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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le « boum de l’aquaculture... » sur le Monde

26 Février 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #AGM, #OGM, #Agriculture biologique

Le « boum de l’aquaculture... » sur le Monde

 

 

Calamar cochonnet (Helicocranchia pfefferi), la mascotte de Bloom.

 

C'est un article d'un journal dont même la date est fausse ; celui-ci est daté du 14 février 2017. Une ONG – qualifiée d'écologiste alerte sur les méfaits de la pêche minotière, celle des petits poissons dont la farine sert à nourrir les poissons d'élevage.

 

L'article est plutôt de bonne facture, mais se cantonne à la dénonciation. Il se termine par une référence à la Banque Mondiale, mais sans mentionner les pistes de solutions mises en œuvre par celle-ci. Les solutions... ce n'est pas médiatiquement vendeur...

 

Pour notre part, nous connaissons d'autres solutions. Le Monde changera-t-il sa ligne éditoriale pour les soutenir ? On peut rêver...

 

 

 

Le titre complet est : « Le boum de l’aquaculture et des farines de poisson aux dépens de l’alimentation des pays du sud ».

 

Voilà un titre qui ne peut qu'intriguer l'obsédé textuel : « boum » ou « boom » ?... surtout quand il est de la génération des maintenant papy-boomer...

 

Résultat de recherche d'images pour "pêche minotière" En sous-titre :

 

« L’ONG écologiste Bloom alerte sur les méfaits de la surexploitation des petits poissons, réduits en farine alors qu’ils étaient autrefois consommés. »

 

Comme cela ne ressort pas de son patronyme, l'ONG est française. Son site vaut une visite. Il ne nous est pas donné tous les jours de trouver une ONG qui écrit :

 

« BLOOM n’a jamais investi un euro pour lever des fonds. Nous savons que la pratique est courante et sans doute nécessaire pour changer d’échelle, mais nous avons un problème avec le principe d’utiliser les dons des particuliers pour lever des fonds et financer des campagnes d’appels à dons. »

 

L'article du Monde, de Mme Martine Valo, est plutôt de bonne facture. On retiendra notamment :

 

« Bloom s’insurge, elle, contre l’attribution de labels de gestion durable du type Marine Stewardship Council (MSC, créé par le WWF) à des pêcheries minotiéres, alors que par nature, ces pratiques déstabilisent les écosystémes et grévent le possible rétablissement des stocks de poissons. »

 

Ben oui, le WWF... une entreprise de greenwashing qui se remplit les poches grâce au trafic d'indulgences environnementales...

 

 

 

(Source -- vaut le détour)

 

 

Cet article se termine par une référence à un travail de la Banque Mondiale, « Pêche : des milliards engloutis faute de bonne gestion » ; une sorte de post scriptum qui consiste à ne pas oublier complètement le travail d'une organisation intergouvernementale et à le raccrocher à celui d'une ONG.

 

Mais quel dommage que ce soit si bref :

 

« Selon les calculs de ses experts, "pêcher moins et mieux" pourrait générer des gains supplémentaires de 83 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Mettre fin à la surexploitation permettrait non seulement aux populations de poissons de se reconstituer, mais aussi d’accroître la valeur des prises. »

 

Car le communiqué de la Banque Mondiale aborde aussi des pistes de réformes prometteuses permettant d’améliorer la gestion de la pêche. Mais le journalisme de dénonciation est plus vendeur... La dénonciation d'une ONG est plus vendeuse que les solutions d'une OIG...

 

Mais trêve de récriminations... nous suggérons, à la fois à Bloom et au Monde de se pencher d'un peu plus près sur les bénéfices de trois évolutions possibles :

 

1.  La révision, sinon du cahier des charges de la production de poissons d'élevage « bio », et notamment de saumon, du moins de l'idéologie des promoteurs du « bio ».

 

Selon le cahier des charges,

 

« Considérant le caractère particulier de ce cahier des charges de par la nature du milieu de vie des animaux concernés et du fait de la dominante carnivore du régime alimentaire spécifique de certaines familles d'espèces aquatiques (salmonidés, bar, daurade, crevettes ...) majoritairement élevées et consommées, les fractions protéiniques et lipidiques de l'aliment doivent majoritairement être d'origine aquatique. »

 

Dans son contre-feu à la récente « enquête » de 60 Millions de Consommateurs, l'Agence Bio avait aussi écrit pour vanter les mérites du saumon « bio » :

 

« alimentation biologique ou naturelle adaptée, sans OGM et durable. L’alimentation des saumons bio est particulièrement riche en ressources d’origine marine »

 

 

 

 

Soucieuses de se démarquer de la production « conventionnelle », la filière du « bio » impose en effet, sans motif sérieux et légitime, un taux d'incorporation d'huile et de farines de poisson dans l'alimentation des poissons supérieur à ce qui se pratique dans le « conventionnel ».

 

De la même manière, le « bio » se refuse au recyclage et à l'utilisation optimale des ressources :

 

« Toute incorporation de produits carnés, de farines de viande et d'os issus d'animaux terrestres dans l'alimentation des espèces aquacoles est interdite, quelle qu'en soit l'origine (mode de production biologique ou non). »

 

La production « bio » est certes très limitée, et le gain possible par conséquent faible, mais aucune économie n'est à négliger.

 

Notons aussi, incidemment, l'incivisme de cette filière qui porte haut la bannière des plus hautes valeurs écologiques et sociales : l'utilisation optimale des ressources alimentaires disponibles... ce n'est pas pour cette filière de luxe, mais pour le conventionnel.

 

 

2.  La promotion des poissons transgéniques, à croissance rapide, avec un taux de conversion de l'aliment supérieur à celui des poissons conventionnels.

 

Le saumon d'Aquabounty en est le premier représentant. Le gain en taux de conversion est, semble-t-il, de l'ordre de 10 %, voire plus. Ce n'est pas rien !

 

 

Résultat de recherche d'images pour "aquabounty"

 

 

3.  La promotion de l'alimentation végétale transgénique des poissons

 

Des poissons tels que le saumon reçoivent aujourd'hui une partie de leur alimentation sous forme de farines et d'huiles de poisson issues de la pêche minotière parce que celles-ci contiennent des éléments indispensables qu'on ne trouve pas ailleurs. Enfin, pas encore. Des travaux sont en cours, par exemple au Royaume-Uni où des chercheurs de l'Université de Stirling et de Rothamsted Research ont développé une cameline qui peut produire jusqu'à 20 % de plus d'acide eicosapentaénoïque (EPA). À terme, on produira une source terrestre renouvelable d'oméga-3 pouvant se substituer aux actuelles huiles de poisson dans l'alimentation des poissons d'élevage.

 

Les faiseurs d'« opinion publique » ont un rôle important à jouer, à commencer par une désescalade d'engagement dans l'anti-OGMisme.

 

Capito, le Monde ?

 

On ne vous demande pas de vous enthousiasmer pour le progrès technologique (et environnemental)... juste de mettre une sourdine à votre idéologie du conservatisme.

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