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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Pesticides : il est temps de planifier des démonstrations

6 Août 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides

Pesticides : il est temps de planifier des démonstrations

 

 

En titre : « Récolte en danger ». En sous-titre : « Mais que s'est-il passé ». Le graphique : « Sans agronomie moderne, le rendement n'est pas au rendez-vous ». Texte : « Sans protection des plantes, sans engrais minéraux : cela a des conséquences sur les quantité et qualités des récoltes et les prix » (de gauche à droite : blé, orge, autres céréales, colza, pomme de terre, betterave sucrière).

 

 

 

L'information a fait le tour du monde avant de nous parvenir : par l'incontournable Genetic Literacy Project qui a relayé un article d'ABC, l'Australian Broadcasting Corporation, intitulé : « German farmers battling to change minds on glyphosate before the chemical is banned » (des agriculteurs allemands se battent pour changer les opinions sur le glyphosate avant que la substance ne soit interdite).

 

Le glyphosate est en sursis pour, en principe, 18 mois, jusqu'à la fin de 2017. Le cirque « bruxellois » que nous venons de connaître se reproduira probablement dans la deuxième moitié de l'année prochaine. En France, l'interdiction des néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018 constitue un défi supplémentaire pour les agriculteurs.

 

Du reste, cette interdiction à peine adoptée par l'Assemblée nationale, la nébuleuse Pollinis s'est mise en chasse pour faire interdire « de nouveaux néonicotinoïdes cachés tels que le Sulfoxaflor ou le Flupiradifurone, dont les effets sont tout aussi nocifs sur les abeilles ». Qu'ils ne soient pas des néonicotinoïdes ne rebute pas l'industrie de la pétition (et de la collecte d'adresses courriel) : il suffit de les appeler « néonicotinoïdes cachés » – cachés à l'image d'un précédent qui permet à des vandales de maintenir leur dextérité dans le fauchage

 

Les très mauvaises récoltes de cette année offrent aussi l'occasion d'expliquer les mérites de notre système agricole à la bien-pensance qui aime tant mordre la main qui les nourrit : en d'autres temps, une telle année climatique aurait débouché sur des famines. L'explication, ce n'est pas vraiment le créneau de Cash Investigation, mais il doit bien y avoir encore quelques producteurs et réalisateurs qui ont le respect de la déontologie journalistique et du téléspectateur.

 

L'article de la presse australienne décrit des initiatives prises par des agriculteurs allemands au cours de la campagne passée.

 

L'opération avait été menée sur 600 sites au bord des routes et sur des parcelles facilement visibles.

 

Un champ de blé envahi par les mauvaises herbes

 

 

« Regardez le champ ! »

 

Si une telle opération devait se faire en France, il faudrait la planifier sans délai.

 

 

D'un autre article d'ABC, « Bauer Willi: Germany's most famous farmer, trying to connect with consumers » (Willi l'Agriculteur : l'agriculteur allemand le plus célèbre, essaie de reconnecter les consommateurs) :

 

« Ce qui est surprenant, c'est la réaction à la rudesse délibérée de Willi l'Agriculteur quand il dit aux consommateurs exactement comment il se sent et pourquoi il pense qu'ils laissent tomber les agriculteurs.

 

"Les gens parlent tout le temps de bien-être animal, mais la part de marché de la viande bio en Allemagne est de 1,0 pour cent" a-t-il dit.

 

"Comment allons-nous produire si vous ne payez pas pour cela ?"

 

Il croit que les agriculteurs du monde entier se cachent derrière les faits et la science, mais ne se livrent pas émotionnellement avec la communauté.

 

"Nous avons besoin de toucher le cœur de nos citoyens, pas seulement le cerveau", dit-il.

 

"Nous avons un grand nombre de problèmes avec les citoyens, c'est qu'ils ont peur... des pesticides, des engrais, des OGM et ainsi de suite."

 

C'est sa volonté d'aborder ces débats complexes avec les consommateurs et leurs avocats qui rend Willi l'Agriculteur si différent.

 

Mais malgré tous ses efforts, il ne pense pas que ses campagnes réussissent à changer les esprits – pas encore.

 

"Quelqu'un m'a dit qu'entre entendre et faire différemment, il faut cinq ans ; je viens juste de commencer", a-t-il dit.

 

Willi l'agriculteur

 

Parler à l'émotion ne doit pas rester l'apanage des promoteurs de l'agriculture idéologique et des marchands de peur.

 

 

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