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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Glané sur la toile (45) : « Les agriculteurs français surconsommateurs de pesticides ? » sur Science et pseudo-sciences

3 Janvier 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides

Glané sur la toile (45) : « Les agriculteurs français surconsommateurs de pesticides ? » sur Science et pseudo-sciences

 

 

Il s'agit de la version intégrale de l’article à paraître dans la revue Science et pseudo-science que nous attendons avec impatience.

 

C'est à lire ici.

 

M. Philippe Stoop, docteur- ingénieur en agronomie, directeur Recherche et Innovation de la société iTK, spécialiste des outils d’aide à la décision pour l’agriculture raisonnée et intégrée (celle qui utilise les produits phytosanitaires avec parcimonie et à bon escient), tord le cou à une légende urbaine soigneusement entretenue par les mouvances « vertes », déclarées ou plus ou moins insidieuses (on peut y inclure ces ministres et ces services officiels pour lesquels l'alpha et l'oméga de la politique en matière d'agriculture et d'environnement, du point de vue de la protection des plantes, sont la réduction (au mieux) et l'interdiction (au pire)).

 

Posons-le de manière plus brutale que M. Stoop : la France serait une consommatrice excessive de pesticides. Et, bien sûr, les agriculteurs seraient idiots ou, au mieux, auraient une fibre philanthropique particulièrement développée à l'égard des entreprises de l'agrochimie (qui ne sauraient être que des multinationales sataniques).

 

M. Stoop reprend donc les statistiques disponibles, en les mettant dans le contexte adéquat.

 

Cela donne ceci :

 

Consommation de pesticides ramenée à la surface agricole (terres arables et cultures permanentes) dans l’UE (figure 1a) et les principaux pays exportateurs agricoles mondiaux (figure 1b) (Source : FAO STAT). Indicateurs : chaque fois qu’il était disponible, nous avons employé l’indicateur agro-environnemental de référence de la FAO, la consommation d’ingrédients actifs dans les terres arables et cultures permanentes, (CIA TACP), en 2009. Pour les pays où cet indicateur n’était pas disponible2, nous l’avons estimé en faisant la somme des consommations d’herbicides, fongicides et insecticides, ramenée à la même surface. Ce calcul sous-estime un peu la consommation globale, car il néglige quelques catégories de pesticides mineurs (traitement de semences par exemple).

 

 

Et il y a une explication de texte, ou plutôt de chiffres.

 

 

On a vu M. Stoop sur le Plus de l'Obs. Il s'y est décrit comme « agronome atterré » avec cette explication :

 

« Pourquoi "Agronome atterré"? Parce que, comme beaucoup de mes collègues, j'ai l'impression d'atterrir dans un monde parallèle quand je vois la façon dont les médias parlent de l'agriculture ! D'où l'envie de remettre les faits avant l'idéologie, et faire entendre un autre discours que celui de la poignée d'agronomes qui monopolisent l'espace médiatique avec leurs boucs émissaires habituels, et leurs pseudo-solutions pour "sauver le monde". Comme la question ne manquera pas d'être posée, oui, ma société travaille entre autres pour des agrochimistes, mais aussi avec une foule d'organismes (instituts de recherche, chambres d'agriculture, coopératives viticoles...). »

 

M. Stoop avait produit deux articles au sujet d'une célèbre étude sur des rats, « Séralini et OGM : témoins suspects et lettre volée » et « Danger des OGM : l'étude qui invalide l'article de Séralini » ravageurs. Tellement ravageurs que les gestionnaires du site ne les ont jamais référencés... et qu'ils ont été supprimés. Pour constater cette surprenante ligne éditoriale, on peut lire un commentaire de M. Stoop ici,

 

Mais trêve de persiflage envers ceux qui pensent que la sainteté scientifique se défend au prétoire, et revenons aux produits phytos. La France agricole nous a gratifié ces derniers temps d'une série d'articles particulièrement utile. Dans son numéro du 27 novembre 2015, elle interrogeait : « Fongicides blé : la réduction jusqu'où ? » L'impact des maladies pendant la campagne 2014-2015 a été estimé à... 18 quintaux à l'hectare (pour mémoire, le rendement moyen français a approché les 80 quintaux à l'hectare). Selon des essais menés dans cinq départements de l'Ouest, deux traitements d'un coût s'échelonnant, en gros, entre 20 et 70 €/ha permettent un gain net, exprimé en termes de produit, de 5 à 15 quintaux... Une paille !

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