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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

60 millions : « À lire avant de jeter les OGM aux orties »

16 Août 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #60 Millions

60 millions : « À lire avant de jeter les OGM aux orties »

 

À propos de « Plantes génétiquement modifiées, menace ou espoir » et quelques autres

 

 

Cela mérite d'être relevé : 60 millions de consommateurs a publié dans son numéro de juillet/août 2015 un articulet pour présenter – sous un titre positif, « À lire avant de jeter les OGM aux orties » – un ouvrage collectif de l'Académie d'agriculture de France, « Plantes génétiquement modifiées, menace ou espoir ».

 

L'ouvrage, publié aux éditions Quae, a été produit sous la coordination de M. Jean-Claude Pernollet, directeur de recherche honoraire de l'INRA et membre de l'Académie.

 

Court (96 pages) et dense, il répond à une dizaine de questions – situation des plantes génétiquement modifiées (PGM) dans le monde, raisons scientifiques et économiques du développement des OGM, bénéfices, effets sur la santé humaine et animale, conséquences sur l'environnement, coexistence entre PGM et cultures non transgéniques, aspects juridiques et socio-économiques, raisons de la mauvaise réputation des PGM en Europe – sans manichéisme et sans complaisance.

 

Une saine lecture !

 

Cet ouvrage s'inscrit dans la même ligne que « 10 questions à Bernard le Buanec sur les OGM », de l'Académie des technologies (EDP Sciences éd., 66 pages, avril 2014). Tout aussi intéressant.

 

Nous reprocherons toutefois à cet ouvrage d'avoir un titre peu engageant pour le chaland. Il est réduit à « 10 questions sur les OGM » sur la tranche. Et c'est plutôt bien lisible malgré la minceur de la tranche. Mais est-ce une incitation pour le rat de librairie à tirer l'ouvrage d'un rayon dont nous trouvons qu'il est de plus en plus mal placé et de plus en plus encombré par la littérature anxiogène et ésotérique ?

 

On n'oubliera pas de mentionner ici deux autres ouvrages récents, « OGM, la question politique », de Marcel Kuntz (PUG, février 2014) et « Pourrons-nous vivre sans OGM? 60 clés pour comprendre les biotechnologies végétales », ouvrage collectif coordonné par Yvette Dattée et Georges Pelletier (Quae, février 2014). Avec nos excuses pour les autres.

 

Et, pour en revenir à 60 millions, on ne peut que former le vœu qu'après avoir lu l'ouvrage de l'Académie d'agriculture, il s'investisse un peu plus dans le décryptage et la démystification dans l'intérêt même des consommateurs.

 

Nous avions eu, en quelque sorte à nos portes, une pomme de terre résistante au mildiou, 'Fortuna' de BASF, dont la production aurait nécessité une utilisation largement amoindrie de fongicides, tant en « conventionnel » qu'en « biologique » ; rappelons que, propagande nonobstant, la « bio » exige de grandes quantités de fongicides, de cuivre sous forme par exemple de bouillie bordelaise, nullement anodine pour la santé et l'environnement. BASF Plant Science a retiré sa demande d'autorisation de mise en culture le 29 janvier 2013, ainsi que celles concernant les variétés 'Amadea' et 'Modena' (destinées à la production d'amidon pour l'industrie selon des process plus favorables à l'environnement), considérant que « La poursuite des investissements ne peut être justifiée en raison de l'incertitude de l'environnement réglementaire et les menaces de destructions sur le terrain ».

 

Aux États-Unis d'Amérique, l'USDA et la FDA ont donné le feu vert à une pomme de terre, 'Innate' de J.R. Simplot Company’s Plant Sciences, qui brunit moins que son homologue « conventionnelle » et, surtout, qui produit moins d'acrylamide cancérigène lors de la friture.

 

La pomme de terre 'Innate Russet Burbank' (au premier plan) et la variété d'origine 30 minutes après avoir été pelées.

 

De manière similaire, on y trouve une pomme, 'Arctic Apple' d'Okanagan Specialty Fruit, qui ne brunit pas quand elle est coupée, ce qui permet de limiter le gaspillage.

 

Ce ne sont là que l'avant-garde et les précurseurs de produits GM dont l'intérêt est évident pour les consommateurs.

 

Mais toutes les études sur leur innocuité et leur intérêt pour les consommateurs ne suffiront pas à contrer la désinformation d'entités qui agitent la peur et la menace de boycott. 60 millions peut jouer un rôle important, sinon déterminant, d'explication.

 

Franchement, ce serait plus utile et plus gratifiant que de sortir un numéro spécial sur « Ces aliments qui nous empoisonnes » [1].

 

___________________

 

[1] http://seppi.over-blog.com/2015/06/glane-sur-la-toile-2-la-pomme-empoisonnee-d-adeline-t-ou-comment-le-consommateur-se-fait-rouler-a-60-aliments-toxiques-60-mi.html

 

 

 

 

 

 

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