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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Osons l'avenir

8 Juin 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Les Champs de l'Au-delà, tombe de Sen-Nedjem, Égypte
Les Champs de l'Au-delà, tombe de Sen-Nedjem, Égypte

Osons l'avenir !

Et merci, Anton !

En 2050, la population mondiale s'établira selon les prévisions de l'ONU à 9,6 milliards [1]. La population française devrait augmenter de 65 à 73 millions [2]. C'est évidemment sous réserve que la France (et l'Europe) ne soit pas envahie par des migrants et réfugiés politiques, économiques, climatiques... Ou que, à l'inverse, ayant poursuivi la destruction de son tissu économique productif, elle n'ait pas contraint sa jeunesse à une émigration massive.

Pour la FAO, la production alimentaire devra augmenter de 70% pour nourrir une population plus nombreuse, plus urbaine et plus riche [3].

Ces chiffres sont à la louche. Ce qui importe, c'est de connaître les défis auxquels il faut faire face.

La France prendra-t-elle sa part ? Ou sacrifiera-t-elle la productivité et la compétitivité de son agriculture – et, partant, de son industrie agro-alimentaire avec des effets collatéraux majeurs sur son organisation sociale, sa balance commerciale, etc. – pour prix de la capitulation devant des discours au mieux naïfs, au pire pernicieux ?

Le solde français du commerce extérieur des céréales et des produits de première transformation se montait en 2014 à +8,4 milliards d'euros. C'est l'équivalent de 76 avions Rafale ; deux fois la commande, unique, de l'Inde. Réalise-t-on qu'être présent sur un marché d'exportation revêt aussi une importance stratégique sur le plan géopolitique ?

Le défi de l'avenir, qui doit être relevé avec vigueur au présent, c'est de le construire en déployant les sciences et les technologies – judicieusement, il va de soi. Ce n'est pas de fabriquer et d'utiliser des pseudo-sciences pour faire obstacle au progrès ou, pire, embrayer la marche arrière ; et, pour les pouvoirs politiques et administratifs, pour se livrer à de petites et grandes compromissions compromettent l'avenir pour un profit immédiat et temporaire.

Le défi, c'est, dans l'immédiat, expliquer, démystifier.

Dans ce domaine, l'offre n'est pas abondante. Je souhaite y contribuer.

Comment se nourriront mes petits-enfants et les Français de leur génération en 2050 ? Grâce à une production française développée, au pire maintenue ? Ou – le principe de précaution devenu principe d'inaction ayant fait son œuvre, tout comme les contraintes agro-environnentales, économiques et sociales imposées par un pouvoir politique pusillanime en réponse à une opinion publique largement fabriquée par des manipulateurs, des désinformateurs, des marchands de peurs et d'illusions – avec ce qu'ils auront pu grappiller sur le marché international ?

Il faut le dire sans ambages : les vrais défis sont l'alimentation, la santé publique – ou, exprimé sous forme négative, la faim et la malnutrition, et les maladies contagieuses, avec leurs cortèges d'effets collatéraux. Ce ne sont pas (tous) les pesticides et (tous) les OGMs, etc. Jean de Kervasdoué a peut-être eu tort d'écrire : « La peur est au-dessus de nos moyens » : nous en avons encore les moyens. Reste à savoir jusqu'à quand on privilégiera les égoïsmes, les conservatismes, voire les agendas cachés.

2050 ? C'est dans 35 ans. C'est trois cycles de sélection en amélioration des plantes ; un si le programme est ambitieux et ardu. Autant dire demain.

C'est aussi l'espace d'une carrière. La mienne s'est forgée à ce qui est maintenant Montpellier SupAgro, à une époque où une France dynamique et entreprenante mettait les dernières grandes touches à l'aménagement hydraulique, rural et touristique de la région par l'intermédiaire de la Compagnie d'aménagement du Bas-Rhône et du Languedoc. Aujourd'hui, Sivens... non, c'est trop triste...

Elle s'est déroulée dans un contexte international, en grande partie à la confluence de l'agriculture et du droit, puis dans la promotion et la valorisation de l'activité inventive et de la création littéraire et artistique. S'y est superposée une importante activité syndicale à l'échelle tant de l'organisation que du système. J'ai apporté des contributions, petites ou moins petites, à la construction de l'avenir, y compris dans des enceintes où se prennent – ou ne se prennent pas – les décisions engageant des nations ou des communautés internationales. Rien que participer en tant qu'observateur à des débats où s'affrontent des intérêts divergents et aux jeux d'influence a été source d'expérience. J'ai le sentiment que je peux encore faire œuvre utile, la retraite venue.

* * * * *

Dans mes pérégrinations électroniques, j'ai rencontré un site remarquable, imposteurs.over-blog.com/, dont la ligne éditoriale correspondait en tous points à une ambition personnelle encore mal définie et, surtout, laissée un peu en friches par paresse.

Pendant quatre ans et demi, M. Anton Suwalki m'a offert le gite et le couvert. J'en ai usé et peut-être même abusé. C'est ici l'occasion de le remercier vivement pour sa patience et sa générosité.

Mais il arrive un moment où il faut surmonter sa paresse...

_________________

[1] http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=30521#.VXQ_rNLtmko

[2] http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF01116

[3] http://www.fao.org/fileadmin/templates/wsfs/docs/Issues_papers/Issues_papers_FR/Comment_nourrir_le_monde_en_2050.pdf

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