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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le dilemme moral de l'industrie des pesticides

9 Octobre 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Risk-monger, #Pesticides, #Agriculture biologique, #Alimentation

Le dilemme moral de l'industrie des pesticides

 

 

The Risk-monger*

 

 

L'industrie des pesticides doit choisir entre l'intégrité morale et la défense de ses produits contre les attaques des activistes des ONG et les lobbyistes du secteur de l'alimentation biologique, de manière à permettre aux agriculteurs conventionnels de mettre suffisamment de produits alimentaires sur le marché. Elle a choisi l'intégrité  ; des produits phytopharmaceutiques seront en conséquence retirés du marché.

 

 

Le monde des sciences agricoles assiste avec horreur aux démarches de pays, de régions et de distributeurs qui commencent à interdire le glyphosate, la matière active du principal herbicide de Monsanto, le Roundup. Les restrictions ne sont pas mises en œuvre sur des bases scientifiques (à niveau d'exposition identique, le café et les biscuits sont bien plus toxiques que le glyphosate), mais d'une indignation morale. Quelque part au cours de la dernière décennie, l'industrie chimique a perdu le droit de commercialiser ses produits et a été « dénormalisée », un peu comme l'industrie du tabac  ; en conséquence, sa science et ses données ne sont plus bienvenues auprès des organismes de réglementation, et elle est impuissante face aux vigoureuses campagnes militantes. Les spécialistes des affaires publiques d'autres secteurs – comme les technologies émergentes, les services bancaires, les produits pharmaceutiques, le pétrole et les vins et alcools – devraient étudier cette évolution dans les campagnes de communication afin d'anticiper les menaces systémiques qui pèsent sur la confiance que le public met en eux.

 

Le dilemme pour l'industrie des pesticides est de savoir comment se défendre contre cette attaque apparemment inexorable du lobby des produits biologiques et des ONG environnementales qui ont démontré qu'ils n'avaient aucun scrupule à mentir, à effrayer et à utiliser des moyens contraires à l'éthique pour gagner le point dans les débats, conquérir des parts de marché, augmenter les dons, battre la grande industrie et mettre en œuvre leur stratégie à courte vue de changement de la société. Et si « big chimie » s'opposait, menait le même genre de campagnes de harcèlement contre les pesticides bio et dissuadait encore plus les gens de manger des fruits et légumes ? Si un groupe se comporte de manière contraire à l'éthique (et marque le point), l'autre bord devrait-il aussi s'asseoir sur les règles et violer ses codes de déontologie ? S'il le faisait, il pourrait défendre ses produits et permettre aux agriculteurs de continuer à approvisionner de manière viable le marché... mais il aura perdu son intégrité. Ce dilemme moral, c'est celui de l'industrie des pesticides.

 

Une « preuve » de lien entre l'emploi de glyphosate sur le maïs et le soja et l'autisme... En fait, le maïs et le soja sont essentiellement utilisés pour l'alimentation animale...

Source : Genetically engineered crops, glyphosate and the deterioration of health in the United States of America, Nancy L. Swanson, Andre Leu, Jon Abrahamson and Bradley Wallet.

André Leu, l'auteur de référence pour la correspondance, est de l'IFOAM.

 

 

Quelques faits sur le glyphosate

 

Dans les actions contre le glyphosate, comme dans la plupart des campagnes de peur des activistes, les faits sont souvent perdus dans les mantras que propagent sans cesse les gourous « concernés », les mamans blogueuses (Food Babe [1], Mamavation [2], Living Traditionally [3], etc.), les lobbyistes du bio (OCA [4], IFOAM [5], JustLabelIt [6], etc.) et les ONG anti-pesticides (Pesticides Action Network [7], Beyond Pesticides [8], les Amis de la Terre [9], Environmental Defense Fund [10], Greenpeace [11], etc.). Cependant, il faut garder à l'esprit quelques faits scientifiques de base pour se forger une opinion.

 

  • Le glyphosate a un niveau de toxicité beaucoup plus faible (pour des niveaux d'exposition moyen) que les biscuits et le café [12].

  • L'utilisation d'herbicides augmente les rendements [13].

  • L'utilisation des OGM n'augmente pas [14] l'utilisation des pesticides.

  • Il n'y a aucune preuve d'un lien entre le glyphosate dans la chaîne alimentaire et l'autisme, le diabète et l'obésité. (Aucune référence n'est donnée ici parce que ce sont des rumeurs abondamment répétées sur les réseaux sociaux sans indication de sources crédibles.)

  • La consommation américaine de fruits et légumes frais est en baisse [15] en raison de la crainte des pesticides, ce qui augmente les risques globaux de cancer [16].

 

Cette magnifique corrélation entre l'autisme et les ventes de produits bio est une preuve de relation de cause à effet aussi crédible que la corrélation du graphique précédent...

Source : http://www.geneticliteracyproject.org/2015/01/09/autism-increase-mystery-solved-no-its-not-vaccines-gmos-glyphosate-or-organic-foods/

 

 

L'hypocrisie du lobby du bio

 

  • Les agriculteurs bio utilisent aussi des pesticides, mais à la différence que leurs toxines ne proviennent que de sources naturelles. Aux États-Unis, il y a plus de 3500 produits phytosanitaires approuvés pour une utilisation en agriculture biologique [17].

  • Il a été montré que certains pesticides bio causent des pertes massives d'abeilles [18].

  • Les fabricants de pesticides bio désignent souvent leurs produits comme des « savons» [19]. Et, en effet, le savon peut être toxique.

  • Aux États-Unis, il n'y a pas de tests de contrôle pour détecter les niveaux toxiques de résidus de pesticides certifiés bio sur les fruits et légumes biologiques [20]. Ainsi, contrairement à la croyance populaire, alors que nous connaissons les niveaux d'exposition liés aux produits conventionnels, nous n'avons absolument aucune idée des toxicités issues des produits bio. Comme de nombreux pesticides bio (désolé, « de savons insecticides ») sont beaucoup plus toxiques que le glyphosate, nous ne pouvons que supposer que la plupart des produits bio sont plus toxiques que les produits agricoles conventionnels, bien contrôlés.

 

 

Des activistes handicapés éthiques

 

Alors que beaucoup considèrent que les militants anti-pesticides font « œuvre divine », ces sortes de religieux font le plus souvent le travail pour le lobby du bio, un secteur qui se développe avec vivacité (et rapacité ?) et vaut maintenant des centaines de milliards de dollars. Voir une récente étude révélatrice sur le secteur du bio aux États-Unis [21], y compris un résumé de leurs budgets de lobbying et de leurs techniques à l'éthique fort discutable.

 

 

  • L'Environmental Defense Fund a payé des scientifiques pour représenter leurs intérêts dans des instances internationales et a manqué de transparence à ce sujet. Voir mon article [22] sur comment un scientifique d'EDF, Christopher J Portier, a été payé par EDF pour, dans un premier temps, convaincre le CIRC de faire une étude sur le glyphosate et, dans un deuxième temps, servir en tant que conseiller spécial externe, le seul nommé dans le groupe de travail du CIRC chargé de l'évaluation du glyphosate, pour obtenir une classification « probablement cancérogène » alimentant les campagnes de lobbying du bio.

  • L'American Organic Consumer Organization a payé un Rottweiler politique pour mettre en place un groupe écran appelé US Right to Know [23], lequel a utilisé la loi sur l'accès à l'information pour pouvoir farfouiller dans les courriels entre les entreprises et les chercheurs. Ils ont déniché un paiement de 25.000 dollars de Monsanto à l'Université de Floride pour que leur biologiste Kevin Folta puisse organiser une série d'événements de vulgarisation scientifique. Ceux qui ont organisé des événements savent que 25K, c'est peanuts pour ce genre d'activités ; mais les lobbyistes du bio et les activistes des ONG n'en ont eu cure et ont fondu sur Dr Folta, en essayant de détruire sa réputation comme seuls les chasseurs de sorcières savent le faire. Pendant ce temps, des pages web qui reconnaissaient un financement par des lobbyistes du bio, comme celle de l'Université de l'État de Washington [24] qui obtient 250.000 dollars par an pour faire des recherches soutenant l'agriculture biologique, ont été subrepticement retirées.

  • Le Groupe de travail de l'UICN sur les pesticides systémiques a bénéficié d'un financement d'un montant non divulgué de groupes pro-bio pour faire campagne contre les pesticides [25]. Cette bande de scientifiques activistes a même consigné dans un document la stratégie [26] appliquée pour exploiter la crise supposée de l'abeille en vue de faire interdire les pesticides néonicotinoïdes, stratégie incluant la publication, dans des revues à fort impact, d'articles montrant comment ces produits ont affecté la santé des abeilles. Ce document de stratégie a été produit quatre ans avant la publication de leurs recherches (intervenue, toutefois, dans un journal de très faible impact). Versons encore des toxines sur leur intégrité scientifique : cette bande de militants en blouse blanche avait un directeur scientifique sans aucune expérience dans la recherche sur les abeilles, n'a jamais publié la liste complète de ses membres et n'a pas été transparente sur les montants qu'ils reçoivent.

  • Les mamans blogueuses comme la FoodBabe, Mamavation et Living Traditionally (lien ci-dessus) ont mis des clauses de non-responsabilité sur leurs sites Web, à propos des produits qui y sont vantés, pour dire qu'elles ne ne font que prendre des commissions sur le trafic généré vers les produits biologiques et tirer des revenus publicitaires. L'image qu'elles projettent est celle de mères inquiètes (tout comme les autres mères) partageant des informations sur les réseaux sociaux pour contribuer à la promotion de la santé des familles (sans nul doute pendant que leurs bébés font dodo). Dans le cours de lobbying que je dispense, j'appelle cela « inspirer la confiance 101 » (créer un lien de solidarité au sein d'un groupe vulnérable). Comment font ces super-mamans pour aller à Washington, négocier avec les entreprises et faire du lobbying dans de grandes organisations et institutions pour que celles-ci boycottent certaines entreprises ou industries ou se dissocient d'elles ? Tel est le visage doux et amical du lobby du bio : une source apparemment crédible, inspirant la confiance, avec de belles histoires suscitant une vague de soutien grâce à leurs communautés dans les réseaux sociaux, à l'instar de ce qu'avait fait l'industrie des détergents dans les années 1950, à l'aube d'une autre nouvelle technologie de communication.

 

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Mon chien vient de mourir

 

La semaine dernière, je parlais lors d'un événement à Bruxelles avec un directeur de l'industrie de la protection des plantes et je lui ai demandé pourquoi ils ne soulèvent pas la question des risques pour la santé, la toxicité élevée et l'absence de contrôle des résidus de pesticides approuvés pour une utilisation par l'agriculture biologique. En voici un extrait :

 

« Ne devriez-vous pas faire campagne pour mettre fin aux malentendus créés par le secteur du bio ?

 

Eh bien David, nous ne sommes pas censés attaquer les concurrents, les autres produits ou les autres secteurs. Ce serait aller à l'encontre des codes de conduite appliqués à l'échelle de l'industrie.

 

Oui, mais le secteur du bio vous taille en pièces et, très franchement, mange dans votre assiette...

 

Il a haussé les épaules et baissé les yeux, avec l'expression qu'il aurait à l'annonce que son chien venait de mourir. Il n'y a rien qu'il puisse faire à ce sujet.

 

Voilà donc le dilemme moral de l'industrie des pesticides. Ils perdent la campagne de lobbying sur les pesticides et ont perdu la confiance du public ainsi que des parts de marché au profit d'une bande de menteurs machiavéliques, de charlatans et de lobbyistes dénués de sens de l'éthique (qui ont paradoxalement réussi à dépeindre de manière perverse l'industrie chimique comme des opérateurs économiques sans éthique). En utilisant des outils trompeurs dans les réseaux sociaux, le lobby pro-bio a gagné des parts de marché et fait avancer l'idée qu'il faut généraliser les règlements contre des pesticides tels que le glyphosate [27] : propagé le sentiment erroné que nous sommes tous d'accord qu'une certaine chose est mauvaise et qu'elle doit être éradiquée. Les agriculteurs perdent des outils essentiels pour l'approvisionnement des marchés, la sécurité alimentaire devient de plus en plus un problème car les rendements sont en baisse [28], et la consommation de fruits et légumes est aussi en baisse [29] en raison des craintes fabriquées sur les pesticides. C'est là le fruit d'un comportement contraire à l'éthique du lobby du bio, indépendamment de la manière utilisée pour l'atteindre.

 

L'industrie de la protection des plantes devrait-elle contre-attaquer ? Le peut-elle ?

 

  • Si elle contribue aux craintes du public au sujet de la toxicité des pesticides utilisés en agriculture biologique, le seul résultat qu'elle obtiendra est d'augmenter les appréhensions du public (et d'accélérer le déclin de la consommation de micronutriments pour lutter contre le cancer du fait de la baisse de consommation de fruits et légumes frais).

    Ce serait contraire à l'éthique, même si le lobby du bio ne semble pas avoir de problème avec sa propre démarche.

  • Si l'industrie de la protection des plantes parvenait à attirer l'attention sur les niveaux de toxicité élevés des pesticides certifiés pour l'agriculture biologique, et à les faire retirer du marché, elle ne rendrait que plus difficile la tâche des agriculteurs et de leurs clients, et les priverait d'outils pour protéger leurs cultures.

    Ce serait contraire à l'éthique, même si le lobby du bio ne semble pas avoir de problème avec sa propre démarche.

  • Si elle attaquait ouvertement les produits des concurrents, elle enfreindrait les codes d'éthique que les employés des entreprises chimiques ont signé lors de leur premier jour de travail, codes qui (c'est mon expérience personnelle) leurs sont régulièrement rappelés.

    Ce serait contraire à l'éthique, même si le lobby du bio ne semble pas avoir de problème avec sa propre démarche. Ce qui est pire, c'est que les ONG environnementales, non seulement ne disposent pas de codes de déontologie, mais encore se félicitent de leurs tactiques de mensonge [30].

 

Il semble donc qu'il n'y a vraiment rien que l'industrie des pesticides puisse faire. En raison de la conjonction de l'incapacité intellectuelle ou des parti pris de régulateurs peu courageux, et du comportement contraire à l'éthique et sans discernement des militants d'ONG et des lobbyistes du bio qui ont suscité une indignation morale fondamentaliste contre l'industrie, des produits comme le glyphosate seront bientôt retirés de la plupart des marchés, malgré les données scientifiques, les risques de baisse des rendements et la stupidité des campagnes de ces activistes. C'est triste, mais telle est la réalité dans ce que nous pouvons appeler l'Âge de la stupidité.

 

 

Les zélotes moralisateurs

 

Cela a l'apparence d'un conflit entre déontologues (kantiens) et utilitaristes. Les employés de l'industrie et les scientifiques ont un code de conduite, déontologiquement contraignant ; ils doivent se comporter d'une certaine manière en fonction de règles (c'est pourquoi ils ne rejoignent pas les militants pro-bio dans la boue). Les ONG et les lobbyistes du bio sont des hybrides d'utilitaristes machiavéliques qui considèrent que la fin (se débarrasser de l'industrie et des produits qu'ils abhorrent) justifie les moyens (faire tout ce qu'on peut pour gagner), la fin recevant une giclée de parfum messianique : sauver le monde en éliminant les produits chimiques. S'estimant moralement supérieurs à l'industrie à but lucratif et à la communauté des chercheurs supposés vénaux, ces éco-croisés ne flanchent jamais devant la perspective de franchir une ligne rouge pour atteindre leurs objectifs.

 

Ce qui est pire (cet article peut-il vraiment faire plus dans la description de cette situation ?), c'est que, outre cette croyance erronée qu'ils sauvent le monde en faisant tout ce qu'ils peuvent pour arrêter les pesticides, les mauvais génies qui tirent les ficelles des marionnettes pro-bio ont aussi convaincu leurs fidèles naïfs que l'industrie est intrinsèquement immorale ; qu'elle – l'industrie – fait du lobbying, et eux pas ; qu'elle empoisonne, et eux pas ; qu'elle fabrique la science, et eux pas... et donc que toute mesure que les militants peuvent prendre pour lutter contre ce fléau perçu (y compris la fabrication de mensonges, la diffusion de préjugés et la création de peurs) est justifiée par l'effet qu'elle aura pour le plus grand bien.

 

 

L'industrie s'en est tenue à ses principes : compter sur les meilleurs résultats de recherche, ne pas attaquer les produits des concurrents, ne pas susciter de peurs infondées dans le public... Le secteur du bio fait du lobbying sans code de conduite et, dans un monde où les régulateurs font preuve de faiblesse ou plus simplement d'opportunisme, avec les éco-zélotes à ses côtés, transforme son opportunisme à but utilitaire et manipulateur en politique et en succès commercial.

 

 

Un cauchemar digne de Goebbels

 

Les militants pro-bio ne sauraient admettre l'idée que, contrairement à l'industrie, les écologistes ont agi en violation de l'éthique. Cette idée est tout simplement trop étrangère pour eux, et ceux qui ont pris la peine de lire jusqu'ici sont probablement en train de compiler une liste de leurs histoires largement répétées contre l'industrie (comme les lecteurs de la page Facebook de Risk-monger le savent, je suis toujours ouvert à la discussion, mais, malheureusement, la plupart des activistes ne veulent pas s'engager dans une conversation avec ceux qui sont en désaccord avec eux).

 

Lorsque les soldats britanniques entraient dans les villes et villages de l'Allemagne vaincue à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils ont été accueillis avec incrédulité par les populations locales qui ne pouvaient toujours pas comprendre pourquoi les Britanniques ne s'étaient pas rendus en 1942. Lorsque des gens innocents sont bombardés de propagande incessante, ils deviennent totalement incapables de se réveiller et de faire face aux faits. Joseph Goebbels a utilisé des outils émergents de communication dans les années 1930 (cinéma, radio) pour effrayer le peuple et l'engager à se rallier à des mensonges irrationnels et dangereux, et il a fait un travail très efficace.

 

Aujourd'hui, la propagande chimiophobe est si profondément ancrée via les réseaux sociaux que les consommateurs innocents considèrent que les déclarations sur la faible toxicité du glyphosate ne reflètent pas la science, mais le travail méprisable de complices de l'industrie payés par elle. Dans les récentes batailles sur les réseaux sociaux, lorsque je tentais de démontrer que les données sur la DL50 relèvent tout simplement de la chimie, ils me répondaient que tous les scientifiques ont été séduits et payés par Monsanto. Certains contributeurs pourraient être tout simplement naïfs et peu informés, alors que d'autres, comme Nassim Nicholas Taleb, qui souffre momentanément de folie, semblent avoir d'autres motivations.

 

Comme les villageois allemands en 1945, de nombreux partisans du bio ne peuvent pas imaginer que le lobby du bio a agi contrairement à l'éthique, ce que l'industrie des pesticides n'a pas fait ; Goebbels serait fier des campagnes du lobby du bio. Ces dernières semaines, sur la page Facebook de Risk-monger, j'ai pu constater leur état d'esprit et leur refus obstiné d'accepter les faits scientifiques largement acceptés. La propagande bio a son référentiel ; dès lors que vous succombez aux matrices de la peur, les arguments irrationnels peuvent s'aligner en système cohérent. Et quand vous faites remarquer certains faits, la réponse est de les écarter ou de vous traiter de noms d'oiseaux.

 

 

Démoralisé

 

Aucun fait scientifique ne va sauver le glyphosate, aider les agriculteurs, les consommateurs et les personnes pauvres dans les pays en développement vulnérables aux chocs mondiaux de sécurité alimentaire. Comme l'industrie de la protection des plantes ne violera pas ses règles ou ses codes d'éthique, le sort du glyphosate est, dit tout simplement, scellé.

 

Nous voulons en quelque sorte croire que la vérité l'emportera un jour sur l'anxiété, mais en tant que gestionnaire de risques, je ne saurais jamais sous-estimer la durabilité de l'émotion suscitée par la peur – les ONG et les lobbyistes du bio savent certainement ce qu'ils font (et d'un point de vue machiavélique, ils le font très bien).

 

La seule valeur que nous pouvons tirer de ce moment sombre de l'histoire des affaires publiques est la leçon à tirer pour d'autres industries sur comment éviter de perdre la confiance du public au point qu'une bande de menteurs idiots peut essaimer ses mensonges avec des outils de communication à bas prix et crédibiliser leurs alternatives inadéquates sans preuves, en dépit de la raison et au mépris de l'intégrité. Je soupçonne que les industries pétrolières et bancaires ont déjà entamé leur descente aux enfers de la « dénormalisation » ; mon espoir est que l'industrie pharmaceutique et celles de l'alcool et des technologies émergentes pourront identifier une meilleure stratégie avant qu'il ne soit trop tard.

 

La société a déjà cédé beaucoup trop d'avantages importants à ces pervers de la précaution.

 

Auteur : David Zaruk

 

_________________

 

* David pense que la faim, le SIDA et des maladies comme le paludisme sont les vraies menaces pour l'humanité – et non les matières plastiques, les OGM et les pesticides. Vous pouvez le suivre à plus petites doses (moins de poison) sur la page Facebook de Risk-Monger :

www.facebook.com/riskmonger.

 

Source : http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/10/01/the-pesticide-industrys-moral-dilemma/

 

 

[1] http://foodbabe.com/

 

[2] http://www.mamavation.com/

 

[3] http://livingtraditionally.com/

 

[4] https://www.organicconsumers.org/

 

[5] http://www.ifoam.bio/

 

[6] http://www.justlabelit.org/

 

[7] http://www.panna.org/

 

[8] http://www.beyondpesticides.org/

 

[9] http://www.foe.org/

http://www.amisdelaterre.org/

 

[10] https://www.edf.org/

 

[11] http://www.greenpeace.org/

http://www.greenpeace.org/france/fr/

 

[12] https://doccamiryan.files.wordpress.com/2014/03/toxicity-table4.png?w=676

 

[13] http://www.wssp.org.pk/131216.htm

 

[14] https://reason.com/blog/2014/11/06/biotech-crops-use-less-pesticide-study-r

 

[15] http://www.thepacker.com/fruit-vegetable-news/dirty_dozen_list_surfaces_again_122128829.html

 

[16] https://reason.com/archives/1994/11/01/of-mice-and-men/2

 

[17] http://www.omri.org/omri-lists

 

[18] http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/06/17/save-the-bees-ban-these-two-toxic-pesticides-immediately/

 

[19] http://www.certisusa.com/pdf-labels/DES-X_label.pdf

 

[20] http://appliedmythology.blogspot.be/2012/12/pesticide-residues-on-organic-what-do.html

 

[21] http://academicsreview.org/wp-content/uploads/2014/04/Academics-Review_Organic-Marketing-Report1.pdf

 

[22] http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/03/31/iarcs-glyphosate-publication-another-organisation-captured-by-ngo-activist-shills/

 

[23] http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/08/15/anti-gmo-neo-mccarthyism-its-getting-shilly-out-there/

 

[24] http://www.geneticliteracyproject.org/glp-facts/charles-benbrook-severed-former-wash-state-organic-consultant-misrepresents-conflicts/

 

[25] http://risk-monger.blogactiv.eu/2014/12/10/the-iucn%E2%80%99s-activist-science-bee-team-who%E2%80%99s-who-and-who%E2%80%99s-funding-them/

 

[26] http://risk-monger.blogactiv.eu/2014/12/02/iucn%E2%80%99s-anti-neonic-pesticide-task-force-an-expose-into-activist-science/

 

[27] http://risk-monger.blogactiv.eu/2013/05/15/the-commonality-policy-crisis-part-2-chemicals/

 

[28] http://risk-monger.blogactiv.eu/2014/09/30/the-save-the-bees-ban-failed-crops-and-another-precautionary-fail-who-is-to-blame/

 

[29] http://appliedmythology.blogspot.be/2012/09/to-you-really-need-to-buy-organic-foods.html

 

[30] http://risk-monger.blogactiv.eu/2013/10/09/the-nobel-prize-for-agriculture-is-it-ok-to-lie/

 

  • Le glyphosate a un niveau de toxicité beaucoup plus faible (pour des niveaux d'exposition moyen) que les biscuits et le café [12].

  • L'utilisation d'herbicides augmente les rendements [13].

  • L'utilisation des OGM n'augmente pas [14] l'utilisation des pesticides.

  • Il n'y a aucune preuve d'un lien entre le glyphosate dans la chaîne alimentaire et l'autisme, le diabète et l'obésité. (Aucune référence n'est donnée ici parce que ce sont des rumeurs abondamment répétées sur les réseaux sociaux sans indication de sources crédibles.)

  • La consommation américaine de fruits et légumes frais est en baisse [15] en raison de la crainte des pesticides, ce qui augmente les risques globaux de cancer [16].

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bob 12/10/2015 03:35

Excellente traduction!

Le roundup n'est pas le seul à faire les frais du lobbyisme des environnementalistes. Les néonics en traitement de semence en ont fait les frais récemment en Ontario: http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/ontario-unveils-first-restrictions-on-class-of-pesticides/article24874268/

un physicien 10/10/2015 18:21

L'auteur évoque à la fin l'industrie de l'alcool. Celle ci a l'air de bien se porter et de n'être critiquée que par quelques ringards. Les pouvoirs publics n'ont pas l'air tentés d'y mettre des freins, comme ceux qu'ils mettent à celle du tabac sont ridiculement sous dimensionnés. Verra-t-on un jour S. Royal ou un autre ministre retirer des bouteilles de whisky des rayons d'un supermarché ou des paquets de cigarettes de ceux d'un buraliste ?

Seppi 11/10/2015 00:07

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je dois dire que j'ai été tenté de supprimer les références à l'alcool dans la traduction. Et puis je me suis dit que les ligues de tempérance...

Verra-t-on... ? On n'a pas encore tout vu...