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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Guerre des graines ou guerre contre les mauvaises herbes ? La réponse réside dans la « qualité de vie »

28 Mai 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides

Guerre des graines ou guerre contre les mauvaises herbes ? La réponse réside dans la « qualité de vie »

 

Cami Ryan*

 

 

 

Avez-vous déjà désherbé un jardin? Moi oui. Bien des fois. Je me souviens qu'enfant, j'aidais ma grand-mère à désherber son jardin. Parfois, c'était une forme de punition (oui, j'ai eu mes moments). Le jardin n'était pas grand mais la tâche était rude. Surtout pour une fillette dégingandée, curieuse et impatiente qui préférait grimper aux arbres, faire écraser des pièces sur les voies de chemin de fer ou jouer dans le ruisseau.

 

L'auteur et sa grand-mère (Fête des Mères, 1971)

 

 

Que vous viviez en zone urbaine ou à la campagne, le désherbage est une de ces petites tâches qui font partie de la routine en été. Si vous voulez que votre potager prospère, il faut le débarrasser de ce matériel végétal indésirable, qui fait concurrence, avant qu'il ne prenne le dessus sur une bonne récolte de laitues ou de betteraves.

 

Mais ce sont là des problèmes de notre monde. Allons un peu plus au sud...

 

Une étude réalisée par la FAO en 2011 rapporte que 43 pour cent de la main-d'œuvre agricole dans les pays en développement ou émergents est féminine. Le temps consacré par les femmes aux activités liées à l'agriculture varie certes selon les cultures, le cycle de production, l'âge, la région et le groupe ethnique, mais l'essentiel des activités semble tourner autour de la corvée du désherbage. Dans un récent blog, Stuart Smyth (chercheur au Collège d'agriculture et des bioressources de l'Université du Saskatchewan) a déclaré que le maïs conventionnel nécessite plus de 250 heures de désherbage à la main par hectare.

 

Ouah !

 

Mais voici les bonnes nouvelles. Les petits exploitants producteurs de maïs en Afrique du Sud qui ont adopté le maïs GM ont réduit leur désherbage manuel (et d'autres travaux) dans une proportion allant jusqu'à 50 % ! (voir Smyth, 2013). La réduction du travail au champ permet à ces femmes qui travaillent dur de consacrer plus de temps à d'autres activités (prendre soin de leurs enfants, prendre un emploi non agricole pour augmenter les revenus de la famille, peut-être poursuivre des études, etc.). Ces avantages (directs et indirects) des technologies GM sont souvent négligés, en particulier par nous dans le monde occidental.

 

 

« Les vrais bénéfices de l'adoption des plantes GM résident peut-être dans l'amélioration de la qualité de vie. Et ça, c'est inestimable. » Stuart Smyth

 

 

Alors que les femmes dans les pays en développement s'attaquent aux mauvaises herbes et prennent soin de leur famille, les activistes du monde occidental déclarent la guerre aux semences. En juin 2003, des plantes faisant l'objet de recherches et d'expérimentations au Centre John Innes à Norfolk, au Royaume-Uni, ont été arrachées et détruites par des activistes. Plus récemment, en juillet 2011, des manifestants de Greenpeace ont arraché une clôture de la station expérimentale CSIRO à Canberra et détruit un demi-hectare environ de culture de blé génétiquement modifié.

 

« Il y a une longue liste, qui ne cesse de s'allonger, d'améliorations agricoles, environnementales et sanitaires que "l'on aurait pu avoir" si le mouvement anti-OGM n'avait pas été aussi efficace... Certaines représentent des avancées considérables comme les pommes de terre qui résistent à des ravageurs majeurs, insectes et virus. Il y a des choses comme les blés moins susceptibles d'être contaminés par des mycotoxines. Et il y a aussi ces plantes qui permettraient aux paysans pauvres de produire plus de nourriture locale avec moins d'intrants ou avec une plus grande résistance aux stress environnementaux. »

Steve Savage

(de son blog, Comptabiliser le coût du mouvement anti-OGM)

 

 

Comme le dit le professeur Wayne Parrot, ces activistes devraient vivre une journée comme les paysans pauvres afin qu'ils puissent expérimenter de première main l'impact de leurs actions sur la vie de ces personnes ; ce qu'ils leur refusent en termes de technologie.

 

À mon avis, il est beaucoup plus facile (et lâche) de faucher les plantes des essais en plein champ financés par l'État que de désherber à la main un hectare de maïs. Un peu de désherbage ferait peut-être du bien, non?

 

Je pense que ma grand-mère serait d'accord. : O)

 

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Plus d'informations sur les solutions au problème du désherbage en Afrique.

 

Voici un superbe article d'Andrew Kniss sur le contrôle des mauvaises herbes dans l'agriculture du « monde occidental » : « Social Benefits of Biotech Crops » (les avantages sociaux des cultures biotechnologiques ». Extrait : « Avant de pester contre la technologie, ou de dénoncer les entreprises malfaisantes qui les ont créées ; avant de discutailler sur twitter ou Facebook à propos de la bonne et de la mauvaise technologie pour la société ; avant d'écrire votre prochain article pour le New York Times ou Grist, demandez son avis à un agriculteur qui utilise la technologie. Et, ensuite, réfléchissez bien à ce qu'il vous a dit. »

 

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* « Moi? Eh bien, tout ce qui touche à l'agriculture me passionne. Je ne suis pas agricultrice (mais je viens d'une famille d'agriculteurs). Je ne suis pas une scientifique ; du moins pas dans le sens traditionnel. Je suis une spécialiste des sciences sociales. Les sociologues comme moi étudient les relations entre les gens et leurs liens avec l'environnement social. Ce domaine interdisciplinaire de recherche comprend l'économie, l'anthropologie, la sociologie, les sciences politiques, la linguistique et des éléments de psychologie et d'histoire. »

 

Présentement sociologue au département des affaires réglementaires et scientifiques de la Monsanto Company. Précédemment chercheuse au Collège d'agriculture et des bioressources de l'Université du Saskatchewan.

 

Source : https://camiryan.com/2013/03/11/war-on-seeds-or-war-on-weeds-the-answer-lies-in-quality-of-life/

 

 

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vigneron 31/05/2016 20:00

Y'a pas que les femmes qui désherbent, y'a aussi les gamins. 60% des enfants de 5 à 17 ans qui travaillent sont dans les secteur agricole. Qui dit travail dit aussi souvent déscolarisation. 100 millions d'enfants au travail dans le secteur agri selon l'OIT.
http://www.ilo.org/ipec/areas/Agriculture/lang--fr/index.htm

Seppi 01/06/2016 11:57

Hélas oui !