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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Néonicotinoïdes : l'Assemblée nationale a persisté

24 Juillet 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Néonicotinoïdes, #Pesticides, #Politique

Néonicotinoïdes : l'Assemblée nationale a persisté

 

 

La très subtile communication de France Nature Environnement... On ne savait pas que les abeilles avaient disparu...

 

 

Pas de diméthoate... pas de cerises

 

Commençons par une digression : France 3 Rhône-Alpes a produit une intéressante analyse, « Rhône: les cerisiers victimes de la Drosophila Suzukii ». Dans l'introduction :

 

« L'interdiction d'utiliser le diméthoate, insecticide désormais interdit, se fait sentir en ce mois de juillet, de nombreux vergers sont condamnés. »

 

Mais l'essentiel n'était-il pas, pour le Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt et porte-parole du Gouvernement Stéphane Stéphane Le Foll de répondre à l'hystérie anti-pesticides – à laquelle il contribue du reste de bon cœur ? Tant pis pour les producteurs qui, dans le Rhône, ne ramasseront pas les dernières cerises ; et tant pis aussi pour les consommateurs au porte-monnaie peu garni.

 

 

Interdiction dès 2018 et dérogations pour qui croit aux promesses

 

 

Répondre à l'hystérie, c'est ce qui s'imposait aussi pour les néonicotinoïdes.

 

L'Assemblée nationale a adopté le 20 juillet 2016, en « lecture définitive » la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. S'agissant des néonicotinoïdes, elle a repoussé trois propositions d'amendement de teneur identique tendant à reprendre le mécanisme du Sénat avec une date butoir au 1er juillet 2020 (texte de M. Christian Jacob et de la droite ici).

 

On en reste donc à l'interdiction des néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018, avec possibilités de dérogations jusqu'au 1er juillet 2020. Pour le texte, voir ici sur le site de l'Assemblée nationale (article 51 quaterdecies) ou ici, sous « Le texte de l'Assemblée nationale soumis au Sénat ».

 

 

Une « grande avancée »...

 

Les débats parlementaires ne sont pas inintéressants.

 

Sans surprise, Mme Barbara Pompili, Secrétaire d’État auprès de la Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le climat, chargée de la biodiversité (le deuxième « chargée... » se rapporte à Mme Pompili) a trouvé qu'il s'agissait d'une « grande avancée ».

 

 

Après avoir raillé la cacophonie gouvernementale sur ce sujet et d'autres, M. Bertrand Pancher assène :

 

« Nous sommes désolés de la position finale adoptée sur les néonicotinoïdes. Alors que le groupe UDI avait ardemment défendu une position équilibrée et de bon sens, que nous étions près d’atteindre, à savoir une interdiction progressive, en fonction des alternatives connues et moins nocives que les produits néonicotinoïdes, et que l’amendement adopté au Sénat répondait à nos attentes, tout a été remis en cause par votre amendement, madame la rapporteure, fixant une interdiction au 1er septembre 2018. On marche sur la tête ! Il est encore temps de retrouver l’équilibre. Comment allons-nous expliquer aux agriculteurs, qui subissent une des moissons sans doute les plus pourries de leur histoire, que demain toute forme de traitement sera interdite en l’absence de produit de substitution ? Allez le leur expliquer, madame la secrétaire d’État et chers collègues. »

 

M. Stéphane Claireaux :

 

« Je n’oublie pas la question à la fois complexe, médiatique et polémique des modalités de l’interdiction des néonicotinoïdes. Notre groupe soutient majoritairement un compromis sur une interdiction progressive avec une mission pérenne de vigilance donnée à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’ANSES. Cette interdiction ne peut pas raisonnablement s’appliquer partout et immédiatement sans concertation ni expertise scientifique préalables. Nous sommes tous d’accord pour reconnaître que nous devons interdire à terme les néonicotinoïdes, mais progressivement et une fois les produits de substitution disponibles, même si ces produits sont plus chers. Il serait irresponsable d’ordonner à un agriculteur de rester passif devant la dévastation de ses cultures, sans lui proposer aucune solution. »

 

« ...il serait irresponsable... » ? C'est précisément ce que notre représentation vient de faire. Des usages qui ne posent pas de problème particulier (tels les traitements en serre) et les usages pour lesquels il n'y a pas d'alternative seront interdits en 2018 (sachant que les dérogations seront hors de portée).

 

 

La dictature de l'activisme

 

Mais que vaut l'intérêt des agriculteurs, de l'agriculture, de notre alimentation et, au final, de notre économie ? Mme Barbara Pompili :

 

« Ensuite, c’est ce qu’attendent nos concitoyens, puisque près de 700 000 personnes ont signé une pétition demandant l’interdiction de ces produits. Nous devons nous préoccuper de la protection de l’environnement, de la sauvegarde des pollinisateurs et de la santé des personnes, en particulier des agriculteurs eux-mêmes. En France, je le rappelle, plus d’1 million de professionnels du secteur agricole sont potentiellement exposés aux pesticides. Nous savons que les données manquent. C’est le sens de l’autosaisine de l’ANSES, qui date de 2011, pour mener une expertise collective visant à évaluer ces risques ; le rapport sera publié à l’automne. Dans cet esprit, avec Ségolène Royal et Marisol Touraine, j’ai aussi saisi l’ANSES, en avril, à propos de l’évaluation de l’impact sur la santé publique des produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes ; ce rapport est attendu à la fin de l’année. »

 

 

On peut railler ce salmigondis incohérent – nous ne savons pas vraiment, mais cela n'empêche pas d'avancer un chiffre. On peut critiquer cette politique de gribouille – décidons maintenant, les bases pour une décision cohérente viendront après (si tant est que l'ANSES peut s'élever au-dessus des contingences politiciennes). On peut s'offusquer de la vision en tunnel – les personnes passent après l'environnement et les pollinisateurs.

 

Il y a cependant bien pire dans cette vision : « près de 700 000 personnes ont signé une pétition... »

 

Le pouvoir exécutif – qui a aussi l'initiative des lois – se couche et s'aplatit devant les producteurs de désinformation, les fabricants d'opinions artificielles, les artistes des pétitions fallacieuses. Une minorité agissante, superbement organisée et disposant de soutiens, exploite les facilités de l'Internet et des réseaux dits sociaux pour collecter des paraphes non vérifiés de moins de 2 % de la population française. Et cela devient « ce qu’attendent nos concitoyens » et ce que, le doigt sur la couture du pantalon, notre Parlement doit mettre en œuvre...

 

On reviendra – peut-être – à plus de raison sur la question des néonicotinoïdes après les prochaines élections.

 

La vraie question est celle de la démocratie face au pouvoir des réseaux sociaux non maîtrisé.

 

 

C'est la faute aux « lobbies »...

 

La preuve par l'exemple : comment le Monde a-t-il rendu compte de l'adoption de la loi dans ; « Loi sur la biodiversité : la France bannit les pesticides tueurs d’abeilles » ?

 

« Le résultat est pourtant en demi-teinte. Au long de son examen, ce projet de loi a en effet été soumis aux lobbys des chasseurs, des agriculteurs et des industriels de l’agrochimie, de l’huile de palme ou de la pêche en eaux profondes. »

 

On n'est pas allé assez loin dans la stupidité, par exemple en renonçant à l'usine à gaz de la taxe spéciale sur l'huile de palme, alors que la solution simple consiste à relever la taxe ordinaire... c'est la faute aux lobbies et la lutte continue. Les néonicotinoïdes doivent rester des « pesticides tueurs d'abeilles ».

 

Le Figaro utilise un titre similaire, mais donne au moins la parole à la filière agricole.

 

 

...et les pressions continuent

 

Curieuse manière de rendre compte et d'informer : France Inter met l'accent sur les dérogations et propose un étrange intertitre : « L'interdiction des néonicotinoïdes ne sera pas réelle » !

 

Il est vrai que le lecteur a droit, quasiment d'emblée, au spécialiste de la désinformation :

 

« "Dans la pratique, l'interdiction des néonicotinoïdes ne sera donc pas réelle avant 2020!", explique l'ONG Générations futures. "Sachant qu'ils déciment environ 300.000 colonies d'abeilles tous les ans en France, ce sont 1,2 million de colonies dont l'Assemblée vient de décider de la disparition", détaille l'association. "Le gouvernement doit se reprendre" estime-t-elle. »

 

D'où sortent les 300.000 colonies ? Et le lien direct qui est fait entre la perte de ces colonies et les néonicotinoïdes ? Sans compter la suite. Décidément, tout est permis pour la désinformation !

 

Rappelons que le recensement apicole est déficient et que les apiculteurs semblent répugner à répondre aux enquêtes.

 

Néonicotinoïdes : l'Assemblée nationale a persisté

Sept organisations ont publié un communiqué commun :

 

« Nos associations se réjouissent de cette disposition tout en soulignant que le combat contre les intrants chimiques ne fait que commencer tant leurs dégâts sur la santé et l’environnement sont immenses. Leur retrait nécessite une prise de conscience générale et des moyens importants pour réussir une transition agricole inéluctable. »

 

Le « combat... » ? Ben quoi ! Faut bien faire tourner le fond de commerce.

 

 

Les gesticulations de l'UNAF

 

On ne pouvait qu'attendre une gesticulation de l'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF). On la trouve par exemple sur France Info avec « Néonicotinoïdes interdits : "D'ici 2018, des apiculteurs vont être sinistrés, mais c'est un pas dans le bon sens" (G. Lagneau, UNAF) ». Là encore, on aimerait voir les preuves, les apiculteurs sinistrés, de manière démontrée, à cause des néonicotinoïdes.

 

Il est difficile de réconcilier la thèse des néonicotinoïdes avec la variabilité des pertes selon les régions, et surtout selon la qualité des traitements contre Varroa.

 

Néonicotinoïdes : l'Assemblée nationale a persisté
Néonicotinoïdes : l'Assemblée nationale a persisté

Mais on retiendra aussi ceci de l'UNAF :

 

« Tous les ans, on perd 300.000 colonies en France, et 30% de pertes, c'est énorme. Les apiculteurs doivent faire face à ça depuis des années, de par des pratiques très peu recommandables. Ce n'est pas normal que certains agriculteurs disent qu'il n'y a pas d'alternatives. Elles existent, comme la rotation des cultures. »

 

Ces propos de M. Lagneau sont ambivalents. Ils imputent implicitement l'ensemble des pertes – même celles qui sont considérées comme « normales » et les pertes dont les causes sont identifiées comme... le vol – aux pratiques des agriculteurs. C'est d'autant plus détestable que la majorité des apiculteurs ont de bonnes relations avec les agriculteurs (quand ils ne sont pas eux-mêmes agriculteurs).

 

Et, là encore, il y a un hiatus entre les déclarations et les constatations de l’observatoire des pertes hivernales de cheptel en France (enquête COLOSS 2015).

 

Néonicotinoïdes : l'Assemblée nationale a persisté

Pour le Réseau Biodiversité pour les Abeilles,

 

« Bonne surprise pour les apiculteurs en ce début de saison apicole : les mortalités dʼhiver observées sont à des niveaux très faibles : moins de 10% en moyenne. Seules les ruches insuffisamment nourries en fin dʼété ont eu du mal à passer lʼhiver. Et le constat est homogène sur lʼensemble de lʼhexagone. ».

 

Selon les chiffres préliminaires de l'enquête internationale Coloss, les pertes s'établissent à 13,4 % (488 réponses – seulement – représentant 36734 colonies).

 

Il n'y a pas que la gesticulation sur les chiffres des pertes :

 

« Ce long combat contre les néonicotinoïdes a été entravé par de nombreux lobbies qui "ont fait de fortes pressions pour ne pas que ces lois sortent", a rappelé Gilles Lagneau. "On voit très bien que depuis qu'il y a un débat là-dessus, il y a une augmentation de ces produits. On sait qu'il y a un gros démarchage auprès des agriculteurs", a-t-il estimé. »

 

Les gens d'« en face »... ce sont de « nombreux lobbies »... Rien à voir avec la gentille coalition de bien-pensants et bien-agissants dont l'UNAF est un élément. Et au-delà de la logique foireuse du post hoc, propter hoc, il y a ce propos sur le « démarchage » qui prend les agriculteurs pour des imbéciles.

 

La profession apicole ne semble pas être sur la même longueur d'onde que l'UNAF. Sur France 3 Régions-Auvergne, c'est : « Interdiction des néonicotinoïdes : la satisfaction des apiculteurs auvergnats ».

 

Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles a écrit le 6 avril 2016 :

 

« Les surenchères politico-médiatiques sur l'abeille et les cafouillages ministériels sur le dossier des utilisations professionnelles des phytosanitaires aggravent la fracture entre apiculture et agriculture et constituent des entraves pour agir localement avec pragmatisme et réalisme. Les postures de communication ne servent pas à la promotion dʼune apiculture professionnelle. »

 

Ce constat reste vrai même après la victoire à la Pyrrhus des lobbies anti-pesticides.

 

 

Les Républicains saisissent le Conseil constitutionnel

 

Selon France 3 Régions-Auvergne :

 

« Ce vendredi, les députés Les Républicains ont annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel sur le projet de loi sur la reconquête de la biodiversité adopté cette semaine au Parlement.

 

Ils contestent notamment l'interdiction néonicotinoïdes, affirmant que cette interdiction viole à la fois le règlement européen sur la question et le principe de la liberté d'entreprendre. »

 

Nous ferons humblement observer qu'il est difficile de contester cette interdiction quand on l' soi-même proposée, certes selon un mode opératoire différent.

 

 

 

Encadré ou Capture Biodiversité 4

 

Conclusions de l’enquête pour l’hiver 2014-2015

« Des pertes hivernales significativement plus faibles avec l’utilisation successive de l’Apivar® »

 

Le taux de pertes hivernales obtenu pour la France métropolitaine en 2015 est de 26,6%, en forte augmentation par rapport à celui de 2014 (17,2 %). Il semble donc être revenu à un niveau supérieur à hauteur du taux de pertes moyen enregistré entre 2008 et 2011, de l’ordre de 25 %, après trois années pendant lesquelles il s’était stabilisé à moins de 20 %. De fortes disparités existent toujours entre les régions sans que l’on puisse identifier des tendances locales.

 

Suite

 

 

Pour le Réseau Biodiversité pour les Abeilles,

 

« Bonne surprise pour les apiculteurs en ce début de saison apicole : les mortalités dʼhiver observées sont à des niveaux très faibles : moins de 10% en moyenne. Seules les ruches insuffisamment nourries en fin dʼété ont eu du mal à passer lʼhiver. Et le constat est homogène sur lʼensemble de lʼhexagone. ».

 

Selon les chiffres préliminaires de l'enquête internationale Coloss, les pertes s'établissent à 13,4 % (488 réponses – seulement – représentant 36734 colonies).

 

Il n'y a pas que la gesticulation sur les chiffres des pertes :

 

« Ce long combat contre les néonicotinoïdes a été entravé par de nombreux lobbies qui "ont fait de fortes pressions pour ne pas que ces lois sortent", a rappelé Gilles Lagneau. "On voit très bien que depuis qu'il y a un débat là-dessus, il y a une augmentation de ces produits. On sait qu'il y a un gros démarchage auprès des agriculteurs", a-t-il estimé. »

 

Les gens d'« en face »... ce sont de « nombreux lobbies »... Rien à voir avec la gentille coalition de bien-pensants et bien-agissants dont l'UNAF est un élément. Et au-delà de la logique foireuse du post hoc, propter hoc, il y a ce propos sur le « démarchage » qui prend les agriculteurs pour des imbéciles.

 

La profession apicole ne semble pas être sur la même longueur d'onde que l'UNAF. Sur France 3 Régions-Auvergne, c'est : « Interdiction des néonicotinoïdes : la satisfaction des apiculteurs auvergnats ».

 

Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles a écrit le 6 avril 2016 :

 

« Les surenchères politico-médiatiques sur l'abeille et les cafouillages ministériels sur le dossier des utilisations professionnelles des phytosanitaires aggravent la fracture entre apiculture et agriculture et constituent des entraves pour agir localement avec pragmatisme et réalisme. Les postures de communication ne servent pas à la promotion dʼune apiculture professionnelle. »

 

Ce constat reste vrai même après la victoire à la Pyrrhus des lobbies anti-pesticides.

 

 

Les Républicains saisissent le Conseil constitutionnel

 

Selon France 3 Régions-Auvergne :

 

« Ce vendredi, les députés Les Républicains ont annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel sur le projet de loi sur la reconquête de la biodiversité adopté cette semaine au Parlement.

 

Ils contestent notamment l'interdiction néonicotinoïdes, affirmant que cette interdiction viole à la fois le règlement européen sur la question et le principe de la liberté d'entreprendre. »

 

Nous ferons humblement observer qu'il est difficile de contester cette interdiction quand on l' soi-même proposée, certes selon un mode opératoire différent.

 

Encadré ou Capture Biodiversité 4

 

Conclusions de l’enquête pour l’hiver 2014-2015

« Des pertes hivernales significativement plus faibles avec l’utilisation successive de l’Apivar® »

 

Le taux de pertes hivernales obtenu pour la France métropolitaine en 2015 est de 26,6%, en forte augmentation par rapport à celui de 2014 (17,2 %). Il semble donc être revenu à un niveau supérieur à hauteur du taux de pertes moyen enregistré entre 2008 et 2011, de l’ordre de 25 %, après trois années pendant lesquelles il s’était stabilisé à moins de 20 %. De fortes disparités existent toujours entre les régions sans que l’on puisse identifier des tendances locales.

 

Suite

 

 

Pour le Réseau Biodiversité pour les Abeilles,

 

« Bonne surprise pour les apiculteurs en ce début de saison apicole : les mortalités dʼhiver observées sont à des niveaux très faibles : moins de 10% en moyenne. Seules les ruches insuffisamment nourries en fin dʼété ont eu du mal à passer lʼhiver. Et le constat est homogène sur lʼensemble de lʼhexagone. ».

 

Selon les chiffres préliminaires de l'enquête internationale Coloss, les pertes s'établissent à 13,4 % (488 réponses – seulement – représentant 36734 colonies).

 

Il n'y a pas que la gesticulation sur les chiffres des pertes :

 

« Ce long combat contre les néonicotinoïdes a été entravé par de nombreux lobbies qui "ont fait de fortes pressions pour ne pas que ces lois sortent", a rappelé Gilles Lagneau. "On voit très bien que depuis qu'il y a un débat là-dessus, il y a une augmentation de ces produits. On sait qu'il y a un gros démarchage auprès des agriculteurs", a-t-il estimé. »

 

Les gens d'« en face »... ce sont de « nombreux lobbies »... Rien à voir avec la gentille coalition de bien-pensants et bien-agissants dont l'UNAF est un élément. Et au-delà de la logique foireuse du post hoc, propter hoc, il y a ce propos sur le « démarchage » qui prend les agriculteurs pour des imbéciles.

 

La profession apicole ne semble pas être sur la même longueur d'onde que l'UNAF. Sur France 3 Régions-Auvergne, c'est : « Interdiction des néonicotinoïdes : la satisfaction des apiculteurs auvergnats ».

 

Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles a écrit le 6 avril 2016 :

 

« Les surenchères politico-médiatiques sur l'abeille et les cafouillages ministériels sur le dossier des utilisations professionnelles des phytosanitaires aggravent la fracture entre apiculture et agriculture et constituent des entraves pour agir localement avec pragmatisme et réalisme. Les postures de communication ne servent pas à la promotion dʼune apiculture professionnelle. »

 

Ce constat reste vrai même après la victoire à la Pyrrhus des lobbies anti-pesticides.

 

 

Les Républicains saisissent le Conseil constitutionnel

 

Selon France 3 Régions-Auvergne :

 

« Ce vendredi, les députés Les Républicains ont annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel sur le projet de loi sur la reconquête de la biodiversité adopté cette semaine au Parlement.

 

Ils contestent notamment l'interdiction néonicotinoïdes, affirmant que cette interdiction viole à la fois le règlement européen sur la question et le principe de la liberté d'entreprendre. »

 

Nous ferons humblement observer qu'il est difficile de contester cette interdiction quand on l' soi-même proposée, certes selon un mode opératoire différent.

 

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florin 28/07/2016 15:44

Nier certains faits voudrai dire que vous n'admettez pas ce que les pesticides font comme dégâts.
Je suis apiculteur de loisirs mais enfant, j'ai connu une autre apiculture, plus saine, sans traitements et sans craindre que le champs d'à coté et pulvérisé par des pesticides. Je n'avait pas peur non plus d'ouvrir la ruche au printemps et de trouver plein de réserves et que toutes les abeilles sont mortes positionnés en cercle.(cas typique des pesticides et non pas du froid ou autres raisons)
Je n'avait pas vu non plus des abeille désorientés en raison des pesticides. La plupart des problèmes viennent des pesticides, je le dirai haut et fort car personnellement je ne suis pas dupe. Tout comme je sais que l'on peut faire de l'agriculture sans pesticides a condition de respecter la nature.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui, demandez l'avis des vrais agriculteurs; Il y a l'agriculture bio et ça marche.
Quand au saloperies qui nous arrivent d'autres continents, c'est merci la mondialisation qui n'est intéressante que pour les patrons qui ont déménagé leur entreprises en Chine; Nous, nous payons aussi le prix fort, celui du produit fabriqué en moins cher en Chine, mais aussi, toutes les saloperies qui viennent avec: drosophyla suzukii, frelon asiatique, harmonya axiridis, ...la liste est longue, trouvable en quelques secondes sur internet...
Ou sont nos rivières sans traces de pesticides, ou sont les fontaines que l'on peut boire de l'eau, ou sont les beau papillons et libellules que l'on peut voir uniquement en montagne maintenant?
Arrêtez le théâtre et acceptez la réalité, ce n'est que comme ça qu'on pourra avoir un meilleur avenir pour nos enfants, vivre avec la nature, manger bien, respecter les autres dans leur activité.

Certe, vous citez le problème

Seppi 28/07/2016 18:50

Merci pour votre commentaire.

Procédons dans l'ordre :

1.  « Nier certains faits voudrai dire que vous n'admettez pas ce que les pesticides font comme dégâts. »

Le premier problème est celui, majeur, des « faits ». Les « faits » sont-ils réellement des faits ? L'UNAF est-elle crédible quand elle répète inlassablement que les pertes sont de l'ordre de 30 %, alors qu'il y a d'autres chiffres de sources dignes de foi ? Est-elle (avec d'autres) crédibles quand elle impute ces pertes aux néonicotinoïdes (après avoir incriminé d'autres pesticides comme le fipronil). Qui croire ? Les apiculteurs de l'Ontario qui se sont lancés dans une campagne contre les néonics, avec des groupes manifestement anti-pesticides, ou ceux de l'Alberta qui ont refusé de s'associer à cette campagne (et qui font de grosses miellées).

Le deuxième problème est qu'on peut avoir une certitude, une opinion tranchée ou encore un doute. Ne pas être sur la même ligne que son interlocuteur, ce n'est pas « nier ».

Le troisième problème est celui de la généralisation – « les pesticides ».

Le quatrième problème est celui de la généralisation pour un pesticide particulier. Oui, les néonics sont dangereux pour les abeilles. Mais non, le danger ne se traduit pas par un risque inacceptable pour tous les usages, compte tenu des précautions d'emploi.

2.  C'est ce constat – largement partagé dans le monde de la rationalité – qui mène au constat que la décision – politicienne – des pouvoirs politique et législatif est irrationnelle et, tout compte fait, indécente dans le pays du Siècle des Lumières.

3.  Cette décision est aussi irresponsable vis-à-vis tant des agriculteurs – qui sont déjà privés de solutions efficaces et rationnelles de lutte contre des ravageurs et le seront encore plus à l'avenir – et des apiculteurs – qui seront confrontés à des traitements phytosanitaires plus préjudiciables pour leur cheptel et peut-être à une réduction des cultures mellifères.

4.  Poser cela, n'est pas refuser – par suite d'un parti pris qui me serait imputé, à tort) – le principe d'une interdiction, d'une limitation ou d'un encadrement de certains usages, lorsque la science, la vraie, démontre la rationalité de ces mesures.

5.  Vous avez connu des temps meilleurs ? C'est indiscutable. Mais il n'y avait pas Varroa, Nosema, IAPV, la réduction des ressources alimentaires, les trafics de reines, etc.

« La plupart des problèmes viennent des pesticides » ? C'est une conviction, pas un fait établi.

Le drame de cette opinion, sans cesse martelée et souvent contredite par de simples faits d'observation, c'est qu'on passe à côté de l'essentiel.

Jean-Claude Bregliano 25/07/2016 08:30

France Nature Environnement n'en est pas à une imposture près, ce sont des habitués de ce genre de choses. Leur affiche dans le métro parisien, il y a 2 ou 3 ans, montrant un épis de maïs GM transformé en revolver sur la tempe était proprement scandaleuse surtout quand on sait que le maïs GM est plus sain que le maïs conventionnel (5 à 10 fois moins de mycotoxines).

Seppi 28/07/2016 14:56

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

J'ai failli reproduire cette sinistre affiche dans le texte...