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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Il est temps pour le Kenya de semer le premier hectare de plante GM

1 Mai 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Afrique

Il est temps pour le Kenya de semer le premier hectare de plante GM

 

Gilbert Arap Bor*

 

 

 

Il est temps pour le Kenya de semer le premier hectare de plante GM

Partout dans le monde, les agriculteurs ont planté près de 5 milliards d'acres de cultures génétiquement modifiées (2,2 milliards d'hectares – en surfaces cumulées).

Ici au Kenya, nous sommes toujours en attente de planter notre premier hectare d'OGM commercialisé. Notre gouvernement ne veut toujours pas laisser les agriculteurs ordinaires comme moi essayer la technologie qui a révolutionné l'agriculture dans de nombreux endroits.

Les choses sont peut-être sur le point de changer, pour le mieux.

Une agricultrice montre fièrement sa plantation de maïs au Kenya

Creative Commons: Gates Foundation, 2009

 

L'Autorité nationale de biosécurité du Kenya semble prête à approuver la commercialisation des plantes génétiquement modifiées. Le maïs serait la première, suivi du cotonnier peu après. Si cela se produit, cela signifie que les agriculteurs du Kenya vont enfin bénéficier d'un accès à la technologie que tant d'autres ont adoptée comme un fait acquis.

 

Ce moment, en supposant qu'il arrivera, aura été précédé d'une longue attente. Dans de nombreux pays, des États-Unis et du Canada dans le nord à l'Argentine et au Brésil dans le sud, c'est quasiment une génération d'agriculteurs qui a semé des plantes GM. Pour eux, les plantes GM ne sont plus une technologie de pointe, mais plutôt un élément ordinaire de l'agriculture conventionnelle. Ils ont vu leurs rendements augmenter et leur utilisation de pesticides diminuer.

 

Au Kenya, cependant, nous sommes en retard, incapables de tirer profit de ces avantages évidents. C'est devenu un autre domaine dans lequel l'Afrique est à la traîne par rapport au reste du monde. Malheureusement, nous avons choisi de rester en arrière, en regardant le reste du monde avancer.

 

Les plantes GM ne sont pas réservées aux pays riches. Environ neuf agriculteurs sur dix qui cultivent des plantes GM sont de petits exploitants. La grande majorité d'entre eux travaillent sur quelques hectares pour répondre à leurs propres besoins et pour avoir peut-être un peu de surplus à vendre. À cet égard, ils sont comme la majorité des agriculteurs du Kenya. L'Inde et la Chine sont parmi les plus grands producteurs mondiaux de cultures biotechnologiques.

 

Seuls trois pays d'Afrique subsaharienne ont approuvé l'utilisation de plantes génétiquement modifiées : l'Afrique du Sud, le Burkina Faso et le Soudan. Les autres font comme le Kenya et ne permettent tout simplement pas leur culture, au détriment de leur secteur agricole.

 

Qu'est-il arrivé ici au Kenya ? Selon le Dr Charles Waturu de l'Organisation kényane de recherche pour l'agriculture et l'élevage, notre pays a produit 70.000 balles de coton en 1985. En 2013, cependant, ce chiffre avait chuté à 20 000 balles. Et cela se manifeste par les hangars et les rayons vides de ce qui était autrefois une industrie cotonnière et textile florissante à Kisumu, Eldoret, Malakisi, Mwingi, Salawa et Nanyuki, pour n'en citer que quelques-uns.

 

Un groupe d'agriculteurs fait une pose lors du binage du champ de l'un des leurs. Le binage, c'est deux fois par saison.

 

 

Grâce à sa capacité particulière de résister à des ravageurs qui attaquent les plantes, le cotonnier GM nous donne une chance de lutter. Il est la clé de la reprise pour les producteurs de coton du Kenya. Il arrêtera et inversera le terrible déclin de la production de coton de notre pays. L'approbation du maïs GM se traduirait par des gains similaires. À l'avenir, nous verrons des cultures qui résistent aux mauvaises herbes, survivent à la sécheresse, et ajoutent des nutriments à notre alimentation.

 

Les gains dans le secteur agricole conduiront à des gains dans d'autres domaines.

 

L'année dernière, la Banque mondiale a annoncé que le Kenya était devenu un « pays au revenu moyen inférieur », ce qui signifie que notre revenu annuel moyens se situe entre 1000 $ et 4000 $ environ. Pourtant, nous voulons faire encore mieux, ayant fixé l'objectif de devenir un « pays à revenu moyen supérieur » au cours des 15 prochaines années.

 

« La vision a pour ambition de transformer le Kenya en un pays nouvellement industrialisé, à revenu intermédiaire, offrant une grande qualité de vie à tous ses citoyens d'ici 2030 dans un environnement propre et sûr », dit le plan de développement Kenya Vision 2030.

 

Nous avons un long chemin à parcourir pour réaliser cet objectif et, comme le dit Kenya Vision 2030, pour y arriver, il faudra améliorer notre secteur agricole. Nos agriculteurs doivent tout simplement produire plus, et ils ont besoin des outils modernes qui ont aidé les agriculteurs ailleurs.

 

Nous ne demandons pas de subventions ou de traitement spécial. Nous voulons simplement avoir accès aux outils que tant d'agriculteurs ont déjà. L'expérience a montré que les cultures génétiquement modifiées ne sont pas seulement les meilleures du monde, mais qu'elles sont aussi saines et sûres tant pour les agriculteurs qui les cultivent que pour les consommateurs qui les mangent.

 

Tout est en place pour le succès. L'Autorité nationale de biosécurité a étudié les OGM depuis de nombreuses années. Notre nouveau Secrétaire à l'Agriculture, Willy Bett, soutient l'adoption des biotechnologies, comme le font les dirigeants du Gouvernement du Jubilé. Les agriculteurs de base connaissent la vérité sur cette technologie, et nous la voulons pour nous-mêmes.

 

Il est temps que nous obtenions ces semences pour planter ce première hectare.

 

_________________

 

*  Gilbert Arap Bor est agriculteur, à Kapseret, Kenya. Il cultive du maïs, des légumes et a des vaches laitières sur une petite ferme de 10 hectares près d'Eldoret, au Kenya. M. Bor, professeur à l'Université catholique de l'Afrique de l'Est, à Eldoret Campus (Gaba), est un membre du Truth About Trade & Technology Global Farmer Network et a reçu en 2011 le Kleckner Trade & Technology Advancement Award.

 

Source : http://globalfarmernetwork.org/2016/02/it-is-time-for-kenya-to-plant-the-first-biotech-crop-acre/

 

Traduit et publié – avec le plus grand plaisir – avec l'aimable autorisation de Global Farmer Network.

 

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