Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Hendricks – L'avenir de l'agriculture

22 Janvier 2017 , Rédigé par Seppi Publié dans #Politique

Hendricks – L'avenir de l'agriculture

 

Chez Willi l'Agriculteur*

 

 

 

Hier (17/01/2017) la ministre allemande de l'environnement Barbara Hendricks a tenu à Berlin un discours sur sa conception de l'avenir de l'agriculture. Nous reproduisons le discours dans son intégralité et le mettons en discussion. Voici le lien vers l'original :

 

http://www.bmub.bund.de/presse/reden/detailansicht/artikel/rede-von-dr-barbara-hendricks-zur-landwirtschaft-mit-zukunft/?tx_ttnews%5BbackPid%5D=289

 

 

La version prononcée fait foi.

 

Chers collègues députés,

Mesdames et Messieurs,

 

et surtout : cher collègue Christian Schmidt [Ministre fédéral de l'Alimentation et de l'Agriculture]. Je suis très heureuse de vous avoir aujourd'hui comme invité. Nous nous rencontrons ces jours assez souvent. Nous avons présenté la semaine dernière un projet de recherche conjoint sur la biodiversité dans l'agriculture. C'est en bref « Franz » [Für Ressourcen, Agrarwirtschaft und Naturschutz mit Zukunft – pour les ressources, l'agriculture et la conservation de la nature avec des perspectives d'avenir]. Pour ceux qui veulent regarder cela de plus près, il y a des informations sur notre site Web.

 

Et nous avons convenu avec les Länder d'une nouvelle législation sur les engrais. Sur tous les objectifs conjoints, nous pourrions en fait former un pool de voiture !

 

Ce n'est pas un secret : au sein du Cabinet, nous sommes dans une sorte de compétition collégiale. C'est une bonne chose. Je pense que c'est bien que nous nous battons de manière constructive sur les grands enjeux de notre pays – et le développement des zones rurales en fait sans aucun doute partie. Et nous trouvons généralement aussi de bonnes solutions.

 

Quiconque a grandi – comme moi – dans une petite ville voit l'agriculture de manière particulière. Ma région natale, la Basse-Rhénanie, ne serait pas la même sans elle.

 

L'agriculture, c'est un travail difficile, une tradition et une responsabilité. Je connais des familles qui exploitent leur ferme depuis des siècles. Elles ont contribué à forger l'histoire de leurs villes. Leur souhait est d'être en mesure de transmettre la ferme qu'ils ont reçue de leurs parents et grands-parents à leurs enfants. Je connais des familles qui ne prennent pas de vacances parce qu'elles ne peuvent pas laisser leur exploitation sans présence. Elles travaillent de 60 à 80 heures par semaine. Pour elles, l'agriculture n'est pas simplement un emploi, une source de revenus, une entreprise avec une obligation de profit. C'est une vocation.

 

Le respect pour le travail et la tradition de nos agricultrices et de nos agriculteurs devrait être le point de départ lorsque nous parlons de l'avenir de notre agriculture.

 

Et nous devrions être honnêtes : l'agriculture allemande est dans une crise profonde. Dans une crise économique, dans une crise d'acceptation par les citoyennes et citoyens et une crise environnementale.

 

Aux portes de nos villes et villages des exploitations paysannes se transforment en usines agricoles qui n'ont depuis longtemps plus rien à voir avec notre image d'une agriculture paysanne.

 

De nombreuses entreprises familiales sont sous pression constante. Elles se battent pour leur existence et doivent à la fin renoncer à leur exploitation. Nous avons tous entendu à nouveau ces récits avec la crise du lait. Les exploitations familiales sont les victimes d'une concurrence dans laquelle l'offre est supérieure à la demande, et dans laquelle la production continue néanmoins d'augmenter.

 

Ceux qui continuent sont soumis à une pression économique constante d'optimisation. Le mot d'ordre est : « croissez ou disparaissez » – et cela depuis des décennies. Un mot d'ordre profondément brutal si l'on considère les destins qui se trouvent derrière. Mais aujourd'hui, il définit un modèle qui exploite les animaux, les ressources naturelles et, en fin de compte aussi, les gens qui travaillent.

 

Mais ce modèle ne peut rien laisser aux générations futures, rien qui puisse fonder leur prospérité. Ni une entreprise saine, ni des sols sains, ni une nature saine – le capitalisme prédateur dans sa forme la plus pure.

 

Ceux qui me connaissent savent que je ne me suis pas fait particulièrement remarquer en tant que critique du capitalisme. Mais la décision de promouvoir un secteur agricole compétitif sur le marché mondial, pour que, par exemple, les chinois puissent acheter de la viande allemande, a été à mon avis une erreur. L'agriculture allemande dégage environ 15 pour cent de ses revenus sur le marché mondial. Les bénéfices sont répartis entre quelques-uns. Mais le prix, nous le payons tous.

 

Les sols souffrent. Ils sont utilisés de manière intensive. Les limites de charge de la nature sont dépassées en permanence. La sagesse antique comme la rotation des cultures durable n'est plus respectée. Les champs sont surfertilisés, leur équilibre naturel est détruit. Nous les arrosons avec trop de lisier – bien plus qu'ils ne peuvent supporter.

 

L'un de nos biens communs les plus précieux – les eaux souterraines – est de plus en plus contaminé par les nitrates. Les compagnies d'eau qui en retirent de l'eau potable doivent la traiter à grands frais avant qu'elle puisse être bue. Cela est dû à l'agriculture intensive. Mais ce sont les citoyennes et citoyens qui paient les prix plus élevés de l'eau.

 

La biodiversité est en déclin. Également parce que l'agriculture utilise trop de pesticides. Cela constitue un préjudice moral énorme parce que nous perdons irrémédiablement la diversité de notre nature et sa beauté. Et c'est un énorme dommage matériel parce que les espèces ont un rôle important pour les écosystèmes dans leur ensemble.

 

Prenez par exemple les abeilles. Parmi les 100 plus importantes espèces végétales qui nous nourrissent, 71 sont pollinisées par les abeilles. Parmi elles figurent la quasi-totalité des fruits. L'abeille est un véritable facteur économique, évalué par les chercheurs, pour la seule Allemagne, à environ 2,5 milliards d'euros par an. Le travail de la petite abeille a ainsi la même valeur que par exemple le bénéfice attendu de la Banque Fédérale en 2016. Le problème : le nombre d'abeilles diminue de façon spectaculaire.

 

La science nous dit que la destruction des mauvaises herbes et des insectes, et des paysages agricoles monotones sont au moins en partie responsables.

 

Un mécanisme naturel éprouvé, qui fonctionne depuis des millénaires, se dégrade. Cela fait de l'abeille un symbole approprié pour une évolution inquiétante : l'agriculture se prive de ses propres fondations. Elle scie la branche sur laquelle elle est assise.

 

La préservation de notre biodiversité n'est pas un sujet de niche pour quelques amoureux de la nature. C'est un de nos devoirs fondamentaux que de préserver pour les générations futures le trésor de notre nature – nous pourrions dire aussi : la création.

 

Mais ce n'est pas seulement le souci de l'environnement qui incite de plus en plus de gens à prendre leurs distances avec l'agriculture. Ils doutent que ce qui finit dans nos assiettes soit vraiment inoffensif pour notre santé.

 

Cela vaut pour l'utilisation de pesticides chimiques tout autant que pour l'utilisation massive de médicaments – par exemple des antibiotiques dans l'élevage. Même le simple bon sens nous dit qu'il est dangereux que les médicaments pour le bétail deviennent la norme, lorsque ces médicaments devraient effectivement être le dernier recours pour les personnes gravement malades.

 

Le représentant en produits pharmaceutiques dans la porcherie – c'est la conséquence logique d'une attitude dans laquelle le respect des animaux comme créatures sensibles est resté au bord de la route. Ce n'est pas digne de notre société !

 

Nous n'oublions pas non plus l'injustice que nous provoquons dans d'autres endroits, en particulier en Afrique, où les marchés locaux sont inondés de produits bon marché en provenance d'Europe et dont l'agriculture n'a aucune chance de prospérer. Ceci est un problème moral. Mais pas seulement. Nous voyons cela déjà aux frontières extérieures de l'UE. Là où les gens n'ont aucune perspective de vie décente croissent les conflits sociaux et politiques. Qui pourrait reprocher à ces gens de se mettre en route pour chercher ailleurs une vie meilleure ?

 

De nombreux agricultrices et agriculteurs voient tous ces problèmes. Je n'en connais que très peu qui trouvent le développement actuel bon. Et j'en connais de moins en moins qui voient un avenir dans l'agriculture telle qu'elle est aujourd'hui.

 

Je suis néanmoins certaine que l'agriculture allemande a un avenir si elle est durable. Il y a beaucoup de potentiel. Il n'est pas nécessaire que tout soit « bio ». Je voudrais aussi que ceux qui ne peuvent pas se permettre d'accéder au marché du bio puissent aussi acheter des aliments sains et produits de manière durable.

 

Le projet de recherche « Agriculture durable », qui regroupe plusieurs universités allemandes et une université néerlandaise, a esquissé à notre demande une voie possible pour une nouvelle politique agricole. Cher Professeur Feindt, vous nous présenterez cet après-midi les principaux points et je ne vais pas anticiper.

 

Mais je tiens à souligner un concept central de votre proposition : vous plaidez pour un nouveau contrat social avec l'agriculture. Ce terme positionne notre tâche.

 

Je pense que nous avons besoin d'un large débat sur une agriculture qui soit sociale et écologique. Qui fournit une juste rétribution. Qui respecte le bien-être animal et les limites de charge de la nature. Qui reconnaît aussi la responsabilité du commerce dans une chaîne de valeur fonctionnelle. Une agriculture qui prend les préoccupations des consommateurs au sérieux et en même temps exige d'eux qu'ils paient un prix raisonnable pour une bonne performance.

 

Cela reste le point critique dans le débat. Nous ne faisons pas confiance aux consommateurs pour qu'ils achètent les produits d'une agriculture durable. À première vue, le scepticisme peut se justifier : dans presque aucun pays, les gens dépensent aussi peu de leur revenu pour la nourriture qu'en Allemagne.

 

Mais je suis convaincue que dans notre pays, les gens sont plus avancés qu'on ne pensent. L'attitude envers la nourriture a changé. Beaucoup de gens mangent plus consciemment. Et beaucoup sont prêts à payer pour un plus standard supérieur.

 

Le ministère de l'environnement recense tous les deux ans, la conscience environnementale des Allemands. L'étude actuelle paraîtra en mars. Mais je peux déjà vous citer un résultat : quatre répondants sur cinq sont prêts à payer plus pour la viande s'ils savent que les animaux sont mieux traités que prescrit par nos normes minimales. Et presque autant mettraient plus d'argent sur la table pour des normes environnementales plus élevées.

 

Alors, qu'est-ce qu'on attend ?

 

Nous ne pouvons pas laisser nos agricultrices et agriculteurs seuls avec ce problème. Nous avons besoin d'un changement de système, derrière lequel se trouvera toute notre société.

 

Cela signifie, à mon avis, qu'il nous faut d'abord un meilleur cadre juridique. Si nous voulons une agriculture durable, nous devons empêcher que la nature soit sollicitée davantage qu'elle ne peut le supporter. Certaines règles spéciales conserveront leur justification pour l'agriculture dans le droit de l'environnement et de l'urbanisme.

 

Ces règles doivent cependant être conçues de manière à être respectueuses de l'environnement. Le temps où l'agriculture avait la priorité sur les intérêts de l'environnement doit être terminé.

 

Autrement dit, par exemple : nous devons réajuster le traitement préférentiel des bâtiments d'élevage agricoles dans le droit de la construction. Les grandes installations d'élevage ne devraient plus être autorisées dans les espaces extérieurs que si la commune adopte un plan de développement correspondant et procède à une évaluation de l'impact environnemental. Cela contribue à la protection de l'environnement. Cela évite les conflits d'usage. Plus important encore, cela augmente l'acceptation.

 

Cela n'entre tout simplement pas dans l'esprit du moment si, par exemple, de nouvelles fermes sont créées à la périphérie sans que les municipalités puissent avoir une influence. Les citoyennes et citoyens ont le droit de dire leur mot sur l'aspect que prendra leur localité. Ironiquement, exclure l'agriculture de ce principe,nuit en fin de compte à celle-ci.

 

Cher Christian Schmidt, notre projet de loi est précisément soumis au vote de ta fraction. Il est dans l'intérêt des agricultrices et des agriculteurs que nous le mettions rapidement en place.

 

En outre, nous avons besoin de toute urgence d'une nouvelle ordonnance sur les engrais qui rende obligatoire pour toutes les exploitations agricoles un bilan à la sortie de la ferme – ou, comme on appelle cela maintenant, un bilan des flux matières – afin que les agriculteurs puissent augmenter l'efficacité de leur utilisation des engrais. Je suis très heureuse que nous soyons parvenus à un accord avec les Länder la semaine dernière. Cela nous fait vraiment progresser ! Et cela pourrait nous permettre de mettre un terme à la plainte de la Commission européenne pour violation de la directive nitrates de l'UE.

 

Mais il est une réforme fondamentale du soutien agricole de l'UE encore plus importante. En des temps de grand chômage des jeunes dans de nombreux pays et d'immenses défis de la politique étrangère de l'Union européenne, c'est un privilège que près de 40 pour cent du budget de l'UE aille à l'agriculture. Mais je trouve grotesque qu'une grande partie de cet argent finisse dans les grandes fermes industrielles qu'en définitive, personne ne veut. Un pour cent des exploitations reçoivent 20 pour cent des paiements directs. Un centième reçoit un cinquième. On ne trouve aucune autre subvention dont le but est de renforcer les acteurs déjà forts. Et cela sans les forcer à assumer de manière suffisante une responsabilité sociale. En plus de cela, si un agriculteur loue un terrain, une grande partie du financement n'arrive pas à lui. Le propriétaire du terrain en a en effet le contrôle. Et les loyers ont augmenté de façon significative au cours des dernières années.

 

Nous devons changer ce système de promotion absurde en commun avec les autres États membres. Je suis d'avis :

 

L'argent public ne devrait être consacré à l'avenir que pour les services publics.

 

  • Nous voulons soutenir ceux qui mettent la qualité devant la quantité.

     

  • Mettre l'argent chez ceux chez qui l'idylle rurale n'existe pas seulement sur l'étiquette de la brique de lait.

 

  • Nous voulons des exploitations qui soient rentables et se soient engagées pour leurs animaux et la nature.

     

  • Qui veulent continuer la tradition de leurs familles sans avoir à continuer de croître.

     

  • Qui utilisent les pesticides de manière si parcimonieuse que les limites de charge de l'environnement sont respectées.

     

  • Qui perçoivent la responsabilité pour la protection du climat.

     

  • Nous voulons encourager les agriculteurs qui cultivent aussi là où le sol rend peu.

     

  • Nous voulons promouvoir les initiatives qui établissent des chaînes de valeur régionales.

     

L'étude Zanexus du professeur Feindt montre que cela est tout à fait possible. Cependant, nous ne devons pas du tout attendre jusqu'à ce que nous – les États membres – ayons décidé à Bruxelles sur la nouvelle période de programmation.

 

Nous pouvons agir maintenant. L'UE nous donne la possibilité de transférer jusqu'à 15 pour cent des subventions du premier pilier des paiements directs dans le deuxième pilier, avec lequel la promotion de cette agriculture durable est déjà possible aujourd'hui. À ce jour, notre part est à seulement 4,5 pour cent.

 

Cher Christian Schmidt, je serais très heureuse si nous pouvions convenir d'exploiter notre marge de manœuvre pour une agriculture durable et augmenter le deuxième pilier à partir de 2018 à un niveau de 15 pour cent.

 

Je sais que tu hésites à cause de la situation actuelle difficile en matière de revenus agricoles.

 

Mais en fin de compte cela n'arrange personne si nous continuons simplement à attendre. Et je suis sûre que la plupart de nos Länder appuieront le rééquilibrage.

 

Et nous devons continuer à nous battre à Bruxelles pour un fonds de conservation de la nature de l'UE autonome, car la préservation de la nature a un besoin urgent de fonds propres ! Ainsi, nous pourrons honorer les agriculteurs, mais aussi d'autres acteurs tels que les forestiers, pour les prestations spéciales de préservation de la nature. Dans le système de financement actuel de l'UE, la préservation de la nature est désespérément sous-financée. Un instrument financier dédié aiderait aussi à désamorcer les conflits entre la préservation de la nature et l'agriculture.

 

En fin de compte, la question n'est pas d'avoir raison. Il s'agit de faire la bonne chose. Pour cela, nous avons besoin d'une coopération constructive entre l'environnement et les écologistes, et les agriculteurs. J'ai parfois l'impression que tel ou tel représentant d'association s'est confortablement assis dans le siège de dirigeant. Les débats idéologiques ne nous font pas avancer.

 

Plus de compréhension entre les écologistes et les agriculteurs – c'est la condition nécessaire à la réussite de la transformation.

 

Les symptômes de la crise ne peuvent pas être écartés par la discussion. Nous ne devons plus utiliser nos énergies à traiter des symptômes individuels. Et nous ne devrions pas leurrer ceux qui sont inquiets en leur faisant croire que les choses finiront par s'arranger par elles-mêmes. Dans sa forme actuelle, l'agriculture n'a pas d'avenir. Elle doit changer pour se rendre meilleure.

 

Nous ne devrions pas non plus nous bercer d'illusions et croire que nous pouvons remonter le temps et revenir à une agriculture telle qu'elle était peut-être dans le passé. Les conditions ont changé. Le marché, la technologie, le comportement alimentaire. Notre temps a besoin de ses propres, nouvelles, réponses. Nous devrions nous mettre en route et mener ouvertement le débat sur l'avenir de notre agriculture. Je me réjouis donc que toi, cher Christian Schmidt, tu présenteras ton point de vue maintenant. Tu as le micro. Je vous remercie !

 

_______________

 

* Willi l'Agriculteur (Bauer Willi) exploite 40 hectares en grandes cultures (betterave sucrière, colza, céréales) en coopération opérationnelle. Il a été double-actif jusqu'à l'automne 2014. Son deuxième métier a été le suivi et le conseil aux agriculteurs pour une entreprise familiale (sucrerie). Depuis lors, il continue d'exploiter son domaine en tant que pré-retraité et a du temps pour écrire et partager son expérience.

 

Il contribue aussi bénévolement à l'association (fondation) des habitants de sa commune et à une coopérative agricole.

 

Source : http://www.bauerwilli.com/hendricks-zukunft-der-landwirtschaft/

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article