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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Glané sur la toile (26) : « Marché bio mondialisé: et l'environnement? »

29 Septembre 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Agriculture biologique, #Alimentation

Glané sur la toile (26) : « Marché bio mondialisé: et l'environnement? »

 

 

Les thuriféraires du « bio » aiment à le parer de vertus qui, évidemment, font défaut – explicitement ou implicitement selon les discours – du côté du « conventionnel ».

 

Dans cet article publié par Swissinfo [1], l'auteur s'efforce... enfin s'efforce en citant ou paraphrasant des interlocuteurs du monde du bio qui, eux-mêmes, s'efforcent... enfin s'efforcent de faire un grand écart qui ne soit pas trop voyant. Mais qui n'échappe pas au lecteur attentif et critique.

 

En apéritif :

 

« Tomates du Maroc dans les assiettes suisses ou müesli de Suisse centrale sur les tables chinoises: les produits biologiques eux aussi parcourent des distances de plus en plus grandes du producteur au consommateur. Le marché helvétique va également suivre la croissance du commerce extérieur. Et l'environnement dans tout ça? »

 

Le président de Bioforum Schweiz [2], M. Martin Köchli, répond selon l'auteur qu'il :

 

« se réjouit, certes, de voir de plus en plus de produits biologiques sur les rayons de Migros ou Coop, mais il estime que l’approvisionnement ne doit pas être renouvelé en permanence. »

 

Et si le discours se faisait plus pragmatique et, au final, plus honnête ? Il y a des producteurs qui veulent, dans une bonne logique commerciale, fidéliser leurs clients, consommateurs « bio »... ceux-ci veulent des tomates toute l'année... donc il faut les leur livrer aussi quand la production locale est nulle ou insuffisante... donc il faut importer... donc il faut mettre un bémol sur le discours de la vertu environnementale.

 

Ah le soja « bio » importé pour nourrir le bétail suisse, en partie d'Inde !

 

Selon M. Köchli,

 

« Il ne convient pas d’importer des quantités énormes de soja et de maïs du Brésil pour nourrir des animaux de rente chez nous. Ces immenses surfaces consacrées à la production de fourrage sont autant de cultures qui font défaut pour nourrir la population locale. « 

 

Selon M. Daniel Bärtschi, le responsable de Bio Suisse [3] :

 

« Pour un paysan indien, c'est une chance s'il peut mettre ses produits bio sur le marché suisse. »

 

Mouais ! Le paysan indien vend à une chaîne d'intermédiaires... Ce qui n'empêche pas, du reste, que sa production puisse être plus rentable pour lui et sa famille, et au final, pour l'économie nationale indienne, qu'une production de subsistance.

 

L'auteur de l'article interroge :

 

« Mais ce soja est-il encore compatible avec le principe écologique de durabilité, s’il doit être transporté sur 10’000 kilomètres?

 

Réponse :

« Le responsable de Bio Suisse Daniel Bärtschi justifie ces importations par le fait qu’on ne cultive pas suffisamment de soja en Suisse et en Europe. Comme pour l’ensemble des produits certifiés, le transport par avion est exclu, ce qui améliore considérablement le bilan écologique. »

 

La réponse est intéressante... On peut l'appliquer de la même manière au « conventionnel...

 

En fait, elle est aussi très insuffisante : le bilan écologique ne se limite pas, loin de là, à la question du transport et de la proximité.

 

La question se pose aussi pour les produits exportés par la Suisse, tel le muesli « bio » de bio-familia AG, qui va par exemple jusqu'en Chine.

 

L'agriculteur Köchli

 

« souhaiterais que bio-familia dispose d’une clientèle plus proche pour assurer son existence ».

 

Pour Mme Bettina Künzli, cheffe adjointe du marketing de bio-familia [4],

 

« La question est justifiée [...]. Dans un monde globalisé, c'est un fait. Nous ne pourrions pas survivre avec le seul marché intérieur.»

 

« Bio » ou pas, il y a des réalités incontournables...

 

On peut aussi lire sur le site de bio familia :

 

« Nous sommes économes en ressources, ce qui nous permettra de produire de manière efficiente et durable des produits sains aussi dans le futur. »

 

On ne peut répondre, par écrit, qu'en faisant allusion au geste du joueur de violon... Il y a des réalités incontournables !

 

Ce n'est pas, là, vilipender le « bio », mais simplement appeler à plus de responsabilité et moins de blabla.

 

 

________________

 

[1] http://www.swissinfo.ch/fre/agriculture-biologique_march%C3%A9-bio-mondialis%C3%A9--et-l-environnement-/41675918

 

[2] http://www.bioforumschweiz.ch/

 

[3] http://www.bio-suisse.ch/fr/

 

[4] http://www.bio-familia.com/fr/accueil.html

 

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