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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Glané en kiosque (7) : Sylvie Brunel dans la Revue

11 Mars 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

Glané en kiosque (7) : Sylvie Brunel dans la Revue

 

 

 

 

Il faut une sévère crise pour que les médias s'intéressent davantage au monde agricole, et autrement qu'en le dénigrant. Enfin, pour être plus précis, autrement qu'en étant exclusivement dénigrant ; car on ne nous épargne pas ce qu'il convient d'appeler horreurs et imbécillités.

 

La crise, ce n'est pas seulement celle du monde agricole, mais de la société tout entière. Trop bien nourris – enfin pour ceux qui ne tirent pas le diable par la queue – les citoyens consommateurs ont oublié ce que l'agriculture représente pour eux.

 

Sylvie Brunel est une des plumes qui arrive à percer dans les médias traditionnels et à rappeler ce qui devrait être des évidences.

 

« Quand je suis née, en 1960, les intoxications alimentaires tuaient chaque année plus de personnes en France que la route aujourd'hui.

 

 

« Nous sommes en train de faire fausse route. La France perd chaque année 3 % de ses exploitations agricoles. Le modèle français disparaît. Demain l'agriculture sera industrielle et viendra d'ailleurs. Nous ne consacrerons pas 11 % de nos revenus à nous nourrir, mais beaucoup plus, et dans de mauvaises conditions. Il est urgent de nous réconcilier avec nos paysans. »

 

C'est le début et la fin de trois pages denses. Pour ce qu'il y a entre, la Revue dont le titre se poursuit par « pour l'intelligence du monde » de mars-avril 2016.

 

Le problème ne date pas d'hier !

 

 

Dans le 1 du mercredi 24 février 2016, consacré à l'agriculture, elle a signé « Soyons réalistes ! ». Démarrage en trombe :

 

« Nourrir le monde avec des jardiniers, le bio, les circuits courts, retrouver la prétendue sagesse paysanne d'antan... quelle aberration pour ceux qui, comme moi, connaissent la réalité des campagnes pauvres. »

 

C'est le contre-pied d'Aurélie Trouvé, enseignante à AgroParisTech et ancienne co-présidente d'ATTAC « Nous payons le passage d'un modèle familial à un modèle capitaliste ». Pour notre part, nous peinons à voir l'opposition. Le modèle familial n'est-il pas – et n'a-t-il pas toujours été – capitaliste ?

 

L'analyse de la situation est aussi « intéressante » :

 

« Vous avez 80.000 producteurs laitiers en France, cinq industriels de la transformation qui font l'essentiel de la collecte, quatre centrales d'achat et, finalement 66 millions de consommateurs. Les transformateurs sont maîtres du jeu si l'État ne fixe pas de cadre... »

 

Il nous semblait que c'étaient les centrales d'achat – lire : la grande distribution – qui imposaient les prix à l'amont... le cas échéant avec des « marges arrières ». Mais, in fine, la grande distribution se livre à une guerre des prix pour attirer les consommateurs que nous sommes, et qui ont une part de responsabilité dans la situation actuelle.

 

Dans la Revue, Mme Brunel écrit en chapô :

 

« ...Et si l'on apprenait à respecter ces paysans qui nous nourrissent et fabriquent nos paysages ? 

 

On ne peut qu'approuver.

 

 

 

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