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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le dernier rapport de l'ANSES et la chasse aux sorcières du Monde : BASF répond

8 Août 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Activisme

Le dernier rapport de l'ANSES et la chasse aux sorcières du Monde : BASF répond

 

 

 

 

Rappels

 

Dans un précédent billet, « L'ANSES, son rapport sur les expositions professionnelles aux pesticides, et le Monde », nous vous avions proposé une analyse d'un article fort déplaisant, à notre goût, de M. Stéphane Foucart, « Embarras autour d’un rapport explosif sur la nocivité des pesticides ».

 

L'auteur y a mis en cause, en particulier, l'intégrité d'une des membres du groupe de travail de l'ANSES, Mme Sonia Grimbuhler, chercheuse à l'Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (IRSTEA, anciennement CEMAGREF). Voici le morceau d'anthologie « macmondiste » :

 

« Ce n’est pas tout : Mme Grimbuhler n’a pas consigné dans sa déclaration d’intérêts tous ses liens avec l’industrie des pesticides. L’une de ses collaborations avec l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) y est bel et bien mentionnée, mais, contactée par Le Monde, la chercheuse reconnaît avoir "omis d’indiquer le projet pédagogique Educ’risk", un logiciel développé en collaboration avec la société agrochimique BASF Agro, réalisé "dans le cadre de [s]es fonctions à l’Irstea". Mardi 26 juillet, Mme Grimbuhler disait avoir rectifié sa déclaration d’intérêts, mais que celle-ci "ne sera disponible que dans quelques jours" ».

 

Nous en avions déduit :

 

« Une institution publique et un producteur de produits de protection des plantes collaborent pour améliorer la sécurité des utilisateurs desdits produits... Mme Grimbuhler collabore au programme de travail de son employeur... Mme Grimbuhler a un conflit d'intérêts... »

 

Notons que dans le cas de la collaboration avec l'UIPP, les paiements, s'il y en a eu, ont été faits à l'IRSTEA.

 

Un aveu ? On peut rêver...

 

 

En défense de Mme Grimbuhler...

 

BASF a mis en ligne le 29 juillet 2016 une lettre ouverte. Gageons que vous ne la lirez pas dans le Monde... Elle commence par une description du projet conjoint du CEMAGREF et de BASF :

 

Il est regrettable que Stéphane Foucart n’ait pas pris soin de vérifier ces informations directement auprès de notre société, ce qui aurait évité à ce scoop de faire pschitt :

 

 

  • La collaboration que dénonce le journaliste porte sur la mise au point d’un logiciel "Educ’risk", pour lequel l’IRSTEA a apporté sa connaissance de terrain sur tous les risques auxquels un agriculteur est confronté dans son activité de tous les jours sur une exploitation agricole. Ce logiciel ne fait, à aucun moment, la promotion des produits phytosanitaires, il vise juste à contribuer, de manière pédagogique, à sensibiliser et former les agriculteurs et techniciens aux bonnes pratiques agricoles pour justement réduire l’exposition aux produits phytosanitaires! Ce logiciel a été mis gratuitement à disposition du monde agricole et BASF a formé directement 4210 professionnels depuis 2012.

 

Nous avons aussi retrouvé le communiqué conjoint du CEMAGREF et de BASF (ouvrez le PDF pour le confort de lecture).

 

Le dernier rapport de l'ANSES et la chasse aux sorcières du Monde : BASF répond

...stop à la fabrique de pseudo-scoops, de conflits d'intérêts inexistants... du doute !...

 

BASF cogne fort :

 

« Permettez-nous, à notre tour, de vous décrire notre embarras à la lecture de cet article qui, en associant le nom de notre entreprise à une scientifique, en affirmant révéler de pseudo-scoops et en voyant des conflits d’intérêts là où ils n’existent pas, continue d’alimenter le doute sur l’intégrité des scientifiques et des entreprises comme la nôtre. Cette méthode rappelle étrangement celles dénoncées par vous-même dans le livre intitulé "La Fabrique du Mensonge" où vous dénonciez la pratique du doute. Attention à ne pas alimenter involontairement un populisme ambiant où le fait d’avoir croisé le chemin d’un industriel suffirait à discréditer le scientifique et son avis. C’est une méthode bien commode utilisée par les censeurs pour museler les avis scientifiques contradictoires pourtant potentiellement utiles aux avancées de la connaissance. En ce sens, il est dommageable, pour la bonne compréhension des lecteurs du Monde, d’avoir balayé les arguments des deux scientifiques "sécessionnistes" alors que le Monde s’était largement fait l’écho d’un même comportement "sécessionniste" de Monsieur Yves Bertheau du HCB dans des articles les 6 et 12 avril 2016. »

 

 

...et stop à l'apartheid public-privé

 

« Enfin, permettez-nous également, de vous décrire notre embarras à la lecture d’un article qui semble reprocher à une entreprise et à un organisme public d’avoir travaillé ensemble sur un outil pédagogique permettant de mieux protéger les agriculteurs utilisateurs de pesticides (qu’ils soient conventionnels ou bios) ce que l’Anses appelle justement à améliorer dans son rapport... »

 

 

Que font l'ANSES et l'IRSTEA ?

 

Ces deux organismes ont-ils l'intention de défendre aussi leur collaboratrice ?

 

Ont-ils l'intention de faire de la pédagogie sur les modalités de la recherche, du développement, de la vulgarisation, de l'information, etc. ? Et partant la notion de conflit d'intérêts ?

 

Ou faut-il croire qu'il y a une politique délibérée – qu'elle soit le fruit d'une décision positive en ce sens, d'un manque d'intérêt ou de la pusillanimité – consistant à laisser le champ libre à tous les censeurs d'opinions qui déplaisent auxdits censeurs ?

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