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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Crise apicole et néonicotinoïdes : de saines lectures

27 Février 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Abeilles, #Néonicotinoïdes, #Politique

Crise apicole et néonicotinoïdes : de saines lectures

 

Glané sur la toile 124

 

 

 

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« Crise apicole : sortir de la confusion », c'est, dans les Échos, une tribune signée par MM. Philippe Lecompte, président du Réseau biodiversité pour les abeilles, Etienne Richy, président de la Fédération régionale des apiculteurs de Champagne-Ardenne, Jean-Luc Ferté, administrateur de l’ITSAP, et Daniel Limon, ex-délégué français à Bruxelles du groupe de travail miel du COPA-COGECA.

 

C'est sans complaisance :

 

« Tout d'abord, de quelle crise parlons-nous ? Derrière la mortalité des abeilles qui fait régulièrement la une de l'actualité et l'émotion qu'elle suscite, il y a en réalité le sort des apiculteurs et celui de leurs comptes de résultats. Plus qu'une crise des abeilles, c'est bien une crise de la filière qu'il faut aujourd'hui résoudre.

 

[…]

 

Bien malin celui qui peut dire aujourd'hui combien de ruches sont présentes sur le territoire national. Les chiffres vont du simple au double entre les pouvoirs publics et les organisations apicoles. Dès lors, quel crédit accorder aux estimations des taux mortalités d'abeilles, et donc à leurs causes ? De multiples données circulent officiellement, mais aussi dans le brouillard du « on dit". Elles sont connues par l'ensemble des acteurs même si rares sont ceux qui osent l'admettre.

 

[…]

 

Pourtant, dans les couloirs, de plus en plus de voix contestent des choix plus politiques que scientifiques. La pression est telle que certains osent parler de prise en otage lorsque des chercheurs sont pointés du doigt, voire carrément menacés, si leurs conclusions ne viennent pas étayer la demande des financeurs. Dès lors, la recherche de la paix sociale entre pouvoirs publics, représentants de la filière et scientifiques implique de poursuivre éternellement la piste du facteur unique de mortalité des abeilles : les pesticides, quitte à passer délibérément à côté des enjeux sanitaires. »

 

Cela fait longtemps que nous pensons que l'apiculture française et les abeilles sont prises en otage par des intérêts qui n'ont pas grand chose à voir avec l'apiculture et les abeilles. Il est bon que ce soit dit par des membres éminents de la profession.

 

Mais seront-ils entendus ?

 

 

 

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Avec « Néonicotinoïdes : halte à la fuite en avant ! L’UE doit décider », Forumphyto propose une analyse qui rejoint celle de M. David Zaruk (Riskmonger) que nous publions en traduction sur ce site :

 

« Les études de terrain et les recherches menées ces trois dernières années confirment que les principaux problèmes des abeilles sont le parasitisme, les maladies, le manque de nourriture et, parfois, les mauvaises pratiques apicoles. Les pesticides, dont les néonicotinoïdes viennent en dernier, très loin derrière. Ajoutons que la réalité du déclin des abeilles, domestiques ou sauvages, reste à démontrer. Voir ici, ici et ici).

 

De plus, les néonicotinoïdes, certes intrinsèquement dangereux pour les abeilles comme tout insecticide, sont, lorsqu’ils sont employés correctement, la famille d’insecticide la plus sûre. »

 

 

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Les instances européennes doivent décider... En France, un gouvernement en voie d'extinction s'acharne à pénaliser encore plus l'agriculture française et à flatter la bobo-attitude.

 

L'interdiction des néonicotinoïdes votée – on ne peut guère dire « par l'Assemblée Nationale » tant l'Hémicycle était scandaleusement dégarni au moment du vote crucial – dans le cadre du capharnaüm de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages a beau n'entrer en vigueur que le 1er septembre 2018... il est urgent pour notre ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer (n'oublions pas que, parmi ses titres de gloire, elle est aussi en charge des relations internationales sur le climat et qu'elle se prétendit présidente de la COP 21), fidèlement suivie par un ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt (n'oublions pas qu'il est aussi porte-parole du Gouvernement) et la ministre des affaires sociales et de la santé... oh, que la phrase est longue...

 

Ces illustres personnages estiment donc qu'il est urgent, compte tenu d'une échéance dans 18 mois, de promulguer un décret pour définir les néonicotinoïdes comme étant l'acétamipride, la clothianidine, le dinotéfurane, l'imidaclopride, le nitenpyrame, la thiaclopride et le thiamétoxame.

 

Ah que c'est pas suffisant de consulter Wikipedia... il faut un décret.

 

C'est d'autant plus urgent que le dinotéfurane et le nitenpyrame ne sont pas inscrits au niveau européen et donc non autorisés en France...

 

Notez bien : quand apparaîtra une nouvelle molécule de la famille des néonicotinoïdes, il faudra modifier le décret... consulter le public... de quoi occuper quelques fonctionnaires.

 

On croit aussi rêver quand on lit dans le projet de décret que les trois ministres « sont chargés de l’exécution du présent décret ». Exécuter une définition...

 

Toujours est-il que Forumphyto nous rappelle fort opportunément dans « Néonicotinoïdes : Ségolène Royal, loin des réalités et des règles européennes » qu'il est possible et souhaitable de participer aux consultations publiques :

 

d’une part en France avant le 14 mars 2017

 

d’autre part au niveau de l’Union Européenne avant le 3 avril 2017 (c’est-à-dire un mois avant la fin de la période dite de statu quo).

 

 

 

 

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douar 02/03/2017 15:58

En tout cas, ces données me seront fort utiles pour que je puisse les communiquer à mon sénateur qui s'est fendu d'une (longue) présentation sur son action engagée depuis 5 ans. Parmi ses actions, sa demande d'interdiction des néonicotinoïdes.

un physicien 28/02/2017 14:34

https://lejournal.cnrs.fr/articles/pourquoi-les-abeilles-disparaissent
A lire jusqu'à la fin

Seppi 28/02/2017 21:03

Bonjour,

Merci pour le lien. Il me semble l'avoir déjà lu. On tourne en rond ! On s'acharne sur les pesticides – ou plutôt un pesticide ou une classe de pesticides selon la conjoncture – et on occulte le reste, des causes de mortalité qui paraissent bien plus importantes.