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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le brexit et le glyphosate

26 Juin 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Politique, #Union européenne

Le Brexit et le glyphosate

 

Schillipaeppa*

 

 

Encore une fois, un organe de l'UE n'a pas atteint une majorité qualifiée pour une nouvelle autorisation du glyphosate. Martin Häusling, eurodéputé Vert se félicite de cette décision sur son site Internet :

 

« La majorité des gouvernements de l'UE a pris la bonne décision et a répondu à la clameur publique. La Commission européenne et les gouvernements de l'UE auraient dû retirer depuis longtemps le glyphosate du marché en raison du risque de cancer, et en raison de son impact négatif sur la biodiversité. »

 

Non, M. Häusling, la majorité des États membres s'est prononcée pour un renouvellement. Spiegel Online rapporte :

 

« La France et la Bulgarie, selon les informations, ont voté contre la proposition de la Commission européenne de prolonger l'autorisation pour une durée allant jusqu'à 18 mois. Outre l'Allemagne, six autres États se sont abstenus, et 19 pays ont voté pour. L'autorisation européenne actuelle de la substance expire à la fin de juin. »

 

Donc : 19 en faveur, 2 contre et 7 abstentions. Étant donné que les chiffres de la population des États membres doivent aussi être pris en compte, il n'y a pas eu de majorité qualifiée. Häusling poursuit :

 

« Si le référendum au Royaume-Uni a clairement montré une chose, c'est que l'UE devrait écouter les citoyens. La Commission européenne doit maintenant faire demi-tour et retirer l'autorisation du glyphosate. Si la Commission européenne décide de faire passer une nouvelle approbation en force, elle nuit à l'image d'une UE prenant des décisions démocratiques. »

 

La situation est toutefois bien différente de ce que Martin Häusling veut faire croire : les Britanniques ont voté le 23 juin 2016 pour le Brexit. La décision au sein du comité d'appel sur la question de savoir si l'autorisation du glyphosate est prolongée avait été prévue pour le lendemain. Le Premier Ministre David Cameron avait même sauté sur la brèche avant le référendum pour ne pas perdre les voix des agriculteurs en faveur du « Remain ». Farmers Weekly a cité le chef du gouvernement:

 

« Je suis convaincu que nous arriverons à une extension. Je la soutiens – je pense qu'elle est nécessaire. Je suis un utilisateur de Roundup dans mon propre jardin.

 

Je sais combien cela est important et nous devrions fonder ces décisions sur la science. Voilà l'argument que nous allons présenter et je suis convaincu que nous aurons l'extension dont nous avons besoin. »

 

La déclaration a même été utilisée comme message audio. Les agriculteurs britanniques ont très bien perçu les motifs de l'abstention de l'Allemagne. Un commentateur sur Farmers Weekly écrit :

 

Le brexit et le glyphosate

Quelle hypocrisie, M. Cameron.

 

La raison pour laquelle nous, au Royaume-Uni, allons probablement perdre le glyphosate relève exclusivement de la politique interne de l'Allemagne.

 

L'Allemagne a modifié sa position en raison d'un parti minoritaire, le SPD, au sein de la coalition. C'est une coalition fragile même aux moments les plus favorables et, bien qu'ils – le SPD – ne représentent que 26 % de la coalition, ils ont décidé que l'Allemagne devait s'abstenir, modifiant ainsi la position de l'UE en une impasse. Ainsi, lors des votes des dernières semaines... 20 pays pour, 1 contre (Malte), mais 7 abstentions, celle de l'Allemagne étant déterminante.

 

Les agriculteurs britanniques vont encore une fois payer le prix des zélotes de l'UE.

 

Dans une autre contribution, le commentateur ajoute :

 

« Agriculteurs :

Le Brexit est bien sûr bien plus que le fait que nous, au Royaume-Uni, allons peut-être perdre le glyphosate le 23 juin – par coïncidence le jour où le collège des commissaires européens décide s'il obtient son extension ou son retrait pour l'ensemble de l'UE !

 

Cependant, cela montre le fait que ce N'est PAS notre décision et mais le fruit de la politique en France et en Allemagne. Si cela vous convient, alors votez "remain". »

 

Les conflits politiques internes sont portés au niveau européen. Il ne s'agit pas de la question en débat, mais de calculs politiques.

 

Le Wall Street Journal a montré avec l'exemple du glyphosate comment les processus de prise de décision ne devraient pas se dérouler à Bruxelles : les États membres passent le mistigri à la Commission, et celle-ci voit s'effriter la confiance dont elle jouit dans la population. Ainsi, on peut certes aller de l'avant à court terme (jusqu'à la prochaine élection générale) ; mais à long terme le projet européen, va droit dans le mur.

 

_________________

 

* L'auteure a fait des études de philosophie, est éditrice et a atterri il y a déjà plus de dix ans à la campagne. Sur son blog, elle (d)écrit – miracle ! La traduction peut être fidèle – ce qui la préoccupe, lorsqu'elle n'est pas en train de curer l'écurie des poneys, de chercher des gants de gardien de but, de s'occuper de quantités de denrées alimentaires ou de linge, ou encore de tenter d'arracher les mauvaises herbes plus vite qu'elles ne poussent.

 

Source : https://schillipaeppa.net/2016/06/25/brexit-und-glyphosat/

 

 

 

 

Dans une autre contribution, le commentateur ajoute :

 

« Agriculteurs :

Le Brexit est bien sûr bien plus que le fait que nous, au Royaume-Uni, allons peut-être perdre le glyphosate le 23 juin – par coïncidence le jour où le collège des commissaires européens décide s'il obtient son extension ou son retrait pour l'ensemble de l'UE !

 

Cependant, cela montre le fait que ce N'est PAS notre décision et mais le fruit de la politique en France et en Allemagne. Si cela vous convient, alors votez "remain". »

 

Les conflits politiques internes sont portés au niveau européen. Il ne s'agit pas de la question en débat, mais de calculs politiques.

 

Le Wall Street Journal a montré avec l'exemple du glyphosate comment les processus de prise de décision ne devraient pas se dérouler à Bruxelles : les États membres passent le mistigri à la Commission, et celle-ci voit s'effriter la confiance dont elle jouit dans la population. Ainsi, on peut certes aller de l'avant à court terme (jusqu'à la prochaine élection générale) ; mais à long terme le projet européen, va droit dans le mur.

 

_________________

 

* L'auteure a fait des études de philosophie, est éditrice et a atterri il y a déjà plus de dix ans à la campagne. Sur son blog, elle (d)écrit – miracle ! La traduction peut être fidèle – ce qui la préoccupe, lorsqu'elle n'est pas en train de curer l'écurie des poneys, de chercher des gants de gardien de but, de s'occuper de quantités de denrées alimentaires ou de linge, ou encore de tenter d'arracher les mauvaises herbes plus vite qu'elles ne poussent.

 

Source : https://schillipaeppa.net/2016/06/25/brexit-und-glyphosat/

 

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