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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Arrêté phytos : Il nous faut rester mobilisés » sur Forumphyto

4 Décembre 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides, #Politique

« Arrêté phytos : Il nous faut rester mobilisés » sur Forumphyto

 

Glané sur la toile 109

 

Tavelure et crevasse sur pomme (source)

 

Forumphyto fait un point détaillé sur l'évolution de ce dossier sensible, pas seulement pour les agriculteurs et les personnes indirectement touchées par les produits de protection des plantes telles que les riverains, mais aussi pour notre sécurité et notre souveraineté alimentaires, et notre compétitivité économique.

 

 

C'est à lire ici.

 

Forumphyto relève que le nouvel arrêté proposé sera quasi-identique à celui du 12 septembre 2006, et que le retour à l’ancien arrêté de 2006 n’est pas plus acceptable qu’il ne l’était en 2006.

 

Il souligne à juste titre que – contrairement à une croyance bien incrustée grâce à une propagande malheureusement efficace, et pas suffisamment contestée – l'agriculture biologique utilise aussi des pesticides et est par conséquent aussi concernée par cet arrêté. Nous voudrions ajouter deux couches :

 

  • Certaines formes d'agriculture biologique, notamment le maraîchage, sont plus fortement implantées dans ce qui reste des ceintures vertes autour des villes. L'extension des zones non traitées peut avoir un effet dévastateur.

 

  • Certaines productions, notamment la vigne et les arbres fruitiers, nécessitent davantage de passages en « bio » qu'en « conventionnel ».

 

Sa conclusion :

 

« Répétons-le : L’objectif de protection de l’environnement et des personnes est sans conteste légitime. Mais les moyens employés par l’arrêté même "maintenu", sont inappropriés et inapplicables.

 

Pour que la discussion sur le fond permette de prendre des mesures s’appuyant sur des données concrètes et scientifiquement validées, et pas sur ce qu’on croit être "l’opinion publique", il est important que les producteurs restent mobilisés. »

 

On ne peut que souscrire à cette conclusion.

 

Mais la mobilisation, à notre sens, doit se manifester par un effort bien plus important d'explication des enjeux, des vrais.

 

Il faut, certes, argumenter à contre-courant de la rhétorique dominante, mais est-ce si compliqué d'exposer le rôle des pesticides dans la production d'une nourriture saine ?

 

La campagne qui vient de se terminer offre d'excellents points d'appui pour expliquer la contribution de la protection des plantes à la minimisation des impacts négatifs tant sur la quantité et la qualité des récoltes.

 

À cet égard, voici le résumé de « Withdrawal of maize protection by herbicides and insecticides increases mycotoxins contamination near maximum thresholds » (le retrait de la protection du maïs par les herbicides et les insecticides augmente la contamination et la rapproche des limites maximales) de Xavier Reboud, Nathalie Eychenne, Marc Délos et Laurent Folcher (nous découpons en paragraphes) :

 

« Les questions environnementales et économiques influent sur la prise de décision sur la question de savoir s'il convient de contrôler ou non les petites infestations de parasites et de maladies dans les cultures. Même lorsqu'on ne s'attend à aucune perte de rendement, d'autres risques peuvent être évidents, tels que l'accumulation lente d'inoculums pathogènes.

 

La prévalence des toxines, découlant des interactions biotiques avec les maladies fongiques, peut altérer la qualité des cultures plutôt que la quantité. Ainsi, les décisions des agriculteurs quant à tolérer ou non l'infestation par des ravageurs doivent prendre en compte plusieurs risques potentiels directs et immédiats et/ou retardés. Les preuves scientifiques publiées sur la co-occurrence de facteurs de risque résultant de la présence de différents organismes nuisibles et pathogènes sont largement absentes, ce qui a nuit à l'adoption de la lutte intégrée contre les ravageurs.

 

Ici, nous avons testé testé comment l'abandon de la protection par des herbicides et des insecticides dans le maïs, seul et en combinaison, pourrait induire une prévalence plus élevée de jusqu'à 23 mycotoxines dans la culture lors de la récolte.

 

L'expérience a été menée sur 4 ans dans 29 champs du sud-ouest de la France.Le test impliquait une comparaison d'échantillons appariés prélevés sur des parcelles traitées et non traitées.

 

Les neuf mycotoxines majeures qui ont été observées dans plus de 4% des échantillons ont montré des concentrations très variables entre les champs et les années. Cependant, la tendance générale suite à la cessation de la protection par des pesticides est de hausser les taux de mycotoxines par rapport au témoin traité. Les concentrations globales de mycotoxines ont atteint 55-67% de leur taux maximal acceptable, une situation de marge de sécurité réduite pouvant entraîner des pénalités économiques et des restrictions du marché.

 

Il a été constaté que l'élimination des herbicides avait un impact plus important que celui des insecticides sur la prévalence des mycotoxines, ce qui diffère des attentes indiquées dans la littérature. Cette conclusion est renforcée par la constatation que certaines mauvaises herbes hébergent plusieurs espèces de Fusarium. Cela signifie que les mauvaises herbes jouent non seulement un rôle de compétiteurs mais aussi de réservoirs d'inoculum sur le terrain.

 

Les résultats illustrent l'importance de l'évaluation sanitaire lors de la mise en œuvre de nouveaux systèmes de culture qui modifient la répartition et la présence d'organismes nuisibles et pathogènes.

 

P.S.

 

On lira aussi une bonne piqûre de rappel : « Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels que de résidus de pesticides de synthèse »

 

 En une seule tasse de café,  on absorbe plus de composés naturels et toxiques, cancérogènes, mutagènes que tout ce que notre alimentation nous fournit en un an en résidus de pesticides.

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