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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Quand Télématin de France 2 fait de la publicité déguisée pour Biocoop et le bio

14 Novembre 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

Quand Télématin de France 2 fait de la publicité déguisée pour Biocoop et le bio

 

Source. Ces morceaux permettent-ils de valoriser toute la carcasse ?

 

 

Nos chaînes de télévision publiques – que nous finançons en partie par nos impôts et redevances – sont devenues un océan de médiocrité s'agissant de l'agriculture et de l'alimentation.

 

 

Le « a...-bashing »

 

Le paysage médiatique est caractérisé par une avalanche de séquences – pouvons-nous encore écrire « reportages » ? – à charge, à des degrés divers, contre l'agriculture, l'industrie agroalimentaire et l'alimentation. Selon la comptabilité de l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA), ce furent 74 reportages à charge contre sa profession en 2014, et 86 en 2015, soit un tous les quatre jours !

 

Ce « a...-bashing » a une figure de proue, Mme Élise Lucet et son innommable Cash Investigation – encore que l'on puisse se demander si sa motivation profonde n'est pas d'assouvir un désir compulsif de paraître et de flatter un égo zeppelinesque. Deux bouses médiatiques en 2016, « Produits chimiques : nos enfants en danger » – condamné, certes mollement, par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel – et « Industrie agroalimentaire : business contre santé »...

 

Source. Voir aussi la vidéo (1:35)

 

Mais cela peut aussi prendre un tour insidieux. Peut-être à l'insu du plein gré des journalistes en cause mais en tout cas – à notre sens tout au moins – en porte-à-faux par rapport à la déontologie. Quoique... quand la bobo-attitude se fait éclatante, il devient difficile de ne pas croire que l'instrument médiatique n'est pas mis au service d'une cause et d'une idéologie.

 

 

C'est lourd... pesant...

 

Ainsi, le 10 novembre 2016, Télématin de France 2 a diffusé une séquence de près de 6 minutes sur une enseigne qui vend des colis de viande sur commande :

 

William Leymergie – « ...là il s'agit d'une enseigne, on peut la qualifier comme "bio"... »

 

Isabelle Martinet – « Oui ! »

 

William Leymergie – « ...on peut dire ça ? »

 

Isabelle Martinet – « c'est un distributeur bio... »

 

William Leymergie – « …distributeur bio... de viande...non... »

 

Isabelle Martinet – « … distributeur bio... de tout... »

 

William Leymergie – « …de tout... »

 

Isabelle Martinet – « …de tout, oui... avec des supermarchés... il y en a 400 en tout en France de ces supermarchés et ce sont des gens qui sont très à l'écoute des demandes des consommateurs, parce que dans le bio on a une demande qui progresse, et c'est vrai que le consommateur est regardant sur la qualité et la provenance de la viande... »

 

Citer le nom de ce « distributeur bio... de tout » n'est pas admissible, mais on aura rapidement compris qu'il s'agit de Biocoop, cette vertueuse enseigne au marketing décoiffant, voire délictueux.

 

http://30.000 € d'amende... mais c'est toujours sur la toile...

 

 

Et si vous n'avez pas compris de suite, vous pouvez chercher le nom du responsable de la filière viande – à qui l'équipe de Télématin a complaisamment accordé plus d'une minute et demie pour faire sa promotion et sa publicité – sur votre moteur de recherche favori...

 

 

 

Qu'a-t-elle fait de si décoiffant, Biocoop, pour mériter une telle séquence dans laquelle le mot « bio » est mitraillé et martelé avec emphase (c'est la raisons pour laquelle nous l'avons mis en gras ci-dessus) ? Elle vend des colis de viande... en partenariat, est-il dit, avec des éleveurs de porcs et de bœuf.

 

Vous passez commande chez un vendeur qui prend note sur un cahier d'écolier – un page blanche... – et vous passez prendre la commande la semaine suivante... Cette séquence est tellement naïve qu'on se demande qui est pris pour un imbécile !

 

 

 

Et le système des colis de viande, ça fait belle lurette que ça existe. Cette séquence consacrée à l'offre d'une seule enseigne n'est rien moins qu'une publicité déguisée. Par son insistance sur le bio et ses prétendus mérites, c'est aussi un dénigrement des filières dites conventionnelles.

 

 

Ce n'est pas la première fois !

 

Selon le responsable de Biocoop, le système est un partenariat avec une centaine de producteurs de porcs (le groupe Bio Direct) et 350, de bœuf de l'Ouest de la France (le groupe Bretagne Viande Bio). On a envie de dire : bravo Biocoop pour le « local »... Compte tenu de l'importance des filières (par exemple quelque 17.400 éleveurs porcins en 2013) et du fait que les deux groupements sont aussi engagés dans d'autres filières, on doit nécessairement conclure que cette vente de viande en colis est bien anecdotique.

 

 

Source

 

Cela ressemble fort à une opération publicitaire, à laquelle Télématin a prêté un concours complaisant. Ce publi-reportage lèse les nombreux acteurs de la filière des viandes en colis – bio ou conventionnels, individuels ou en groupements.

 

Ce n'est pas la première fois. En mai dernier, ce fut une publicité déguisée pour Carrefour et ses quelques « fraises sans pesticides » (voir aussi ici).

 

 

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GUILLOT 14/11/2016 10:24

Vous pourriez également vous pencher sur le cas de l'émission médicale de la 5 "Le journal de la santé" qui est elle aussi très orientée !