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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Du côté de chez Anton et Philippe, les férus de statistiques...

18 Juin 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides, #OGM, #Activisme

Du côté de chez Anton et Philippe, les férus de statistiques...

 

Glané sur la toile 86

 

 

Chez Anton

 

La corde du pendu : c'est la faute au chanvre...

 

« Baliverne #09 : Les pesticides provoquent 500 morts chaque jour dans le monde », c'est sur Youtube, de M. Gil Rivière-Wekstein, Agriculture et Environnement. Nous l'avions signalé ici.

 

Une démonstration qui a inspiré à M. Anton Suwalki « Le chanvre tue 1000 personnes par jour, et pourtant, Générations futures se tait ! » sur le site Imposteurs.

 

L'intrigue est similaire. Si les activistes anti-pesticides utilisent des chiffres de mortalité qui incluent les suicides, il n'y a pas de raison de ne pas le faire également pour d'autres produits. Ici : le chanvre dont on fait les cordes. Conclusion intermédiaire :

 

« Vous trouvez la conclusion débile ? Rassurez-vous, moi aussi. Faut-il aussi interdire les médicaments (15 % des suicides par intoxication médicamenteuse en France), interdire les trains, assécher les rivières, interdire les balcons, raser les falaises... ? »

 

Les points de suspension sont lourds de sens. Il faut aussi, par exemple, interdire les constructions de plus d'un étage, ou ne les autoriser que moyennant absence de fenêtres.

 

 

GESticulation

 

 

M. Suwalki a aussi produit récemment deux autres démontages de balivernes. Le premier est « "Les OGM sont des éponges à herbicides", et autres balivernes ».

 

Il fait suite à un article du journal suisse le Courrier, qui a offert le 19 mai 2016, avec complaisance et sans retenue, une tribune au fameux Gilles-Éric Séralini (GES). Résumons : les agriculteurs sont des idiots qui, si on leur met à disposition des variétés tolérant un herbicide (de qui ?...), vont mettre 6 litres par hectare là où un suffirait... Ben oui ! Pour qu'il y ait une « éponge », il faut bien la remplir non ?

 

Mais M. Suwalki a l'œil de l'expert en chiffres :

 

« La réalité : dans une récente analyse de nourriture destinée à l’alimentation de rats de laboratoire, contenant entre autres de la nourriture issue de plantes génétiquement modifiées tolérantes au glyphosate, GES lui-même n’a trouvé au maximum que 370 parties par milliards (PPB) de Glyphosate et de son produit de dégradation. Pas très efficaces, les "éponges à herbicides". »

 

Rappelons aussi que cet article a fait l'objet d'un démontage par l'EFSA. Cela commence fort civilement, et puis, in cauda venenum... :

 

« L'article de Mesnage et al. (2015) fournit un complément utile à la connaissance déjà existante dans le domaine. Cependant, il y a plusieurs limites à l'approche méthodologique utilisée par les auteurs, y compris l'insuffisance des informations sur le matériel testé et la méthodologie utilisée, une publication incomplète des données, et une interprétation inappropriée de la législation et des résultats... »

 

Il est vrai qu'en matière d'« interprétation inappropriée », il fallait oser évaluer la dangerosité alléguée d'une substance pour les animaux de laboratoire en comparant les teneurs en cette substance dans les croquettes pour ces animaux avec les doses journalières admissibles établies pour les humains. Pour mémoire, les DJA sont établies, généralement, au centième des teneurs qui les plus élevées testées qui sont sans effet sur lesdits animaux.

 

L'expert en chiffres Suwalki n'a pas fait une analyse détaillée de texte. Pourtant, que de choses à dire...

 

M. Séralini affirme ainsi, par exemple :

 

« L’industrie des OGM prend pour groupe contrôle une base de données répertoriant les paramètres de rats enregistrés... depuis 1975, tous continents confondus ».

 

C'est outrancièrement faux.

 

M. Suwalki écrit aussi : « Le temps passe, les postures ne changent pas ». Est-ce bien vrai ? N'assiste-t-on pas à une escalade, illustrée par la citation précédente ?

 

Avons-nous déjà vu :

 

« Elles [les études des grandes firmes] sont totalement malhonnêtes. Par exemple, tester le glyphosate seul est une véritable fraude... »

 

Voilà qui est dit par un homme très chatouilleux sur le mot « fraude »...

 

Ou n'y aurait-il pas plutôt une dégringolade ?

 

Voyez sur le site du CRIIGEN, « Intervention du Dr Nicolas Defarge dans le tout nouveau documentaire "Sin prisa pero sin pausa" des berlinois Kameradisten ». Ce n'est certes pas M. Séralini qui parle, mais c'est l'équipe. Connaissez-vous les « engrais chimiques, génétiquement modifiés » ? Lisez le texte mis en lien... Et regardez la vidéo...

 

 

Grand Guignol au Parlement européen

 

 

Le deuxième billet, « Du glyphosate dans l’urine : retour sur une mascarade des parlementaires européens », porte sur un sujet que nous avons abordé ici. Les Verts ont fait un contrôle de glyphosémie sur les urines d'une quarantaine de parlementaires volontaires.

 

M. Suwalki écrit :

 

« On ne peut écarter que des coups médiatiques tels que ces "révélations" sur le pipi parlementaire puissent peser, au moins sur l’attitude de certains états membres. Si tel était le cas, cela en dirait long sur le degré d’indigence atteint par les décideurs politiques. »

 

La logique est séduisante, mais on peut craindre (euphémisme...) que l'hypothèse ne soit pas testable pour cause de facteur de confusion inévitable : comme le montre la situation française, le degré d'indigence est déjà bien trop fort.

 

 

Chez Philippe...

 

 

Sur Forumphyto, M. Philippe Stoop a poursuivi sa série de cours de statistiques avec :

 

« La pêche aux alphas, niveau 2 : cours de perfectionnement »

 

« La pêche aux alphas, niveau expert : Quand les particules fines nous enfument ».

 

L'introduction du premier cours précité :

 

« Nous avons vu, dans un article précédent, comment un astrologue pouvait montrer (presque) scientifiquement un lien entre signe astrologique et cancer, grâce à une technique infaillible : la pêche aux alphas. Rappelons le principe : le résultat d’une étude épidémiologique est dit statistiquement significatif, s’il n’y a que 5 % de chances que la liaison observée entre un facteur environnemental et une maladie soit due au hasard : 5% représente ici ce qu’on appelle le risque de première espèce, appelé par convention a. Il suffit donc de tester une vingtaine de facteurs environnementaux, ou de maladies, pour être à peu près sûr d’obtenir un résultat significatif ! »

 

Ne vous laissez pas rebuter par le deuxième titre : c'est tout à fait compréhensible. Et passionnant.

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