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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Pourquoi l'étude bâclée italienne sur le soja GM n'a jamais eu de sens

25 Janvier 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Activisme, #Article scientifique

Pourquoi l'étude bâclée italienne sur le soja GM n'a jamais eu de sens

 

Alison Van Eenennaam*

 
Crédit : Dusan Petricic
Crédit : Dusan Petricic

Une série d'articles publiés dans des revues entre 2006 et 2015 par une équipe de recherche italienne a mené Federico Infascelli, un chercheur en nutrition animale de l'Université de Naples, sont sous les feux de la critique pour avoir prétendument manipulé des images et/ou fabriqué des données clés, selon le magazine Nature. Un des articles publiés dans Food and Nutrition Sciences, a déjà été retiré. Selon les dernières nouvelles, trois autres articles sont en cours d'examen.

Les articles d'Infascelli et al. ont été largement et activement diffusés par les groupes anti-OGM. Voici trois exemples:

 

 

 

Ce qui est vraiment ahurissant pour moi, en tant que scientifique, c'est de me pencher sur le diaporama des images qui auraient été manipulées. Il semble montrer des images trafiquées et peut-être, ce qui est tout aussi troublant, l'utilisation de la même image dans des articles qui ont été publiés à des années d'intervalle, mais avec des légendes décrivant des expériences différentes. Je laisserais à l'Université de Naples le soin de juger formellement la question de la manipulation d'images, mais reste incrédule quant à ce qui semble être une réutilisation du même gel dans plusieurs articles.

 

Quiconque a utilisé un gel d'agarose sait qu'il y a des irrégularités uniques qui sont semblables à une empreinte digitale. Voici une image de l'irrégularité qui est peut-être ma préférée ; elle est apparue involontairement sur un transfert de Southern Blot effectué par des étudiants à l'Université de Californie, Davis. Cela défie l'entendement que quelqu'un puisse penser que la duplication d'une image passerait inaperçue, surtout étant donné la nature controversée des recherches sur les OGM. Et cela met vraiment en question la véracité des autres données présentées dans ces articles.

 

 

Crédit : J. D. Murray, UC Davis

 

Les résultats publiés dans ces articles n'ont jamais vraiment fait de sens lorsqu'on les considère dans le contexte des nombreuses autres études sur l'alimentation animale dans la littérature scientifique. Il y a eu de nombreuses études portant sur les performances des animaux consommant des aliments GM et le sort de l'ADN recombinant et des protéines dans le lait, la viande et les œufs provenant d'animaux qui ont consommé des aliments GM. En fait, une liste de ces études est maintenue par la Fédération des sociétés de sciences animales (FASS). Le Conseil pour les sciences et technologies agricoles (CAST) a produit un rapport à ce sujet, tout comme l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Maintes et maintes fois la conclusion a été que les chercheurs n'ont pas pu détecter des fragments de gènes de plantes (à copie unique, endogènes) présents à l'état naturel, dans des échantillons d'aliments pour animaux d'élevage.

 

Cela a été résumé dans un tableau dans un chapitre, « The fate of transgenic DNA & newly expressed proteins » (le devenir de l'ADN transgénique et des protéines nouvellement exprimées), par le chercheur indépendant allemand Ralf Einspanier, dans un ouvrage de 2013 sous la direction de Gerhard Flachowsky intitulé « Animal nutrition with transgenic plants » (nutrition animale avec des plantes transgéniques).

 

 

 

Il montre que les deux articles écrits par le Pr Raffaella Tudisco et discuté dans l'article de Nature sont aberrants par rapport à de nombreuses autres études. Les auteurs de l'autre étude qui ont trouvé de l'ADNr dans le muscle de porc (Sharma et al., 2006) ont conclu :

 

« Cette étude confirme que des fragments d'ADN ingérés en provenance de l'alimentation (endogènes et transgéniques) survivent dans le tractus gastro-intestinal terminal et qu'il y a absorption par les tissus épithéliaux intestinaux. Une très basse fréquence de transmission vers les tissus viscéraux a été confirmée chez le porc, mais pas chez le mouton. Il est reconnu que le faible nombre de copies de transgènes dans les aliments GM est un défi pour leur détection dans les tissus, mais il n'y a aucune preuve suggérant que l'ADN recombinant et le matériel génétique endogène ingérés par le biais de l'alimentation seraient traités de manière différente dans l'intestin. »

 

Ce qui est particulièrement inhabituel est le constat de la présence de séquences d'ADN recombinant (ADNr) dans le lait frais d'animaux qui ont consommé des aliments GM. De multiples études à travers le monde ont testé intensivement cette hypothèse, et en dehors de ce groupe, il n'y a qu'une seule autre étude ayant détecté de l'ADNr. Dans ce cas, il a été trouvé dans le lait à la fois des témoins et du groupe qui a reçu des aliments génétiquement modifiés, ce qui a conduit les auteurs à conclure que « la détection de l'ADN GM dans le lait peut être interprétée comme un indicateur de contamination fécale ou aérienne », et que l'ADN ne provient pas de l'ingestion de l'aliment par les animaux. Il y a cependant de nombreuses études qui n'ont rien mis en évidence. Le fait est qu'il y a beaucoup de données ne montrant pas de transfert de l'ADN et des protéines de l'alimentation, qu'ils soient endogènes ou GM, vers le lait. À cet égard, les études du groupe italien sont de véritables exceptions.

 

Pourquoi est-ce important ? Ce n'est pas du point de vue de la santé publique. Comme le chapitre d'Einspanier (2013) le résume :

 

  • L'ADN fragmenté et les protéines de l'alimentation sont présents dans le tractus intestinal. Les fragments d'ADN de l'alimentation peuvent être transférés dans les tissus des animaux par suite d'un processus naturel.

 

  • Les données indiquent que la présence de fragments d'ADN de l'alimentation animale dans les tissus animaux ne représente pas un risque pour la santé de l'animal ou du consommateur.

 

  • Lorsque des fragments de gènes issus de l'ADN ingéré se trouvent dans les organes, ces fragments d'ADN étranger ne possèdent pas de fonction biologique et ne jouent aucun rôle dans les effets observés chez l'animal ; il n'a pas été trouvé qu'ils s'intégraient dans le génome de l'animal.

 

  • Lorsqu'on examine toutes les données disponibles, il n'y a aucune preuve scientifique que le lait, la viande ou les œufs dérivés d'animaux nourris avec des aliments GM récemment commercialisés sont moins sûrs pour le consommateur que les mêmes denrées produites avec des aliments conventionnels.

 

Cependant, du point de vue de l'étiquetage, il s'agit d'une question importante. Les produits tels que le lait, la viande et les œufs qui sont issus d'animaux nourris avec des aliments transgéniques sont actuellement exemptés d'étiquetage selon la législation de l'UE. Si de l'ADNr pouvait être détecté dans le lait, la viande, les œufs, cela pourrait déclencher un étiquetage obligatoire des produits d'origine animale ; une proportion importante des aliments pour animaux importés dans l'UE est de variétés génétiquement modifiées ; ce sont là deux points qui n'ont pas échappé à ceux qui s'opposent à l'utilisation des OGM dans les systèmes de production agricole.

 

________________

 

Alison Van Eenennaam, Ph.D. est généticienne et spécialiste de la vulgarisation coopérative au Département des sciences animales de l'Université de Californie, Davis. Son compte Twitter : @BioBeef

 

Source : https://www.geneticliteracyproject.org/2016/01/22/alison-van-eenennaam-botched-italian-gmo-soy-study-never-made-science-sense/

 

 

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    Ce qui est vraiment ahurissant pour moi, en tant que scientifique, c'est de me pencher sur le diaporama des images qui auraient été manipulées. Il semble montrer des images trafiquées et peut-être, ce qui est tout aussi troublant, l'utilisation de la même image dans des articles qui ont été publiés à des années d'intervalle, mais avec des légendes décrivant des expériences différentes. Je laisserais à l'Université de Naples le soin de juger formellement la question de la manipulation d'images, mais reste incrédule quant à ce qui semble être une réutilisation du même gel dans plusieurs articles.

     

    Quiconque a utilisé un gel d'agarose sait qu'il y a des irrégularités uniques qui sont semblables à une empreinte digitale. Voici une image de l'irrégularité qui est peut-être ma préférée ; elle est apparue involontairement sur un transfert de Southern Blot effectué par des étudiants à l'Université de Californie, Davis. Cela défie l'entendement que quelqu'un puisse penser que la duplication d'une image passerait inaperçue, surtout étant donné la nature controversée des recherches sur les OGM. Et cela met vraiment en question la véracité des autres données présentées dans ces articles.

     

     

    https://www.geneticliteracyproject.org/wp-content/uploads/2016/01/Picture1.png

    Crédit : J. D. Murray, UC Davis

     

     

    Les résultats publiés dans ces articles n'ont jamais vraiment fait de sens lorsqu'on les considère dans le contexte des nombreuses autres études sur l'alimentation animale dans la littérature scientifique. Il y a eu de nombreuses études portant sur les performances des animaux consommant des aliments GM et le sort de l'ADN recombinant et des protéines dans le lait, la viande et les œufs provenant d'animaux qui ont consommé des aliments GM. En fait, une liste de ces études est maintenue par la Fédération des sociétés de sciences animales (FASS). Le Conseil pour les sciences et technologies agricoles (CAST) a produit un rapport à ce sujet, tout comme l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Maintes et maintes fois la conclusion a été que les chercheurs n'ont pas pu détecter des fragments de gènes de plantes (à copie unique, endogènes) présents à l'état naturel, dans des échantillons d'aliments pour animaux d'élevage.

     

    Cela a été résumé dans un tableau dans un chapitre, « The fate of transgenic DNA & newly expressed proteins » (le devenir de l'ADN transgénique et des protéines nouvellement exprimées), par le chercheur indépendant allemand Ralf Einspanier, dans un ouvrage de 2013 sous la direction de Gerhard Flachowsky intitulé « Animal nutrition with transgenic plants » (nutrition animale avec des plantes transgéniques).

     

     

    https://www.geneticliteracyproject.org/wp-content/uploads/2016/01/Picture12-624x468.png

     

     

    Il montre que les deux articles écrits par le Pr Raffaella Tudisco et discuté dans l'article de Nature sont aberrants par rapport à de nombreuses autres études. Les auteurs de l'autre étude qui ont trouvé de l'ADNr dans le muscle de porc (Sharma et al., 2006) ont conclu :

     

    « Cette étude confirme que des fragments d'ADN ingérés en provenance de l'alimentation (endogènes et transgéniques) survivent dans le tractus gastro-intestinal terminal et qu'il y a absorption par les tissus épithéliaux intestinaux. Une très basse fréquence de transmission vers les tissus viscéraux a été confirmée chez le porc, mais pas chez le mouton. Il est reconnu que le faible nombre de copies de transgènes dans les aliments GM est un défi pour leur détection dans les tissus, mais il n'y a aucune preuve suggérant que l'ADN recombinant et le matériel génétique endogène ingérés par le biais de l'alimentation seraient traités de manière différente dans l'intestin. »

     

    Ce qui est particulièrement inhabituel est le constat de la présence de séquences d'ADN recombinant (ADNr) dans le lait frais d'animaux qui ont consommé des aliments GM. De multiples études à travers le monde ont testé intensivement cette hypothèse, et en dehors de ce groupe, il n'y a qu'une seule autre étude ayant détecté de l'ADNr. Dans ce cas, il a été trouvé dans le lait à la fois des témoins et du groupe qui a reçu des aliments génétiquement modifiés, ce qui a conduit les auteurs à conclure que « la détection de l'ADN GM dans le lait peut être interprétée comme un indicateur de contamination fécale ou aérienne », et que l'ADN ne provient pas de l'ingestion de l'aliment par les animaux. Il y a cependant de nombreuses études qui n'ont rien mis en évidence. Le fait est qu'il y a beaucoup de données ne montrant pas de transfert de l'ADN et des protéines de l'alimentation, qu'ils soient endogènes ou GM, vers le lait. À cet égard, les études du groupe italien sont de véritables exceptions.

     

    Pourquoi est-ce important ? Ce n'est pas du point de vue de la santé publique. Comme le chapitre d'Einspanier (2013) le résume :

     

    • L'ADN fragmenté et les protéines de l'alimentation sont présents dans le tractus intestinal. Les fragments d'ADN de l'alimentation peuvent être transférés dans les tissus des animaux par suite d'un processus naturel.

     

    • Les données indiquent que la présence de fragments d'ADN de l'alimentation animale dans les tissus animaux ne représente pas un risque pour la santé de l'animal ou du consommateur.

     

    • Lorsque des fragments de gènes issus de l'ADN ingéré se trouvent dans les organes, ces fragments d'ADN étranger ne possèdent pas de fonction biologique et ne jouent aucun rôle dans les effets observés chez l'animal ; il n'a pas été trouvé qu'ils s'intégraient dans le génome de l'animal.

     

    • Lorsqu'on examine toutes les données disponibles, il n'y a aucune preuve scientifique que le lait, la viande ou les œufs dérivés d'animaux nourris avec des aliments GM récemment commercialisés sont moins sûrs pour le consommateur que les mêmes denrées produites avec des aliments conventionnels.

     

    Cependant, du point de vue de l'étiquetage, il s'agit d'une question importante. Les produits tels que le lait, la viande et les œufs qui sont issus d'animaux nourris avec des aliments transgéniques sont actuellement exemptés d'étiquetage selon la législation de l'UE. Si de l'ADNr pouvait être détecté dans le lait, la viande, les œufs, cela pourrait déclencher un étiquetage obligatoire des produits d'origine animale ; une proportion importante des aliments pour animaux importés dans l'UE est de variétés génétiquement modifiées ; ce sont là deux points qui n'ont pas échappé à ceux qui s'opposent à l'utilisation des OGM dans les systèmes de production agricole.

     

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    Alison Van Eenennaam, Ph.D. est généticienne et spécialiste de la vulgarisation coopérative au Département des sciences animales de l'Université de Californie, Davis. Son compte Twitter : @BioBeef

     

    Source : https://www.geneticliteracyproject.org/2016/01/22/alison-van-eenennaam-botched-italian-gmo-soy-study-never-made-science-sense/

    GM soybeans reduce weight of goats’ offspring – new study (le soja GM réduit le poids des chevreaux – nouvelle étude), GMWatch, 2 mars 2015

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Ce qui est vraiment ahurissant pour moi, en tant que scientifique, c'est de me pencher sur le diaporama des images qui auraient été manipulées. Il semble montrer des images trafiquées et peut-être, ce qui est tout aussi troublant, l'utilisation de la même image dans des articles qui ont été publiés à des années d'intervalle, mais avec des légendes décrivant des expériences différentes. Je laisserais à l'Université de Naples le soin de juger formellement la question de la manipulation d'images, mais reste incrédule quant à ce qui semble être une réutilisation du même gel dans plusieurs articles.

 

Quiconque a utilisé un gel d'agarose sait qu'il y a des irrégularités uniques qui sont semblables à une empreinte digitale. Voici une image de l'irrégularité qui est peut-être ma préférée ; elle est apparue involontairement sur un transfert de Southern Blot effectué par des étudiants à l'Université de Californie, Davis. Cela défie l'entendement que quelqu'un puisse penser que la duplication d'une image passerait inaperçue, surtout étant donné la nature controversée des recherches sur les OGM. Et cela met vraiment en question la véracité des autres données présentées dans ces articles.

 

 

https://www.geneticliteracyproject.org/wp-content/uploads/2016/01/Picture1.png

Crédit : J. D. Murray, UC Davis

 

 

Les résultats publiés dans ces articles n'ont jamais vraiment fait de sens lorsqu'on les considère dans le contexte des nombreuses autres études sur l'alimentation animale dans la littérature scientifique. Il y a eu de nombreuses études portant sur les performances des animaux consommant des aliments GM et le sort de l'ADN recombinant et des protéines dans le lait, la viande et les œufs provenant d'animaux qui ont consommé des aliments GM. En fait, une liste de ces études est maintenue par la Fédération des sociétés de sciences animales (FASS). Le Conseil pour les sciences et technologies agricoles (CAST) a produit un rapport à ce sujet, tout comme l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Maintes et maintes fois la conclusion a été que les chercheurs n'ont pas pu détecter des fragments de gènes de plantes (à copie unique, endogènes) présents à l'état naturel, dans des échantillons d'aliments pour animaux d'élevage.

 

Cela a été résumé dans un tableau dans un chapitre, « The fate of transgenic DNA & newly expressed proteins » (le devenir de l'ADN transgénique et des protéines nouvellement exprimées), par le chercheur indépendant allemand Ralf Einspanier, dans un ouvrage de 2013 sous la direction de Gerhard Flachowsky intitulé « Animal nutrition with transgenic plants » (nutrition animale avec des plantes transgéniques).

 

 

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Il montre que les deux articles écrits par le Pr Raffaella Tudisco et discuté dans l'article de Nature sont aberrants par rapport à de nombreuses autres études. Les auteurs de l'autre étude qui ont trouvé de l'ADNr dans le muscle de porc (Sharma et al., 2006) ont conclu :

 

« Cette étude confirme que des fragments d'ADN ingérés en provenance de l'alimentation (endogènes et transgéniques) survivent dans le tractus gastro-intestinal terminal et qu'il y a absorption par les tissus épithéliaux intestinaux. Une très basse fréquence de transmission vers les tissus viscéraux a été confirmée chez le porc, mais pas chez le mouton. Il est reconnu que le faible nombre de copies de transgènes dans les aliments GM est un défi pour leur détection dans les tissus, mais il n'y a aucune preuve suggérant que l'ADN recombinant et le matériel génétique endogène ingérés par le biais de l'alimentation seraient traités de manière différente dans l'intestin. »

 

Ce qui est particulièrement inhabituel est le constat de la présence de séquences d'ADN recombinant (ADNr) dans le lait frais d'animaux qui ont consommé des aliments GM. De multiples études à travers le monde ont testé intensivement cette hypothèse, et en dehors de ce groupe, il n'y a qu'une seule autre étude ayant détecté de l'ADNr. Dans ce cas, il a été trouvé dans le lait à la fois des témoins et du groupe qui a reçu des aliments génétiquement modifiés, ce qui a conduit les auteurs à conclure que « la détection de l'ADN GM dans le lait peut être interprétée comme un indicateur de contamination fécale ou aérienne », et que l'ADN ne provient pas de l'ingestion de l'aliment par les animaux. Il y a cependant de nombreuses études qui n'ont rien mis en évidence. Le fait est qu'il y a beaucoup de données ne montrant pas de transfert de l'ADN et des protéines de l'alimentation, qu'ils soient endogènes ou GM, vers le lait. À cet égard, les études du groupe italien sont de véritables exceptions.

 

Pourquoi est-ce important ? Ce n'est pas du point de vue de la santé publique. Comme le chapitre d'Einspanier (2013) le résume :

 

  • L'ADN fragmenté et les protéines de l'alimentation sont présents dans le tractus intestinal. Les fragments d'ADN de l'alimentation peuvent être transférés dans les tissus des animaux par suite d'un processus naturel.

 

  • Les données indiquent que la présence de fragments d'ADN de l'alimentation animale dans les tissus animaux ne représente pas un risque pour la santé de l'animal ou du consommateur.

 

  • Lorsque des fragments de gènes issus de l'ADN ingéré se trouvent dans les organes, ces fragments d'ADN étranger ne possèdent pas de fonction biologique et ne jouent aucun rôle dans les effets observés chez l'animal ; il n'a pas été trouvé qu'ils s'intégraient dans le génome de l'animal.

 

  • Lorsqu'on examine toutes les données disponibles, il n'y a aucune preuve scientifique que le lait, la viande ou les œufs dérivés d'animaux nourris avec des aliments GM récemment commercialisés sont moins sûrs pour le consommateur que les mêmes denrées produites avec des aliments conventionnels.

 

Cependant, du point de vue de l'étiquetage, il s'agit d'une question importante. Les produits tels que le lait, la viande et les œufs qui sont issus d'animaux nourris avec des aliments transgéniques sont actuellement exemptés d'étiquetage selon la législation de l'UE. Si de l'ADNr pouvait être détecté dans le lait, la viande, les œufs, cela pourrait déclencher un étiquetage obligatoire des produits d'origine animale ; une proportion importante des aliments pour animaux importés dans l'UE est de variétés génétiquement modifiées ; ce sont là deux points qui n'ont pas échappé à ceux qui s'opposent à l'utilisation des OGM dans les systèmes de production agricole.

 

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Alison Van Eenennaam, Ph.D. est généticienne et spécialiste de la vulgarisation coopérative au Département des sciences animales de l'Université de Californie, Davis. Son compte Twitter : @BioBeef

 

Source : https://www.geneticliteracyproject.org/2016/01/22/alison-van-eenennaam-botched-italian-gmo-soy-study-never-made-science-sense/

 

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