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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Quand Séralini démolit ses propres études

9 Janvier 2017 , Rédigé par Seppi

Quand Séralini démolit ses propres études

 

À propos de Mesnage et al., « An integrated multi-omics analysis of the NK603... »

 

 

Figure 1

Pourquoi les données des deux années ont-elles été combinées ?

 

 

Le 19 décembre 2016, une équipe comprenant M. Gilles-Éric Séralini a publié une étude manifestement alter-scientifique prétendant qu'une variété GM de maïs tolérant l'herbicide glyphosate n'était pas « équivalente en substance » à sa contrepartie non GM. Il s'agit de « An integrated multi-omics analysis of the NK603 Roundup-tolerant GM maize reveals metabolism disturbances caused by the transformation process » (une analyse multi-omique intégrée d'un maïs NK603 tolérant au Roundup révèle des perturbations métaboliques dues au processus de transformation)

 

Sitôt publié, l'article a été décrié. En cause : de multiples malfaçons au niveau, essentiellement, de la conception de l'étude et de l'interprétation des résultats.

 

Le même jour (!), le journal le Monde – de M. Stéphane Foucart – s'est emparé de l'article pour titrer : « L’évaluation de la toxicité des OGM remise en cause ». Nous attendrons en vain un rectificatif à la lumière des nombreuses critiques qui privent l'étude de toute crédibilité scientifique.

 

Mais il y a un dommage collatéral remarquable à cet article : les auteurs ont utilisé pour leur étude des restes du maïs utilisé pour l'infâme « Long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize » (toxicité à long terme d'un herbicide Roundup et d'un maïs génétiquement modifié tolérant le Roundup) publié en septembre 2012 dans Food and Chemical Toxicology, rétracté en novembre 2013, et republié sous une forme modifiée essentiellement sur le plan cosmétique dans Environmental Sciences Europe en mars 2014.

 

Et ils n'ont pas mis en évidence de différences majeures entre le maïs GM produit avec désherbage avec du glyphosate et maïs GM produit sans recours à cette matière active ; suffisamment majeures pour être reflétées dans le résumé. Ils n'ont pas non plus mis en évidence de résidus de glyphosate dans le maïs désherbé avec cette matière active.

 

Il s'ensuit que les déclarations faites dans l'une des études valent aussi pour l'autre. Résultat ? Curieux, sinon cocasse.

 

On savait déjà que l'étude de 2012 ne valait pas un clou. On le voit aujourd'hui confirmé par une équipe qui comprend deux auteurs de ladite équipe, dont M. Gilles-Éric Séralini.

 

 

toutes images de ses rats l'y nient

(Source : « Séralini republie son étude retirée » du 24 juin 2014)

 

 

C'est différent, donc ce n'est pas équivalent !

 

Le 19 décembre 2016, une équipe composée de Robin Mesnage, Sarah Z. Agapito-Tenfen, Vinicius Vilperte, George Renney, Malcolm Ward, Gilles-Eric Séralini, Rubens O. Nodari et Michael N. Antoniou publiait dans Scientific Reports « An integrated multi-omics analysis of the NK603 Roundup-tolerant GM maize reveals metabolism disturbances caused by the transformation process » (une analyse multi-omique intégrée d'un maïs NK603 tolérant au Roundup révèle des perturbations métaboliques dues au processus de transformation).

 

En résumé : les auteurs ont analysé par des moyens extrêmement sophistiqués, capables de détecter des différences insignifiantes, la composition chimique de deux maïs : un maïs GM dit « NK603 » parce qu'il porte l'événement du même nom qui lui permet de tolérer le glyphosate (le Roundup... de Monsanto) et un maïs déclaré « isogénique » dans le résumé (identique au précédent sauf pour la présence de la tolérance au glyphosate) et « quasi-isogénique » dans le texte ; c'est là une petite illustration des dérives sémantiques à des fins militantes. Le maïs GM a été produit selon deux itinéraires culturaux, l'un avec désherbage au glyphosate, l'autre sans glyphosate (sans que l'on sache comment il a été désherbé). Ils ont – évidemment – trouvé des différences. Faisons parler le résumé :

 

« Les profils protéomiques des grains de maïs ont révélé des altérations des taux d'enzymes de la glycolyse et des voies métaboliques du cycle de l'acide citrique, qui reflétaient un déséquilibre du métabolisme énergétique. Les changements dans les protéines et les métabolites du métabolisme du glutathion étaient indicatifs d'un stress oxydatif accru. Les différences de métabolome les plus prononcées entre le NK603 et son homologue isogénique ont consisté en une augmentation des polyamines comprenant l'N-acétyl-cadavérine (2,9 fois), l'N-acétyl-putrescine (1,8 fois), la putrescine (2,7 fois) et la cadavérine (28 fois ), lesquels, selon le contexte, peuvent être soit protecteurs, soit responsables de toxicité. Nos résultats de profil moléculaire montrent que le NK603 et son témoin isogénique ne sont pas substantiellement équivalents. »

 

On notera le vocabulaire particulièrement chargé. Il y a des différences – évidemment – mais en l'absence de repères, il est impossible de leur attribuer un sens. Pourtant... « des altérations... », « un déséquilibre... », « un stress oxydatif accru... »

 

 

Sitôt publié, sitôt instrumentalisé

 

Le 19 décembre 2016 – à 12 h 53, précision utile pour démontrer la célérité de l'opération – M. Stéphane Foucart et Mme Clémentine Thiberge mettent en ligne « L’évaluation de la toxicité des OGM remise en cause ».

 

En chapô :

 

« Une nouvelle étude conteste les mesures utilisées pour estimer l’innocuité des OGM avant leur mise sur le marché. »

 

Nous ne nous lancerons pas dans une analyse détaillée. M. Matt McOtelett l'a fait de façon magistrale dans « Évaluations des OGM : y a-t-il un journaliste dans l’avion ? ». Mais, comme lui, nous nous arrêterons un instant sur la photo, qui contribue grandement à la mise en condition et à la désinformation.

 

 

Manifestation contre Monsanto, le 23 mai 2015 à Lyon.

 

 

Arrêtons-nous aussi sur la conclusion de l'article :

 

« "Les conséquences potentielles sur la santé restent incertaines, admet Robin Mesnage. Cependant, ce qui est certain, c’est que la création des OGM est faite à l’aveugle. Aujourd’hui, il est nécessaire d’établir une meilleure évaluation des effets non désirés des modifications génétiques." Pour le chercheur, ce nouveau type d’analyse en profondeur pourrait être considéré comme une première phase de l’évaluation des risques qui justifieraient ensuite une étude toxicologique plus poussée. »

 

C'est écrit par le journal qui, deux semaines plus tôt, avait publié une tribune, « Perturbateurs endocriniens : halte à la manipulation de la science » avec en chapô :

 

« Près de cent scientifiques dénoncent la fabrication du doute par les industriels, déjà à l’œuvre dans la lutte contre le changement climatique. »

 

Les temps changent... les sujets changent... ce qui était condamné est ici encensé.

 

 

Sitôt publié, sitôt décrié

 

Scientific Reports est un journal du groupe Nature qui publie des articles qui « doivent être scientifiquement valides et techniquement solides du point de vue de la méthodologie et de l'analyse ». En l'occurrence, on peut douter du jugement des éditeurs, mais qui ne fait pas d'erreur ?

 

En l'occurrence aussi, la décision a été fort utile car le journal a un espace pour les commentaires. Et des commentaires, il y en a eu, dans un mélange qui pourrait intéresser des sociologues : à la fois sur le fond et sous la forme d'ad hominem contre les commentateurs s'étant exprimé sur le fond.

 

D'autres se sont aussi penché sur le sujet, avec des conclusions généralement dévastatrices soit dans le texte lui-même, soit dans les commentaires émanant de chercheurs, dont certains réputés :

 

 

Que peut-on reprocher à cette étude ? Petit florilège :

 

  • Il y a toutes les raisons de croire que les deux variétés utilisées (DK 2675 – conventionnelle – et DK 2678 – GM, tolérante au glyphosate) ne sont pas isogéniques, ni même quasi isogéniques. En d'autres termes, les auteurs se sont laissés abuser par le système de dénomination des hybrides de Dekalb (du groupe Monsanto).

    entier ».

     

    [Ajout] Cette question des matériels isogéniques est discutée en détail ici.

     

     

    !

    Extrait des commentaires :

    Except you did not use isogenic lines. You ordered seed from a catalog and called it good. Isogenic lines need to be made and cannot be purchased. I thought you had a plant breeder as an author on this paper. Surely they know that isogenic lines have to be made by backcrossing to a recurrent parent, and not just purchasing lines with similar numbers from a seed catalog. This is standard in the field and basic information that is taught to undergraduates. Your whole paper hinges on you having used isogenic lines, without that your conclusions are wrong and your paper is in need of retraction. Can you provide the pedigrees of the lines you used to show that they are isogenic?

     

     

  • C'est un fait connu que des différences métabolomiques (relativement) importantes résultent des « séquelles » des rétrocroisements (les croisements répétés permettant d'introduire un caractère dans une lignée en maintenant, ou plutôt reconstituant, l'essentiel du génome de la lignée) et que les différences constatées ne peuvent pas être attribuées de manière certaine à la présence d'un transgène (voir par exemple ici – certes, les auteurs sont en partie de Monsanto) ;

  •  

https://static-content.springer.com/image/art%3A10.1186%2F1477-5956-11-46/MediaObjects/12953_2013_Article_476_Fig1_HTML.jpg

Un graphique de « Comparative proteomic analysis of genetically modified maize grown under different agroecosystems conditions in Brazil », Sarah Zanon Agapito-Tenfen et al.

 

 

  • Les auteurs n'avaient aucun point de référence pour parler, comme dans le titre, de « perturbations métaboliques », lesquelles impliquent une anomalie par rapport à la variabilité que l'on trouve habituellement dans l'espèce maïs ; plus généralement, les inférences tirées des résultats des analyses sont sans fondement ;

     

  • Une partie des différences – s'agissant notamment des cadavérines et putrescines et de la tubuline – est vraisemblablement due à une contamination par un champignon.

 

 

!

Extrait des commentaires :

 

Thanks for coming by. But this doesn't quite cover the problems with your data. It's helpful of you to confirm that you knew about this, and decided to ignore it in your analysis and discussion. But it still doesn't explain why the highest fold change protein in your list is a fungus product. Can you please be clearer on why you think the top fold change protein is fungal?

 

Cela fait beaucoup ! Il serait par conséquent peu utile de creuser davantage – pour autant que ce soit possible car, comme souvent, les données détaillées manquent. Une molécule se trouve dans un échantillon à une dose x fois supérieure que dans tel autre échantillon ? Impossible de conclure que c'est bien ou mal, normal ou non... sans connaître les valeurs absolues, ni les valeurs couramment trouvées, en l'occurrence chez le maïs.

 

On peut néanmoins conclure que – n'ayant pas produit ces valeurs et comparé leurs données avec la gamme des valeurs normalement trouvées chez le maïs – les auteurs ont échoué à démontrer que « le NK603 et son témoin isogénique ne sont pas substantiellement équivalents ». Mais l'essentiel n'était-il pas de poser l'affirmation, fût-elle gratuite, comme une accroche pour l'instrumentalisation socio-politique ?

 

Pour le Monde de M. Foucart ?

 

 

L'art d'accommoder les restes

 

Les auteurs écrivent :

 

« Les grains de maïs analysés dans cette étude ont été utilisés auparavant pour nourrir des animaux de laboratoire qui faisaient partie d'une étude chronique (2 ans) portant sur les effets toxiques potentiels découlant de la consommation de ce maïs GM tolérant le Roundup NK603. »

 

Cette étude précédente, c'est « Long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize » (toxicité à long terme d'un herbicide Roundup et d'un maïs génétiquement modifié tolérant le Roundup) publié en septembre 2012 dans Food and Chemical Toxicology, rétracté en novembre 2013, et republié sous une forme modifiée essentiellement sur la forme dans Environmental Sciences Europe en mars 2014.

 

Il s'ensuit que des affirmations faites dans la nouvelle étude s'appliquent, le cas échéant, aussi à l'ancienne. Et inversement. En fait, c'est le dit tout autant que le non-dit.

 

On apprend donc maintenant, par exemple, que le maïs a été produit sur des terres qui ne sont pas homogènes, avec un drainage « imparfait » ; qu'on a fertilisé avec du lisier, ce qui n'est pas non plus un gage d'homogénéité des conditions de culture ; que les parcelles étaient éloignées les unes des autres de 85 mètres, ce qui n'est pas anodin du point de vue des variations dans les conditions microclimatiques... Faut-il aussi comprendre que, pour éviter les effets de bordure, on a entouré les champs – GM et non GM – de huit rangs de maïs non GM ? Tout cela témoigne, au minimum, d'un manque d'expertise dans l'expérimentation en dehors du laboratoire ; et jette des doutes sérieux sur les résultats de laboratoire, qu'il s'agisse des rats de 2012 ou des analyses -omiques de 2016.

 

Il y a plus important peut-être pour les analyses -omiques publiées en 2016 : elles ont été effectuées sur du maïs qui a dû être produit, au plus tard, en 2010 et 2011. Eh oui ! Il nous faut deviner sur les années tant de production du maïs que de réalisation des analyses... Comment a été conservé le maïs ? Quelles altérations ?

 

Les lots des deux années de production ont aussi été mélangés, alors qu'il y avait, à portée de main, une occasion de tester la variabilité inter-annuelle. Mais on peut penser que cela aurait révélé des différences susceptibles de brouiller le message...

 

 

Désherbé au glyphosate... et il n'y a pas de glyphosate dans le grain

 

Il y a une affirmation importante dans la partie « matériels et méthodes » :

 

« Tous les échantillons de maïs ont été analysés pour un total de 423 résidus de pesticides par SGS Institut Fresenius GmbH (Berlin, Allemagne), y compris le glyphosate et son métabolite AMPA. Aucun des contaminants pesticides n'a été détecté dans aucun des échantillons (fichier supplémentaire 2). »

 

À l'évidence, ces analyses avaient été effectuées pour les besoins de l'étude sur les rats. On avait rapporté dans l'article correspondant :

 

« Toutes les formulation alimentaires se composaient de régimes équilibrés, mesurés chimiquement comme équivalents en substance sauf pour le transgène, sans pesticides contaminants dépassant les limites standards. »

 

Pourquoi n'a-t-il pas été signalé que le maïs GM désherbé au glyphosate ne contenait pas de résidus de glyphosate ?

 

Les canons de la rigueur rédactionnelle et de la transparence l'auraient exigé. Ce qui a été tu en 2012 est en partie repris dans la partie « discussion » de 2016 avec une autre affirmation :

 

« Notre étude a révélé des différences importantes de profil métabolomique entre le NK603 qui a été pulvérisé ou non avec du Roundup pendant la culture (Fig. 2). Cela a été surprenant parce que l'application unique de cet herbicide avait eu lieu avant le développement des épis de maïs. De plus, nous n'avons pas détecté de résidus de glyphosate ou d'AMPA dans les échantillons de grains de maïs de l'essai. »

 

Dans la partie « discussion » de 2016 il y a aussi :

 

« L'analyse de composition biochimique standard n'a révélé aucune différence particulière entre les différents types de maïs testés. »

 

Cela infirme incidemment l'affirmation du résumé selon laquelle « le NK603 et son témoin isogénique ne sont pas substantiellement équivalents » – à moins de vouloir rapporter le principe d'équivalence à des micro-différences révélées par des analyses multi-omiques.

 

 

Séralini c. Séralini

 

Mais résumons pour la comparaison entre maïs HT (NK603, hybride DKC2678) désherbé ou non au glyphosate :

 

  • pas de glyphosate ni d'AMPA dans le maïs HT désherbé au glyphosate ;

     

  • pas de différence particulière de composition biochimique ;

     

  • quoi qu'en disent les auteurs dans leur discussion, pas de différences notables établies par leurs analyses multi-omiques ; en effet, s'il y en avait eu, les auteurs n'auraient pas manqué d'en faire état dans leur leur résumé, ou encore dans la littérature militante (voir par exemple ici).

 

Il faut vraiment chercher dans le texte de l'article pour trouver un indice, noyé dans le gloubiboulga de considérations manquant souvent de pertinence scientifique (mais pas du point de vue de l'instrumentalisation militante) : dans les comparaisons par paires entre maïs GM désherbé au glyphosate ou non, les auteurs n'ont trouvé qu'une – seule – protéine présentant une différence statistiquement significative.

 

À quoi sont alors dues les différences qu'ils ont trouvées dans leur fameuse et infâme étude sur les rats de 2012 ? Tant en 2012 qu'en 2016, les auteurs se sont livrés à des exercices de cascadeurs de la supputation, de haute voltige de l'hypothèse. Mais cela ne repose sur rien de bien consistant. En 2012, c'était notamment un échafaudage théorique à partir de l'acide caféique et de l'acide férulique. Admirez la dernière audace (et le mot « suggéré » qui contraste tant avec la gesticulation médiatique passée) :

 

« Les troubles métaboliques observés dans notre étude peuvent aider à comprendre les effets négatifs sur la santé suggérés après la consommation chronique de ce maïs GM. Les modifications des concentrations de métabolites dans les grains pourraient être directement liées aux effets pathogènes dus à certains composés actifs dont on sait qu'ils sont toxiques. »

 

On savait déjà que l'« étude » sur les rats de 2012 qui a fait couler tant d'encre et de salive – pour quasiment tomber dans les oubliettes, même de l'activisme anti-OGM et anti-glyphosate – « ne vaut pas un clou », pour reprendre le verdict de M. Gérard Pascal.

 

Mesnage et al. viennent de nous en administrer une nouvelle – éclatante – démonstration.

 

 

L'innommable couverture de l'Obs du 20 septembre 2012

 

Hilarant ou consternant ?

 

Un financement par une entité militante...

 

On ne saurait quitter ce sujet, pour le moment du moins, sans signaler que ce travail a été financé par la Sustainable Food Alliance. C'est une « non-profit », opaque, enregistrée dans un paradis fiscal, le Delaware. Elle dit lever des fonds et distribuer des financements à des organisations actives dans le domaine de l'agriculture et de l'alimentation durables.

 

Un détournement par M. Marc Lavielle, dans « Y'a quelque chose qui cloche là-dedans ! » du 29 septembre 2012

 

Les financeurs habituels de l'équipe de M. Séralini ne sont pas au rendez-vous;mais on observera que les maîtres d'œuvre sont du King's College de Londres auxquels se sont joints, outre M. Séralini, des chercheurs de hauts lieux de l'alterscience brésilien (CropScience Department, Federal University of Santa Catarina) et norvégien (Genøk).

 

 

menant à un texte exploitable par le militantisme...

 

Il n'est dès lors pas surprenant de voir que le texte est épicé de références anxiogènes sur les méfaits de telle ou telle substance trouvée en excès dans l'un ou l'autre échantillon. Voici un exemple :

 

« Il a été rapporté que la putrescine et la cadavérine sont des potentialisateurs des effets de l'histamine, et toutes deux ont été impliquées dans la formation de nitrosamines cancérogènes avec du nitrite dans des produits carnés. »

 

Il y a des activistes qui se sont évidemment emparés de cette rhétorique, comme dans cet article de Mme Zen Honeycutt, de Moms Across America. Un grand moment de divertissement !

 

[Ajout du 14 janvier 2017] L'article a été retiré du site du Huffington Post. On peut toutefois le lire ici.

 

!

Les élucubrations de Zen Honeycutt :

The paper points out some disturbing changes and impacts from the genetic engineering:

Regarding the presence of cadaverine and putrescine: “toxicological effects such as nausea, headaches, rashes and changes in blood pressure are provoked by the consumption of foods with high concentrations of polyamines (cadaverine and putrescine) 56.

This section reminded me of when my family went out to eat and my son ate a corn tortilla and onion rings, likely cooked in GMO corn or canola oil, and within minutes he had nausea, headache, rash, and felt like he would faint. The area around his mouth went white and he began shaking. After getting up and walking around, he improved, but he is now determined to only eat organic, and his health has benefited tremendously.

 

 

...sans qu'il y ait, bien sûr, de conflits d'intérêts...

 

Ce n'est pas une surprise, les auteurs déclarent qu'il n'y a pas de conflits d'intérêts... oups ! D'intérêts financiers. Interprétez cette restriction comme vous voudrez...

 

Mais, comme nous l'avons exposé ci-dessus, cet article de Mesnage et al. a été instrumentalisé le jour même de sa publication par un article paru dans le Monde, « L’évaluation de la toxicité des OGM remise en cause » sous la plume de M. Stéphane Foucart et Mme Clémentine Thiberge.

 

C'était le 19 décembre 2016...

 

...jour de la publication, toujours dans le Monde, de « La recherche sur les OGM est minée par les conflits d’intérêts », sous la plume de Mme Stéphane Horel, instrumentalisant l'article alter-scientifique stigmatisant la recherche sur les OGM pour cause de conflits d'intérêts de Guillemaud et Bourguet (voir ici, ici et ici).

 

 

Le dessin qui illustrait l'article du Monde.

 

Extrait de l'article.

 

...mais un complot !

 

Le CRIIGEN n'a pas publié d'annonce sur son site. C'est tout de même curieux ! Trois des auteurs de l'article sont membres du conseil scientifiques du CRIIGEN...

 

En revanche, il y a eu de modestes annonces sur Facebook. Avec ce message le 20 décembre 2016, lendemain de la publication de l'article alter-scientifique :

 

« Criigen n'hésitez pas à diffuser l'article au maximum.. visiblement, il dérange , semblerait qu'il y ait des pressions pour qu'il soit peu médiatisé .. »

 

point seralini

(Source : « Nouvelle étude Séralini : quand les rats de Monsanto sont gavés au RoundUp » du 22 juin 2015)

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Lol-mdr 13/01/2017 19:39

Apparemment ses rats changent de sexe d'une étude à l'autre.
https://twitter.com/chadn737/status/818504541255725056

Seppi 27/01/2017 17:06

Bonjour,

Merci pour l'alerte.

J'ai traité ça ici :

http://seppi.over-blog.com/2017/01/mesnage-seralini-antoniou-c-est-quoi-cette-photo.html

J'ai lu quelque part que les auteurs avaient demandé une correction du texte. Celle-ci n'a toujours pas été faite.

IPPES 11/01/2017 11:00

Comme d'habitude, mr SEPPI vous critiquez sans apporter d'arguments scientifiques, normal ,vous n'êtes pas scientifique, juste lobbyiste............. vous ne savez pas lire les études c'est évident.........

Seppi 27/01/2017 18:12

Comme d'habitude, c'est toujours un plaisir de vous lire...

vigneron 09/01/2017 17:22

Je ne savais pas que Séralini avait été (est toujours ?) proche des anti-darwiniens de l'UIP (Staune, Rosine Chandebois, etc) et du clown Rémi Chauvin, je viens de l'apprendre et bien des choses s'en trouvent éclairées. Le vieux fond de finalisme et lamarckisme franco-français prospère encore et toujours, y-compris à travers le petit soldat Séralini.

Seppi 27/01/2017 18:17

Bonjour,

Merci pour l'information – qui demanderait toutefois à être vérifiée. Toutefois, je ne pense pas qu'il faille creuser aussi loin, dans le finalisme et lamarckisme franco-français.

Mais, en définitive, qu'importent les motivations, ce qui compte, c'est le flot d'alterscience et son instrumentalisation.