Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Y a-t-il un risque de conséquences sanitaires et environnementales « imprévues » avec les OGM, comme le prétendent les opposants ?

3 Août 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Andrew Porterfield, #OGM, #Santé publique

Y a-t-il un risque de conséquences sanitaires et environnementales « imprévues » avec les OGM, comme le prétendent les opposants ?

 

Andrew Porterfield*

 

 

 

Il est un refrain commun parmi les opposants au génie génétique appliqué aux sources de denrées alimentaires : cette technologie produit des résultats inattendus qui pourraient avoir une incidence sur notre santé, ou la santé de l'environnement, selon des modes inconnus. Mais la plupart des généticiens pensent que les sources de conséquences imprévues sont plus susceptibles de résider dans les hybrides traditionnels et d'autres techniques classiques d'amélioration des plantes, et non dans le génie génétique. Comment est-ce possible ?

 

Tout d'abord, toutes les plantes cultivées ne sont pas des clones de plantes préexistantes. Chaque plante varie en hauteur, en poids, en longévité, en production et même en sensibilité à la maladie. C'est vrai des plantes produites traditionnellement tout comme des plantes GM. En outre, les descendants de l'hybride F1 (la principale méthode de sélection végétale) seront très différents de la plante F1, comme nous l'avons décrit dans un article précédent.

 

Deuxièmement, la sélection classique nous a réservé des surprises, certaines négatives, et d'autres positives. En Israël, par exemple, des généticiens ont produit des hybrides (par des moyens classiques) pour produire une gamme de nouvelles plantes avec de nouveaux caractères, comme une courge spaghetti avec des niveaux élevés d'antioxydants ou un nouveau melon charentais qui a eu un grand succès du fait de son aspect, son odeur et son goût améliorés. Les prunes-abricots, les tangelos et les pamplemousses rouges sont tous les fruits de l'amélioration des plantes classiques ayant produit des résultats imprévisibles.

 

Donc, retour sur 20 ans de recherche. Que nous a-t-elle montré ?

 

Un article de synthèse publié en 2013 par un chercheur de Dow AgroSciences, Rod Herman, et un agent en retraite de la Food and Drug Administration des États-Unis, William Price, a constaté que selon les évaluations de la FDA, 148 produits transgéniques étaient équivalents en substance aux variétés classiques ; les régulateurs japonais ont trouvé les mêmes résultats d'équivalence entre plantes transgéniques et conventionnelles pour 189 produits qu'ils avaient évalués. Des études n'ont trouvé aucune différence de composition entre des versions GM et conventionnelles de maïs, de soja, de cotonnier, de canola, de blé, de pomme de terre, de luzerne, de riz, de papayer, de tomate, de chou, de piment (poivron), de framboisier et de champignon de Paris.

 

Ces études portaient tant sur des amélioration en éléments nutritionnels que sur des caractères tels que la tolérance à un herbicide et la résistance à un insecte. En fait, ce sont les plantes conventionnelles qui produisent le plus de variation involontaire. « ...la variation résultant des méthodes d'amélioration des plantes classiques et des facteurs environnementaux éclipse les changements observés dans la composition à la suite de l'introduction d'un trait par transgenèse », soulignent Herman et Price dans leur article.

 

Depuis cette analyse, la recherche a produit de nouveaux résultats :

 

  • L'année dernière, une équipe de recherche de Monsanto a publié ses résultats pour deux maïs génétiquement modifiés, MON 88017 et MON 89034, qui résistent au glyphosate et à la chrysomèle du maïs (MON88017), et à la pyrale du maïs et d'autres insectes lépidoptères (MON89034). Des essais de maïs sucré ont été mis en place sur cinq sites avec un hybride classique et 17 hybrides de référence. Ils n'ont trouvé aucune différence entre les versions GM et classiques du point de vue de la composition en macronutriments, fibres, acides aminés, sucres, vitamines, minéraux et certains métabolites.

 

  • Pour de nombreux modes de sélection traditionnels, les conséquences inattendues ont surgi avec l'introduction simultanée d'allergènes et de métabolites secondaires toxiques. Des chercheurs espagnols ont rapporté que l'introduction du gène pour la production d'immunoglobuline A (IgA) dans une tomate, qui pourrait être utilisée comme vaccin pour les personnes atteintes de gastro-entérite à rotavirus, n'induisait pas de production de substances dangereuses dans la tomate GM. Ils ont également observé que les tomates transgéniques étaient de composition aussi sûre que les tomates non transgéniques.

 

Le régulateur européen en matière alimentaire, l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), a les exigences les plus sévères du monde en matière de tests ; actuellement, il faut huit sites d'essais distincts et quatre répétitions par site afin de tester les effets non intentionnels. En outre, presque tous les fabricants de produits alimentaires transgéniques ont adopté un certain nombre de protocoles scientifiques pour tester la présence possible de transgènes « non cibles » dans les aliments et les cultures. L'absence d'impact significatif de ces transgènes (principalement protéines) sur le produit suggère qu'en matière réglementaire, l'attention serait peut-être plus utilement concentrée ailleurs – par exemple pour vérifier si un effet est assez important pour justifier les allégations d'un fabricant.

 

________________

 

* Andrew Porterfield est un auteur, éditeur et consultant en communication pour des institutions universitaires, des entreprises et des organismes sans but lucratif du domaine des sciences de la vie. Il est basé à Camarillo, Californie. On peut le suivre sur Twitter @AMPorterfield.

 

Source : https://www.geneticliteracyproject.org/2016/08/02/gmos-risk-unintended-health-environmental-consequences-critics-maintain/

 

 

Partager cet article

Commenter cet article