Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

On ne se refuse rien chez Greenpeace

17 Juin 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Greenpeace, #critique de l'information

On ne se refuse rien chez Greenpeace

On ne se refuse rien chez Greenpeace !

Riskmonger (David Zaruk) écrit au directeur exécutif de Greenpeace.int

Empoisonneurs de l'opinion publique...

Décidément, aucune outrance n'est trop belle pour Greenpeace. Après avoir traité la coopérative InVivo et ses dirigeants – nommément désignés – d'empoisonneurs [1], voilà qu'ils publient un « rapport », « Pommes empoisonnées – Mettre fin à la contamination des vergers par les pesticides grâce à l’agriculture écologique » [2].

N'ayant plus d'OGM pour entretenir la fièvre militante de quelques-uns – et surtout l'ardeur donatrice d'un plus grand nombre –, ils ont décidé de se faire empoisonneurs de l'opinion publique avec les peurs sur les pesticides.

Un « rapport » ? La méthode, bien rodée, de Générations futures, avec qui Greenpeace est maintenant clairement en concurrence... pour l'escalade d'engagement et la descente vers le pire.

Les grandes surfaces, voire les petits commerces de fruits et légumes, peuvent s'attendre à des descentes de GPolice et des rafles de pommes [3].

Difficile de masquer l'indigence du « rapport » et du propos : 85 pauvres prélèvements d'échantillons de sol et d'eau (même pas de pommes...) dans 12 pays. Sans précisions sur les circonstances (autres que la date) et les modalités. On fait donc peur en présentant le nombre total de pesticides identifiés (53), puis on agite des pourcentages sur des évidences : ben oui, quand on cultive des pommes, on traite, même en « bio », et on a de bonnes chances de trouver des résidus dans les sols et dans l'eau. Même quand on ne traite pas... Il reste des traces de DDT dans l'environnement, et Greenpeace en a trouvé en France. Agiter de gros chiffres, mais surtout ne rien dire – ou très peu – sur les substances et les doses, et sur ce qu'elles représentent.

Ah si ! Pour certains, on indique qu'ils sont, par exemple, « hautement toxiques pour les organismes aquatiques ». Mais c'est sans préciser si la substance en cause a des « chances » sérieuses de se retrouver dans les cours d'eau...

...Il faut que le bobo gogo gobe le bobard...

Six échantillons de sol en France, 13 substances identifiées (dont trois herbicides... qu'on a sans nul doute épandus sur les pommiers, et surtout les pommes, pour qu'elles soient empoisonnées...).

Misère ! On a aussi trouvé deux fois du DDT ! 0,015 et 0,023 mg/kg... Difficile à saisir ? C'est en gros le même rapport qu'une demi-seconde par an. C'est du reste là un rapport assez représentatif des « découvertes » de Greenpeace.

Six échantillons d'eau, 9 substances identifiées. Dont (c'est juste un exemple) le tétraconazole, qualifié de « hautement persistant »... une demie-vie dans le champs de 60-70 jours...

...mais sur quelle planète vivent-ils ?

Greenpeace se fait aussi prescripteur. Oui, l'« agriculture écologique » façon Greenpeace, ça marche ! Pour Greenpeace...

Pour la lutte contre l'hoplocampe du pommier, Greenpeace suggère l'extrait de Quassia. Sauf que le Quassia n'est pas autorisé en Europe [4]. Mais au fait, n'est-ce pas un pesticide ? Mais au fait, ne faut-il pas 25 kg de bois ou d'écorce de Quassia par hectare et par traitement pour faire la décoction [5] ? Autant dire que la préconisation de Greenpeace est une menace pour l'espèce et la biodiversité...

Pour le puceron cendré du pommier, on propose un « retrait physique ». Avec une pince à épiler ? Pour le plastobase, c'est un « éclaircissage manuel des fruits » et la « suppression des larves lors de la récolte ».

On peut continuer la litanie.

Mais il faut voir une vidéo dans laquelle M. Romain Juthier explique – avec une grande honnêteté – comment il traite ses arbres dans le mode biologique [6]. Cela peut remettre quelques idées en place.

...et indignité médiatique

Le plus dramatique, dans cette affaire, c'est que Greenpeace se soit vu offrir des tribunes dans les médias. Mme Anaïs Fourest, chargée de la campagne « agriculture » de Greenpeace, va sans nul doute faire le tour des chaînes de télévision. Y verra-t-on, par exemple, M. Daniel Sauvaître, Président de l'Association Nationale Pommes Poires (ANPP) ?

Quel message sera retenu par les téléspectateurs et les lecteurs ? L'anxiogène de Greenpeace ou le rassurant des associations de producteurs (si tant est qu'il soit diffusé) qui soulignent que les pommes françaises sont « conformes à la règlementation » ?

Notons l'asymétrie des messages : les uns peuvent asséner de manière éhontée ; les autres doivent nuancer.

Les médias s'en moquent. FranceTVInfo titre ainsi : « Les pommes des supermarchés produites avec des "cocktails de pesticides", selon Greenpeace » [7]. On peut parier que la dénonciation du « rapport bidon » par l'ANPP ne fera pas les titres (si tant est qu'elle soit rapportée[8]).

Dans cet océan d'indignité médiatique qui n'a pas encore fini de grossir, l'Humanité se distingue en ayant produit un bon éditorial [9]. Chapeau bas !

Mais combien de journaux servent la soupe à Greenpeace ?

Dear Kumi...

Le 11 juin 2015, Riskmonger (M. David Zaruk) a mis en ligne une lettre ouverte à M.Kumi Naidoo, directeur exécutif de Greenpeace [10]. Le premier, en se référant au récent documentaire de la BBC [11], exhorte le second de prendre ses responsabilités et de redresser un Greenpeace qui a sombré dans l'immoralité voire le crime contre l'humanit ;, pour tout dire, de se montrer un homme:

« Votre propre apologiste de la science, Doug Parr, a déclaré que si Greenpeace se trompe sur les OGM, vous aurez simplement retenu les profits des actionnaires des multinationales pendant quelques années : puis il s'est demandé quels seraient les dommages s'il devait y avoir des dangers réels des OGM. Eh bien Kumi, cela fait deux décennies que vous n'avez pas eu raison sur les OGM, et ce ne sont pas seulement les profits des actionnaires que vous avez été éliminés, mais les enfants par suite de carence en vitamine A. Peut-être, Kumi, vous devriez écouter d'autres scientifiques. »

M. Zaruk peut écrire une nouvelle lettre en substituant les pesticides aux OGM...

________________

[1] http://agriculture.greenpeace.fr/action-invivo-doit-cesser-dempoisonner-les-agriculteurs

http://agriculture.greenpeace.fr/agriculture-suite-a-notre-action-philippe-mangin-et-thierry-blandinieres-exigent-un-droit-de-reponse

[2] http://agriculture.greenpeace.fr/pesticides-ces-pommes-qui-laissent-un-gout-amer

http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/573642/Rapport%20Pommes_FR%20V3_BD.pdf

[3] La grande distribution est déjà prévenue :

http://www.leparisien.fr/environnement/grande-distribution-greenpeace-decouvre-des-pesticides-dans-les-pommes-16-06-2015-4867073.php

[4] http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/111012_GUIDE_INTRANTS.pdf

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:335:0091:0093:FR:PDF

[5] http://abiodoc.docressources.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=19

[6] https://www.youtube.com/watch?v=VVeowXl1HVo

[7] http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/les-pommes-des-supermarches-contiennent-des-cocktails-de-pesticides-denonce-greenpeace_954001.html

[8]Le Figaro l'a fait :

http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/06/16/01008-20150616ARTFIG00253-l-alerte-de-greenpeace-sur-les-teneurs-en-pesticides-dans-les-vergers.php

[9] http://www.humanite.fr/pommes-pesticides-et-polemiques-577234

[10] http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/06/11/a-letter-to-kumi-naidoo-on-greenpeaces-gmo-position-moral-character-will-be-your-legacy/

[11] http://seppi.over-blog.com/2015/06/a-la-bbc-gm-food-cultivating-fear.html

Ajout du 18 juin 2015

À lire :

Le communiqué de presse de l'ANPP :

http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/06/1506CpAnppGreenpeace.pdf

Le communiqué de Sauvons les fruits et légumes :

http://www.sauvonslesfruitsetlegumes.fr/wp-content/uploads/2015/01/cfcsflgreenpeace.pdf

L'article de ForumPhyto :

http://www.forumphyto.fr/2015/06/17/le-rapport-empoisonne-de-greenpeace/

Partager cet article

Commenter cet article