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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le glyphosate classé « cancérigène probable » : le BfR communique, l'OMS... bof !

10 Juillet 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #CIRC

Présentation du BfR - Symposium "Sécurité des produits phytopharmaceutiques contenant du glyphosate, ICC, Berlin, 2015-01-20
Présentation du BfR - Symposium "Sécurité des produits phytopharmaceutiques contenant du glyphosate, ICC, Berlin, 2015-01-20

Le glyphosate classé « cancérigène probable » : le BfR communique, l'OMS... bof !

Le Bundesinstitut für Risikobewertung (BfR – Institut fédéral d'évaluation des risques) a produit un communiqué mis à jour le 3 juillet 2015 [1].

 

Selon ce communiqué, un rapport, révisé une première fois, a été soumis à une réunion d'experts dans le cadre de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) en février 2015. Le rapport a été complété et remis le 1er avril 2015 au Bundesamt für Verbraucherschutz und Lebensmittelsicherheit (BVL, Office Fédéral pour la protection des consommateurs et la sécurité des aliments) pour transmission à l'EFSA. À ce stade, l'implication du BfR dans l'exercice est terminée. Sauf évidemment pour les idéologues des conflits d'intérêts qui continueront à chercher noise à la procédure européenne...

 

Le BfR a ajouté à son rapport une évaluation préliminaire de la décision du CIRC de classer le glyphosate comme « cancérogène probable ». Il recommande fondamentalement de tenir compte de tenir compte du rapport du CIRC (ce qui oblige à attendre la monographie...).

 

Grâce à ce communiqué on apprend aussi que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis en place un « groupe de travail ad hoc d'experts » chargé d'élucider les raisons des divergences d'évaluation entre le CIRC et la Réunion Commune FAO/OMS sur les Résidus de Pesticides (JMPR). Il s'agit (s'agirait ?) d'une procédure scientifique au sein de l'OMS. Le BfR a été prié d'apporter son expertise.

 

 

Pourquoi s'agirait ?

 

Alors que la décision du CIRC a eu un écho considérable dans la sphère médiatique, et plus encore dans celle de l'activisme, l'OMS s'est plongée dans un quasi-silence. C'est tout juste si on peut obtenir une information par une page spécialisée [2] fournissant un lien vers une page plus détaillée [3].

 

Selon cette dernière :

 

«  Afin de permettre au Secrétariat de l'OMS JMPR de prendre des décisions éclairées sur les éventuelles activités futures au sein de la JMPR, il a été décidé de créer un groupe ad hoc d'experts de la JMPR impliquant des experts appartenant à la liste d'experts de l'OMS ainsi que l'un des principaux experts impliqués dans la Monographie 112 du CIRC. »

 

Langage diplomatique que le BfR a traduit en clair ?

 

Toujours est-il que cette page énonce une vérité peu entendue ces derniers temps – une vérité dont on peut craindre qu'elle ne le sera plus :

 

« Il est bien entendu que les rôles respectifs de la Monographie du CIRC et du Groupe central de l'OMS sur les pesticides sont différents, le CIRC traitant de l'identification des dangers et le Groupe central de l'OMS procédant à l'évaluation des risques à des fins de réglementation. » (C'est nous qui graissons.)

 

Le groupe ad hoc devait traiter des trois molécules classées « cancérogènes probables », le glyphosate, le diazinon et le malathion. Ceux-ci avaient fait l'objet d'une évaluation par la JMPR respectivement en 2011, 2006 et 2003. Le groupe ad hoc devait rendre son rapport le mois dernier. Son mandat a consisté à faire l'inventaire des divergences entre les listes des publications considérées par le CIRC en 2015 et la JMPR en 2003, 2006, 2011, selon le cas.

 

Qu'en est-il sorti ? Car il y a un « truc », que nous traiterons dans le prochain épisode.

 

_________________

 

[1] http://www.bfr.bund.de/cm/343/bfr-zuarbeit-im-eu-genehmigungsverfahren-von-glyphosat-abgeschlossen.pdf

 

[2] http://www.who.int/foodsafety/areas_work/chemical-risks/jmpr/en/

 

[3] http://www.who.int/foodsafety/areas_work/chemical-risks/etc_final_new_1.pdf?ua=1

 

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