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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Biodiversité dans les champs ?

20 Mars 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Agronomie, #Agriculture biologique

Biodiversité dans les champs ?

 

Schillipaeppa*

 

 

« Biodiversité » ou « diversité biologique » sont actuellement des cris de guerre pour jeter le discrédit sur l'agriculture conventionnelle. À cet égard, il convient de préciser ce qui suit : ce n'est que par l'agriculture que s'est constituée en Europe centrale [et aussi en France] la diversité des habitats qui a permis à de nombreuses espèces de s'y établir. Le hamster est ainsi originaire des steppes d'Asie centrale et d'Europe de l'Est. C'est la création de champs et de prés qui lui a permis d'être chez lui chez nous.

 

Maïs bio

 

 

Même les agriculteurs biologiques doivent réduire la biodiversité sur leurs terres s'ils veulent récolter. C'est pourquoi le maïs et la betterave, par exemple, sont binés à plusieurs reprises. Quatre binages du champ et un paillage des abords n'y laissent pas plus d'espèces que la version conventionnelle avec un unique épandage d'herbicide ; bien au contraire : les oiseaux nichant au sol tels que l'alouette sont considérablement perturbés par le binage.

 

La biodiversité ne se rétablit pas non plus automatiquement quand on renonce aux herbicides et au désherbage mécanique. Souvent, la plante qui s'installe sur un site est celle pour laquelle les conditions sont optimales : on ne trouvera alors tout simplement pas de monoculture d'orge, mais une monoculture de camomille.

 

Tache de chardons dans un champ de céréales bio

 

 

Il se pose également la question de savoir quelle est la valeur ou quel est le service rendu à la nature par les taches de chardons, par exemple, dans un champ de maïs. Ne nous méprenons pas à ce sujet : ces chardons ne survivront pas jusqu'à l'hiver et ne serviront pas de source d'alimentation à un chardonneret. Ils seront coupés et – il faut l'espérer – détruits dans les règles de l'art avant que le champ ne soit remis en culture.

 

Je voudrais donc plaider d'une manière générale qu'il ne faut pas invoquer la biodiversité comme critère de qualité pour les terres cultivées. Au contraire, il faut essayer de travailler le plus efficacement possible dans le champ pour avoir une marge de manœuvre pour exclure des habitats importants et rares de la production. Par ailleurs, les larges bordures de terrains, les haies et les mesures telles que les fenêtres à alouettes [des zones d'une vingtaine de mètres carrés non semées] ou les placettes fleuries sont importantes pour la biodiversité.

 

La fenêtre à alouettes en mars et début juillet

 

La biodiversité mérite discussion

 

La biodiversité n'est pas une valeur en soi. Une société peut attribuer une position particulière à la protection des espèces dans un discours public, mais cela mérite en tout cas discussion. On n'est pas obligé de penser qu'il est judicieux de dépenser des millions d'euros pour ériger, par exemple, des murs de protection pour les chauve-souris de telle sorte qu'on puisse construire une autoroute. Peut-être trouvera-t-on plus important de bien équiper les écoles et de créer une place de garderie pour chaque enfant. Personnellement, j'apprécie mon jardin avec des placettes spéciales pour les chardons et les orties, pour les chardonnerets et les paons du jour ; et je me réjouis de voir trois variétés de pics à la mangeoire ou un sphinx colibri sur un buddléia – mais c'est mon affaire personnelle. Personne ne peut attendre d'autres personnes dans la société qu'elles partagent vos préférences.

 

Ou avec Vince Ebert :

 

« S'il vous plaît, que nous a jamais apporté un panda ? Par contraste avec les bactéries de l'intestin. Sans ces minuscules, ces mignons petits gars, nous serions privés de la digestion ! Nous mangerions en très peu de temps les pissenlits par la racine. »

 

_________________

 

* L'auteure a fait des études de philosophie, est éditrice et a atterri il y a déjà plus de dix ans à la campagne. Sur son blog, elle (d)écrit – miracle ! La traduction peut être fidèle – ce qui la préoccupe, lorsqu'elle n'est pas en train de curer l'écurie des poneys, de chercher des gants de gardien de but, de s'occuper de quantités de denrées alimentaires ou de linge, ou encore de tenter d'arracher les mauvaises herbes plus vite qu'elles ne poussent.

 

Source : https://schillipaeppa.net/2016/03/12/biodiversitat-auf-dem-acker/

 

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rageous 21/03/2016 09:33

Aaah, la biodiversité! Celle que l'on veut préserver avec la mise en place de ZPS ou Natura 2000 avec une réglementation imbécile, voilà le résultat!

http://www.wikiagri.fr/articles/ils-vendent-leurs-vaches-a-cause-des-rats/8600

Seppi 28/04/2016 17:55

Bonjour,

Je vous réponds bien tardivement et je m'en excuse.

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