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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Glané sur la toile (70) : « Décryptage sur une "disparition inquiétante" » sur Wikiagri

15 Mars 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Néonicotinoïdes, #Politique

Glané sur la toile (70) : « Décryptage sur une "disparition inquiétante" » sur Wikiagri

 

Glané sur la toile (70) : « Décryptage sur une "disparition inquiétante" » sur Wikiagri

C'est sur Wikiagri. C'est bref, limpide... et inquiétant. Pas seulement pour l'avenir de l'agriculture française et – oui, oui – de la santé publique et de l'environnement , mais aussi pour la gouvernance de la France.

« On » veut interdire le glyphosate et les néonicotinoïdes, l'un au nom du principe de précaution au titre de la protection de la santé, l'autre au nom du principe de précaution au titre de la protection de l'environnement et, notamment des pollinisateurs ?

C'est oublier que si le premier est interdit, on recourra à d'autres herbicides dont le profil toxicologique a toutes les chances d'être moins bon. Ou à des méthodes « alternatives » qui ont toutes les chances d'être moins favorables pour l'environnement... et pour les biens publics comme ce fut le cas de l'Arcopolis de Voujeaucourt (Doubs), victime d'un désherbage thermique. Et ça n'arrive pas qu'aux autres !

 

Les néonicotinoïdes ? Certains agriculteurs ne sèmeront plus de colza. Les abeilles sauvées des néonicotinoïdes seront privées de nourriture. Mais la mort par famine est plus écologique que la désorientation par néonicotinoïdes, n'est-ce pas... D'autres auront recours à d'autres insecticides dont les risques pour la faune, y compris les abeilles, sont bien plus importants.

 

Promis, juré, le désherbage à la flamme, c'est plus écologique !

 

On peut rappeler qu'en janvier dernier, les sénateurs ont refusé d'interdire l'usage des néonicotinoïdes, au profit d'un amendement du groupe socialiste qui renvoie à un arrêté du ministre de l'Agriculture le soin de déterminer les conditions d'utilisation des néonicotinoïdes, et d'un sous-amendement de la sénatrice LR Sophie Primas qui exige que le ministre prenne en compte dans sa décision les conséquences sur la production agricole, notamment au regard des alternatives de protection des cultures disponibles. M. Stéphane Le Foll était opposé à une interdiction et avait affirmé, à l'occasion d'un point d'étape du plan apiculture durable, le 19 janvier 2016 :

 

« Nous savons que les phytosanitaires et les néonicotinoïdes ont une responsabilité mais l'interdiction laisse penser que nous réglerions les problèmes apicoles, ce qui est faux. Nous ne disposons pas aujourd'hui d'alternatives pour tout, le risque serait de revenir à une pratique d'épandage en pulvérisation foliaire qui serait plus problématique. »

 

Entre-temps, il a disparu...

 

L'Association de Gouvernance Économique de la Filière Fruits et Légumes (GEFEL), rassemblant 21 associations produits et territoriales et représentant 13 000 producteurs français et 3 000 000 de tonnes de production de fruits et légumes, a écrit aux députés :

 

« Nous nous étonnons que les politiques, sous le coup de l’émotion et des pressions médiatiques incessantes, se substituent à la rigueur scientifique de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), dont ils ont eux-mêmes souhaité voir renforcer l’indépendance, en lui confiant en plus de l’évaluation, la délivrance des autorisations de mise sur le marché des spécialités phytosanitaires.

 

« Les molécules citées précédemment sont indispensables pour des pans entiers de la filière agricole, suite aux nombreux retraits de matières actives alternatives qui constituaient des alternatives dans le cadre du plan Ecophyto. Pourtant ces molécules utilisées dans le respect des bonnes pratiques agricoles permettent de maîtriser les risques pour l’environnement et les citoyens. Le meilleur exemple qui soit, est la confiance renouvelée du monde apicole chaque année, pour venir polliniser nos cultures protégées par des spécialités de la famille des néonicotinoïdes. »

 

M. Le Foll était-il encore là – ou était-il las – quand il a bredouillé dans l'innommable « Cash Investigation » quelque chose qui a été interprété comme un engagement de sa part de limiter les usages du chlorpyriphos-éthyl, voire de l'interdire ?

 

Mise à jour

 

Nous apprenons par le Monde que M. Le Foll a été retrouvé :

 

« Surtout, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a mis tout son poids dans la balance, en adressant une lettre à l’ensemble des députés, lundi, une procédure pour le moins inhabituelle. La missive, datée du 11 mars, et que Le Monde a pu consulter, les incite à ne pas voter en faveur d’une interdiction totale des néonicotinoïdes. Le ministre évoque des risques de "distorsions entre les agriculteurs français et le reste des agriculteurs européens", et des solutions de remplacement "qui ne présentent aucune garantie supplémentaire pour les pollinisateurs, bien au contraire" — un argument réfuté par des ONG et des scientifiques. »

 

Notez bien les articles utilisés dans la dernière phrase : « des ».

 

 

 

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