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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les communicateurs scientifiques condamnent la censure de « We Love GMOs and Vaccine » par Facebook

15 Août 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Activisme

Les communicateurs scientifiques condamnent la censure de « We Love GMOs and Vaccine » par Facebook

 

Genetic Literacy Project*

 

 

 

 

Même si la page a été rétablie entre-temps, ce commentaire reste d'actualité.

 

Ce fut pour Facebook une démarche très inhabituelle car il prend d'habitude son temps, un mois voire plus, avant même d'examiner s'il convient de restaurer une page censurée. La mobilisation contre la manœuvre du monde de l'anti-science n'y est sans doute pas étrangère.

 

 

Capture d'écran, 04/08/2016 à 7.54.06 p.m.

 

 

La page We Love GMOs and Vaccines sur Facebook, qui suit les mouvements anti-science les plus notoires, a subi une nouvelle attaque par une meute de militants dans laquelle des anti-vaccins et des militants opposés à la technologie GM ont coordonné un grand nombre de plaintes pour obtenir de Facebook la fermeture de la page. Voici, ci-dessus, ce que vous voyez quand vous allez sur le site.

 

La meilleure manière, semble-t-il, d'arrêter le dialogue et d'occulter des faits est de faire taire les critiques. Facebook a été dupé par une bande de fanatiques rusés et doit corriger l'astuce des plaintes suscitées par une campagne militante ; des plaintes qui peuvent être exploitées pour faire fermer n'importe quel site.

 

 

[Pour lire le compte rendu de Stephen Neidenbach, le fondateur de We Love GMOs and Vaccines, de la fermeture, veuillez vous reporter à : « Facebook se couche devant les militants anti-science et ferme "We Love GMOs and Vaccines" ».]

 

 

Des acteurs comme Joseph Mercola, le vendeur de produits naturels et de charlatanisme, ou Gary Ruskin, le directeur du US Right to Know – un site financé par le secteur du bio qui cherche à nuire à la crédibilité des scientifiques conventionnels –, peuvent certes penser que leur statut, les ventes de leurs livres et leurs accords de parrainage sont menacés par des personnes qui sont en désaccord avec eux et avec leur vision étriquée du monde ; mais faire fermer des sites critiques et des pages de réseaux sociaux est loin d'être démocratique. Voulons-nous vraiment vivre dans un monde où nous sommes tous obligés d'écouter leurs points de vue, et seulement eux ?

 

Je n'ai pas de problème avec les anti-science qui croient en la puissance mystique du gingembre, des pratiques agricoles médiévales ou au fait allégué que l'industrie pharmaceutique cherche par tous les moyens à provoquer des maladies. C'est leur droit de faire en sorte que des innocents partagent ces craintes et leur en retour donnent leur argent ; mais il appartient aux gens qui font confiance à la science et à l'industrie de faire mieux qu'eux et de communiquer un message clair. J'ai cependant un sérieux problème quand ces gens se regroupent pour faire taire, par une manœuvre, les outils de dialogue comme Facebook et faire censurer le partage des informations des autres, de leurs données et de leurs positions opposées.

 

Censurer des points de vue opposés et clore le débat relève du fascisme et ne rend pas service au mouvement vert/bio qui finance et soutient ce genre d'activité. Je sais que la plupart des personnes qui suivent ces militants sont de bonnes personnes et ne toléreraient pas sciemment un tel comportement. Quelque chose doit être fait pour inculquer une approche plus éthique de la façon dont le débat est mené. Les gens qui se cachent derrière cet abus le plus récent du processus de dialogue sont sans vergogne – ils sont dépourvus de boussole morales – et les leaders du lobby du bio doivent se prononcer contre eux.

 

David Zaruk, le Risk-monger

 

 

Voici quelques réactions d'autres communicateurs scientifiques. Nous sommes unis pour déclarer que ce comportement contraire à l'éthique est intolérable.

 

 

Nous voyons l'information scientifique supprimée grâce à deux tactiques principales. Tout d'abord en attaquant ou discréditant le messager plutôt que les éléments de preuve. Si cela échoue, les opposants cherchent et trouvent un moyen d'empêcher le public de voir les éléments de preuve. Il est triste de voir des voix réduites au silence, en particulier celles qui présentent un message conforme au consensus scientifique. Les voix de la science et de la raison ne doivent jamais mettre en œuvre ces tactiques.

 

-Kevin Folta, Professeur, Université de Floride

 

 

Nous avons tous été victimes des groupes anti-science qui pratiquent la diffamation et la fraude, et mènent des campagnes de dénigrement et de cyber-terrorisme. Les groupes pro-science, y compris les entreprises, que les militants diabolisent, ne se livrent pas à ce genre de comportement parce que personne ne peut se faire embaucher dans le secteur privé ou dans un organisme à but non lucratif de bonne réputation s'il manque à l'éthique.

 

-Hank Campbell, président, American Council on Science and Health, fondateur de Science 2.0

 

 

Je condamne cette attitude contre le débat scientifique et la pensée libre.

 

-Marcel Kuntz, directeur de recherche au CNRS (France)

 

 

S'il est vrai qu'il s'agit d'une attaque délibérée afin de virer We Love GMOs and Vaccines de Facebook, alors cela ne peut s'être produit que sous la forme d'une attaque coordonnée par ceux qui se sentent menacés par le message de Stephan. C'est particulièrement ironique parce que les deux aspects de la page Facebook vont chagriner certaines des mêmes personnes : un grand nombre des opposants les plus virulents contre les OGM font également campagne contre les vaccins, comme la Organic Consumer Association, qui s'oppose aux vaccins et affirme que les remèdes vitaminiques peuvent guérir du virus Ebola. Les mèmes anti-science se multiplient sur Internet, et nous avons grandement besoin de mesures correctives, de voix qui s'expriment sur la base de preuves, comme We Love GMOs and Vaccines.

 

-Mark Lynas, Visiting Fellow, Cornell Alliance for Science

 

 

La page We Love GMOs and Vaccines a été une voix importante pour le plaidoyer en faveur de la science – en suscitant des débats et une riche conversation avec ses 70K de suiveurs. Maintenant, il semble qu'un groupe d'activistes anti-science, pro-censure veut abattre Stephan Neidenbach et la page WLGV. Les faits, les preuves et la science menacent leur caisse de résonance, de sorte qu'ils ont décidé de cibler la page encore et encore, de censurer le contenu pro-science de la page Facebook. Stephan et les autres contributeurs de We Love GMOs and Vaccines travaillent si dur pour promouvoir la science, démonter les mythes et promouvoir le travail des scientifiques, des défenseurs de la science et des auteurs comme moi. Donc, il est injuste – diable, il est tout simplement ridicule – qu'un petit groupe de personnes puisse obtenir l'interdiction d'une page Facebook tout simplement parce qu'elles sont en désaccord avec son contenu. C'est particulièrement ridicule quand on considère que le contenu « répréhensible » N'EST QUE DE LA SCIENCE ! La science est inacceptable ? La science est choquante ? Les gens qui détestent les OGM et les vaccins sont les bienvenus quand ils marquent leur désaccord sur la page et le crient sur les toits, mais ils ne devraient pas avoir le pouvoir de supprimer le contenu de Facebook. Facebook devrait avoir un meilleur mécanisme pour faire face à ces croisés anti-science.

 

-Jenny Splitter, auteur, contributrice de Grounded Parents

 

 

Plaider pour la science est plus important que jamais. La recherche devient de plus en plus complexe et le public a le droit de comprendre ce que la science et les scientifiques sont en train de faire. Dans le même temps, il est de notre devoir de nous assurer que la désinformation et les mensonges soient explicitement contestés. Les groupes de défense comme We Love GMOs and Vaccines subissent de plus en plus les tirs d'une petite minorité de militants qui ont succombé à des idéaux frauduleux. Des idéaux qui les autorisent à harceler et mettre en danger des vies. Certes, ils ont pu mettre à profit dans ce cas un défaut dans le système de notification de Facebook, mais il y a aussi eu des cas graves de menaces à l'encontre de chercheurs publics avec des lettres piégées et des atteintes à leur vie privée. Cela a en grande partie une seule origine ; nous, en tant que scientifiques et défenseurs, devons faire plus pour convaincre les gens que la science est merveilleuse et lumineuse pour notre avenir. Nous ne devrions pas être l'ennemi, le seul combat dans lequel la science devrait être impliquée est le combat contre l'ignorance.

 

-James Gurney, microbiologiste et promoteur de la science (The Ligue des Nerds)

 

 

Le contrôle du contenu sur Facebook devrait être fondée sur un examen sérieux. Il ne devrait jamais être possible pour des foules de mener des attaques organisées pour faire taire un site respecté.

 

-Susanne Günther, Auteur

 

 

La suppression des points de vue honnis est une des techniques classiques du totalitarismes qui n'a pas sa place dans les sociétés libres et démocratiques. Le genre de harcèlement ciblé et d'agression calomnieuse auxquels M. Neidenbach a été soumis, avec la complicité inattentive de Facebook, est corrosive pour les valeurs essentielles de la liberté. Facebook doit rétablir immédiatement ses pages et sanctionner les comptes à l'origine des attaques. Facebook doit également faire preuve de davantage de vigilance pour anticiper et prévenir une telle subversion intolérable des valeurs d'une société ouverte. Trop de choses sont en jeu, Faczbook ne peut pas faire moins.

 

-Val Giddings, Ph.D. (génétique)

 

 

Les gens qui ont un programme d'alarmisme – qu'ils essaient de vendre des produits et des remèdes ou de recueillir des dons et des votes – n'aiment pas les faits fondés sur des preuves et tentent de se soustraire aux questions critiques et aux discussions. Une tactique bien établie, de longue date, sur les réseaux sociaux a consisté à accuser les utilisateurs critiques de ces réseaux d'être des « vendus » aux industries fondées sur la science, et à les bloquer pour qu'ils ne puissent pas commenter sur les sites Twitter et Facebook des lobbyistes. Cette usage est déjà courant pour de nombreux partis verts européens.

 

Toutefois, cela ne supprime pas les éléments de preuve du Web. La nouvelle tactique est donc d'essayer de faire taire les chercheurs et les groupes prônant la science. Aux États-Unis, cela se fait par l'intermédiaire de demandes en vertu de la législation sur l'accès à l'information déposées par des ONG contre les chercheurs qui ne partagent pas le point de vue de ces ONG (que ce soit au sujet de la science du climat, des OGM, des pesticides, de l'agriculture, de l'expérimentation animale, ou de la pêche). Ces demandes consomment beaucoup de temps et d'argent public. En parallèle, les militants anti-science ont commencé à utiliser des tactiques minutieusement orchestrées qui consistent à inonder les réseaux sociaux de demandes, exploitant leurs algorithmes, pour faire taire les sites considérés comme interférant dangereusement avec les agendas des lobbyistes.

 

Ils justifient ces approches par le « bien » de l'environnement, de la planète et de la vie en général. Cependant, cela sape dangereusement la liberté d'expression, ainsi que la science et la recherche ; c'est de la censure et de la dictature, et une dérive vers l'éco-fascisme. Cela coûte déjà des vies, par exemple en faisant peur aux gens et en les incitant à renoncer à des traitements qui sauvent des vies et à des mesures préventives telles que la vaccination, ou en privant les agriculteurs du Tiers-Monde de l'accès à des technologies qui, autrement, augmenteraient leur productivité et leur permettraient de nourrir davantage de gens. Nous devons mettre un terme à cette évolution.

 

-Ludger Wess, auteur scientifique

 

 

Ainsi, la vache mauve est une nouvelle fois dans le collimateur des activistes. Une fois de plus, la foule a réussi à faire fermer la page Facebook de We Love GMOs and Vaccines, cette fois-ci peut-être pour de bon. Les amis, ces tactiques sont enfantines ! Sérieusement, harceler une page Facebook et la faire fermer ? En termes de débat public, ces actions reviennent à enfoncer ses doigts dans ses oreilles et criant : « Nan ! Nan ! Nan ! Je ne peux pas vous entendre ! » C'est tenter de prendre son adversaire au collet pour essayer de le forcer à se taire, au lieu d'écouter ses arguments et d'essayer de les contrer avec ses propres arguments. Oui, nous le savons tous, la dissonance cognitive est une chose douloureuse. Il est difficile d'écouter, et bien plus d'examiner, les idées qui vont à l'encontre de nos chères croyances. Mais écouter nous devons. Agir autrement, c'est succomber à la crainte. Et la peur, qu'elle soit personnelle ou sociétale, est une norme de conduite étriquée et dangereuse.

 

-Michael Robin, auteur scientifique

 

 

La suppression de la page de Stephan Neidenbach We Love GMOs and Vaccines (WLGV) devrait faire peur à tous nous. Ce n'était pas simplement une question de désaccord avec ses idées sur la science, les OGM et les vaccins ; il s'agissait de le faire taire pour que personne d'autre ne pût entendre ses opinions. Contrairement à d'autres pages, la mienne n'est ni une page sceptique, ni une page de la science. Je ne fais pas de « science ». Pourtant, je comprends la science et la communauté scientifique, et je suis capable de reconnaître la futilité de l'eau alcaline, sans gluten, quand je la vois. Stephan est une de ces personnes auxquelles je m'adresse quand je veux de la science. Il y a des appels à des mesures de rétorsion contre les pages de pseudo-science sous la forme de dénonciations à Facebook. C'est tentant, mais ce serait une erreur. Dans la bataille pour le vaste monde des gens qui n'ont pas fait leur choix sur les causes pour lesquelles nous nous battons tous les jours, j'ai trouvé que l'humour, l'ironie et, parfois, la moquerie sur des positions extrêmement ridicules sont beaucoup plus efficaces. Il y a matière à flatter partout et la suppression d'une page ou d'un groupe Facebook en représailles ne va convaincre personne de quoi que ce soit. Les gens vont simplement chercher ailleurs ce qui flatte. La chose la plus efficace que nous puissions faire en réponse à la suppression de WLGV est de se moquer, de partager d'autres pages scientifiques, et de plaider pour la réforme de l'algorithme Facebook tant redouté de sorte qu'il ne soit plus si facile de l'utiliser à mauvais escient.

 

-Chow Babe, blogueuse de Food Science

 

 

Je suis déçu et quelque peu surpris que Facebook se soit laisser manipuler. Cette plate-forme de réseaux sociaux est une source majeure de partage de la désinformation ; il serait dès lors logique de protéger activement la parole qui est conforme au consensus de la communauté scientifique. Je ne suis pas surpris que ce genre d'attaque vienne de ceux qui sont opposés à la vaccination et à la biotechnologie moderne. La peur et la manipulation émotionnelle ont toujours été des éléments de leurs tactiques, et leur ordre du jour est particulièrement menacé par les personnes qui ont accès à des informations, des faits,des perspective, etc. de qualité.

 

-Steve Savage, scientifique agricole

 

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Source : https://www.geneticliteracyproject.org/2016/08/04/science-communicators-condemn-facebooks-censorship-pro-science-love-gmos-vaccines/

 

 

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