sont particulièrement vocaux ; dans le deuxième, elle discrédite le système institutionnel de gouvernance.

 

Si la Commission accorde les autorisations, celles-ci ne porteront effet que dans 9 pays et trois régions (l'Angleterre, Bruxelles-Capitale et la Flandre). Mathématiquement, il y a des pays qui ne se sont pas prévalus de l'opt-out – et acceptaient donc a priori que les OGM soient cultivés sur leur territoire – qui se sont abstenus ou ont même voté contre (c'est le cas du Portugal qui cultivait près de 8.000 hectares de MON 810 en 2015). Là encore, on peut s'interroger sur la cohérence de l'action politique et sur le sens des responsabilités vis-à-vis de l'Union Européenne.

 

La nouvelle n'a pas fait les choux gras des médias. Sauf du Monde, qui a produit un article plutôt factuel, « L’Europe reste dans l’impasse sur le sujet controversé des OGM » de Mme Audrey Garric. « Plutôt » car il ne manque pas de donner la parole à des opposants, Les Amis de la Terre Europe et Greenpeace en l'occurrence.

 

Mais il y a une chose de choquante – vraiment choquante – sur la version Internet : la photo (ci-dessus).

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