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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Sur Libération : « Pesticides, épisode 2 : "Cash Investigation" a toujours tort » (glané sur la toile (59))

18 Février 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Pesticides, #Activisme

Sur Libération : « Pesticides, épisode 2 : "Cash Investigation" a toujours tort » (glané sur la toile (59))

 

 

 

 

Cette fois-ci, ils s'y sont mis à deux : Cédric Mathiot et Pauline Moullot.

 

Leur « Pesticides, épisode 2 : "Cash Investigation" a toujours tort » est bourré de détails et de chiffres. Et il est cinglant.

 

Ils écrivent en chapô :

 

« Dans un droit de réponse à Désintox, l'auteur de l'enquête persiste et signe. Mais continue de se tromper sur les taux de pesticides dans les produits alimentaires. »

 

On peut contester le début : un droit de réponse n'est-il pas, normalement, publié sur le média auquel on répond ?

 

Ce « droit de réponse », n'est-ce pas un peu comme ces attaques de roquets qui attendent que vous soyez le dos tourné ? Pas tellement parce qu'il arrive après l'épisode 1 – la chronologie est imposée –, mais parce qu'il reste sur son terrain, son propre site, et qu'il attaque en définitive au niveau du mollet avec ses raclures de caniveau sur une « offensive de com d’une association controversée » ?

 

On peut aussi contester la fin. Que faut-il penser de quelqu'un qui, par exemple, cite un chiffre de 100 %, alors qu'il porte sur un échantillon unique ?

 

Les auteurs écrivent aussi :

 

« Nous avons écrit très clairement dans notre premier article que l’erreur a (notamment) été relevée avec gourmandise par les pro-pesticides. Mais il ne suffit pas que la critique soit relayée par des gens qui y ont intêret pour qu’elle soit fausse. Et il ne suffit pas non plus de répéter une deuxième fois un chiffre faux pour le transformer en chiffre vrai. »

 

On peut comprendre que la place est mesurée dans un journal et que les raccourcis sont inévitables. Peut-on cependant suggérer que les « pro-pesticides », sont essentiellement des gens qui n'ont pas d'a priori anti-pesticides (de synthèse, l'agriculture dite « biologique » utilisant aussi des pesticides, qualifiés de naturels) ; des gens qui sont conscients des services rendus par les produits ainsi que, du reste, des risques ; des gens qui, pour les acteurs économiques, agissent – ben oui, c'est contre-intuitif – pour répondre aux demandes sociétales.

 

Ce serait du reste une riche idée pour l'équipe de Désintox de prendre l'avis des membres de la profession. Toute la profession.

 

À part ça, en résumé : un travail d'investigation. Un vrai. Un vrai. UN VRAI. UN VRAI.

 

C'est une lecture indispensable – surtout pour Mme Ernotte – que l'on devrait utilement compléter par « Cash Investigation s’embourbe dans ses mensonges » sur Forumphyto.

 

Ces deux textes jettent une lumière un peu différente sur un de nos propres textes. Les rapports de l'EFSA – qui doit se débrouiller avec des rapports nationaux qui ne sont pas tous fondés sur la même méthodologie – sont plus ambigus qu'on ne le croit sur la question des produits qui seraient positifs entre la LOD et la LOQ. Mais comme le montre Libération, cette ambiguïté est relativement mineure et... « "Cash Investigation" a toujours tort ».

 

En bref : pour 5 % de "détecté, non quantifié", il y a 47 % de produits en-dessous de la limite de détection.  Le plan de surveillance concerne des produits pour lesquels on a des suspicions de non-conformité.

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