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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une tribune de Gérard Kafadaroff : « Politiques et scientifiques : attention aux conséquences du divorce ! »

7 Novembre 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #OGM

Une tribune de Gérard Kafadaroff : « Politiques et scientifiques : attention aux conséquences du divorce ! »

 

Glané sur la toile 107

 

 

Il y a hélas aussi les bons à rien prêts à tout...

 

 

C'est à lire sur la Tribune. Et ça commence de manière plutôt mesurée pour un phénomène inquiétant :

 

« Depuis maintenant plusieurs décennies, la science et les technologies font l'objet d'une méfiance généralisée, si ce n'est d'un rejet. A tel point que la classe politique ne fait plus confiance à ses scientifiques pour guider ses choix, en oubliant que le domaine du savoir est la principale source de puissance d'une pays. »

 

Vraiment ? La classe politique ne fait-elle plus confiance ou a-t-elle sciemment décidé d'ignorer les scientifique quand le calcul électoral penche en faveur de l'à-plat-ventrisme devant les démagogues ?

 

Mais le propos se fait vite percutant. Par exemple :

 

« La gestion politique des OGM est l'exemple le plus criard et condense mépris de la science, déni de réalité, refus de savoir, connivences avec la mouvance écolo, mensonges et encouragement à une dérive scientifique. »

 

Il aurait pu l'être encore davantage !

 

N'est-ce pas faire preuve de mansuétude que d'écrire, à propos d'une polytechnicienne sortie de surcroît de l'ENGREF :

 

« En 2008, Mme Kosciusko-Morizet affichait son ignorance : "pour le moment ce qui est en catalogue ne présente pas d'intérêt" alors que dans le monde 13 millions d'agriculteurs avaient adopté les OGM » ?

 

N'est-ce pas faire preuve de réserve en écrivant :

 

« En 2008, le Grenelle de l'environnement fut une grotesque mascarade politicienne doublée d'une instrumentalisation de la science afin de masquer un accord secret entre gouvernement et ONG écologistes : la paix sur le nucléaire contre l'abandon des OGM ! »

 

L'accord est en effet un secret de Polichinelle. Il a été confirmé par M. François Fillon dans les Échos en juin 2013 :

 

« Nous avons pris des positions très fermées via le Grenelle dans une sorte de "deal" de Nicolas Sarkozy avec les écologistes : le nucléaire contre les OGM. »

 

Et la litanie aurait pu être encore plus longue !

 

Que penser d'un Nicolas Sarkozy qui déclare le 29 novembre 2011, au lendemain de la première décision du Conseil d'État annulant la suspension du maïs transgénique MON 810 – alors que l'importation et l'utilisation de ce maïs ne sont pas interdits :

 

« ...Il ne s'agit pas de fermer la porte au progrès mais nous n'avons pas le droit de faire des risques à la santé des consommateurs et pour moi les deux principes ont la même force »

 

D'une Nathalie Kosciusko-Morizet qui abonde :

 

« Je suis plus déterminée et plus convaincue encore qu'en 2008 de la nécessité pour nous d'interdire la culture du Monsanto 810 en France » ?

 

D'un François Hollande qui déclare le 2 août 2013, au lendemain de la deuxième décision du Conseil d'État annulant le moratoire sur le maïs transgénique MON 810 – alors que son innocuité pour les abeilles est un fait acquis, incontestable :

 

« Les premières victimes ce sont les apiculteurs » ?

 

Et encore, alors que... :

 

« Pourquoi nous avons fait le moratoire sur les OGM? Non pas parce que nous refusons le progrès, mais au nom du progrès. Nous ne pouvons pas accepter qu'un produit, un maïs, puisse avoir des conséquences défavorables sur les autres productions » ?

 

D'un Stéphane Le Foll qui a déclaré la veille :

 

« Quelle que soit la décision, la ligne du gouvernement sera la même: nous ne sommes pas favorables aux OGM, notamment au Mon810 qui est un maïs résistant aux herbicides » ?

 

M. Kafadaroff s'est limité aux OGM. On pourrait produire une analyse similaire pour d'autres secteurs dans lesquels la priorité politicienne consiste à abandonner l'intérêt public pour flatter une opinion publique largement manipulée.

 

Il termine par une citation de Barack Obama :

 

« Il faut faire en sorte que les faits et les preuves ne soient pas déformés ou occultés par la politique ou l'idéologie. Il faut écouter ce que les scientifiques ont à nous dire, même si cela dérange, surtout si cela dérange. »

 

On attend de voir ce courage politique dans les primaires, puis dans la campagne électorale.

 

I don't hold my breath... Je ne me fais guère d'illusions...

 

 

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