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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Ségolène Royal : c'est le bouquet !

9 Juin 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Activisme, #Politique

Ségolène Royal : c'est le bouquet !

 

 

Ségolène Royal : c'est le bouquet !

 

On ne sait s'il faut en rire ou en pleurer...

 

C'est Foromphyto qui nous a mis sur la piste.

 

Mme Ségolène Royal, Ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le climat, s'est vu offrir le 25 mai 2016 – ou faut-il écrire : a accepté qu'on lui offre ? – un bouquet de fleurs au nom de 40 « organisations non gouvernementales » par le... on ne sait pas trop... En tout cas, c'était par M. François Veillerette, officiellement porte-parole de Générations Futures, dont il est l'un des fondateurs et fut pendant longtemps le président.

 

Ce bouquet de fleurs, c'était en reconnaissance de son « combat vs le glyphosate au niveau européen » (écrits de Mme la Ministre, voir ci-dessus).

 

 

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

Mais, en droit, on est dans le registre de la subornation, voire de la corruption.

 

 

Corrupt legislation, peinture murale à la bibliothèque du Congrès des États-Unis, par Elihu Vedder

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

Mais il a été offert dans un cadre officiel, mais aussi dans le cadre d'une démarche tout à fait inhabituelle, avec une volonté affichée, à l'évidence, de flatter l'égo d'une ministre très attentive à son image.

 

Et, de fait, c'est elle qui publie l'information sur son compte Twitter, avec un photomontage la montrant avec M. Veillerette et son bouquet et, à droite, un panneau avec les logos des organisations sur lesquelles on peut légitimement faire peser un soupçon de subornation ou de corruption active.

 

 

 

 

De fait aussi, Générations Futures est parfaitement clair sur son site :

 

« Nous avons remis ce jour un bouquet de roses bio offert par la jardinerie Botanic, et ce au nom de plus de 40 ONG, à Mme Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie pour l’encourager à poursuivre son action en faveur de la non ré-autorisation du glyphosate... »

 

L'« encourager », n'est-ce pas un euphémisme ?

 

 

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

Mais n'est-on pas dans le domaine de relations, disons... singulières ?

 

À la Conférence environnementale, fin avril 2016, Mme la Ministre rend hommage au travail de Générations Futures.

 

 

 

 

Le lundi 2 mai, ayant appris (comment?) que « Manuel Valls "serait pour voter la réhomologation avec certaines conditions», M. Veillerette, lors d'une conférence de presse, « demande à la France de clarifier sa position » et au Premier ministre Manuel Valls de l'« assumer ».

 

Mme la Ministre répond par un gazouillis « que la France s'opposera le 18 mai au renouvellement du Glyphosate, substance cancérigène ».

 

 

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

Mais Générations Futures précise que le bouquet – « bio » – avait été « offert par la jardinerie Botanic... ». Certes, c'était « ..., au nom de plus de 40 ONG », mais tout de même, il s'agit d'une entreprise.

 

Si on a pris la peine de préciser sur son site que Générations Futures a bénéficié d'une généreuse donation, on peut penser que M. Veillerette n'a pas manqué d'indiquer l'origine du bouquet à Mme la Ministre.

 

Lorsque Mme la Ministre a fait son grand show, devant les caméras et les photographes, de retrait de quelques produits des étagères d'une jardinerie en juin 2015, elle n'a évidemment pas pu le faire chez Botanic, déjà plus vert que vert depuis longtemps. A-t-elle eu conscience que le bouquet venait d'un concurrent de Jardiland, un concurrent auquel on peut imputer une intention de s'attirer les bonnes grâces gouvernementales ?

 

Qu'il y ait eu ou non une telle intention importe peu : une personne investie de fonctions officielles, surtout à très haut niveau, doit veiller à éviter toute irrégularité et, même, toute apparence d'irrégularité.

 

 

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

La valeur matérielle de ce bouquet était certes faible, mais la valeur sentimentale... À preuve, la gazouillis de Mme la Ministre.

 

Voyons, pour l'illustration, ce que disent les Nations Unies à leurs agents :

 

« L’acceptation de cadeaux, de distinctions honorifiques ou d’autres marques d’appréciation peut se répercuter sur votre indépendance et votre impartialité. Cela peut compromettre à la fois votre intégrité et la réputation de l’Organisation. L’acceptation d’un tel cadeau peut créer un conflit de loyauté ou susciter des attentes chez le donneur du cadeau. Il vous est interdit d’accepter tout cadeau ou autre incitation susceptible de vous conduire à prendre une décision qui n’est pas indépendante ou impartiale, ou d’en créer l’impression. »

 

 

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

Mais l'« incitation susceptible de vous conduire à prendre une décision qui n’est pas indépendante ou impartiale » ?

 

Mme la Ministre gazouillait le 1er juin 2016, alors que le bouquet n'était sans nul doute pas encore fané, que la France maintiendrait sa position le 6 juin 2016...

 

 

Ségolène Royal : c'est le bouquet !

On peut certes penser qu'elle était raide droite dans ses bottes. Mais il y a eu la position publiée du Premier Ministre... et ce bouquet... et ce gazouillis du 25 mai 2016... ce gazouillis avec son photomontage...

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

Mais il a été offert par des « organisations non gouvernementales » dont certaines dégainent les manquements à l'éthique et les conflits d'intérêts avec une rapidité qui, si c'étaient des balles réelles, feraient mordre la poussière à Lucky Luke.

 

 

 

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

Mais c'est la démonstration que les Torquemada du lobbyisme et des conflits d'intérêts (chez les autres) ne reculent pas devant la plus détestable des formes de lobbyisme : la vile flatterie.

 

 

 

 

Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Ce n'est certes qu'un bouquet de fleurs...

 

Nous sommes en France, et il s'agit de Mme Ségolène Royal. On peut en rire.

 

Mais il serait temps que le gouvernement dans son ensemble et le Premier Ministre en particulier prennent la mesure du problème. S'agissant du glyphosate, preuve est faite par le recours à un bouquet de fleurs que cette opposition au renouvellement de son autorisation repose, aufond, sur le plan des faits et arguments, sur le néant.

 

En acceptant ce bouquet avec tapage médiatique, Mme la Ministre pourrait en définitive avoir rendu un grand service à l'agriculture, l'environnement et la santé publique (ordre alphabétique).

 

 

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