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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Greenpeace : ne me faites pas le centième de ce que je fais aux autres !

23 Juin 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Greenpeace

Greenpeace : ne me faites pas le centième de ce que je fais aux autres !

Greenpeace : ne me faites pas le centième de ce que je fais aux autres !

GP refuse le dialogue avec les pomiculteurs

Nous avons vu dans un billet précédent qu'un « rapport », « Pommes empoisonnées – Mettre fin à la contamination des vergers par les pesticides grâce à l’agriculture écologique », vient d'être commis, le 16 juin 2015 [1]. L'auteur en est la section française de Greenpeace, une cash-machine multinationale (budget total de 293 millions d'euros en 2013, et 2 400 salariés à travers le monde) dont les programmes nationaux dépendent essentiellement de la capacité des thèmes à alimenter la machine par des dons. L'auteur ? Plutôt le traducteur, l'opération ayant été lancée dans plusieurs pays d'Europe.

 

Peu de temps avant, la section française du Greenintern avait traité la coopérative InVivo et ses dirigeants d'« empoisonneurs », s'attirant ainsi une publicité de la part de médias peu regardants sur la déontologie, et même sur d'élémentaires principes juridiques puisqu'ils se sont rendus coupables de complicité de diffamation.

 

L'Association Nationale Pommes Poires (ANPP) et Sauvons les Fruits et Légumes avaient répondu par des communiqués qui n'ont reçu guère d'échos dans les médias. Normal... « Pommes empoisonnées... », par Greenpeace, c'est un scoop, une « information » dont sont friands des lecteurs, auditeurs et visiteurs par ailleurs abreuvés de mauvaises nouvelles, par exemple sur « Ces aliments qui nous empoisonnent (ça, c'est le hors-série de l'été de 60 Millions de Consommateurs). Qui sont abreuvés et qui en redemandent... les Français sont pessimistes. « Le rapport Greenpeace est bidon » [2] ? Pff ! Sans intérêt.

 

M. Daniel Sauvaitre, arboriculteur et président de l'ANPP, a cependant écrit sur son blog [3] :

 

« Merci à France Info, France 3, Europe I, La Provence [4] de nous avoir donné un peu la parole. Merci d’avance à tous les autres d’y penser rapidement. »

 

Nous relayons avec plaisir la première phrase, sans illusions s'agissant de la deuxième. Un plaisir tout de même mesuré car, dans cette série d'événements, la vraie information c'est que Greenpeace se soit permis de produire un « rapport » truffé d'erreurs et de contre-vérités. S'il est légitime d'informer les Français sur la sécurité sanitaire de leurs aliments, il est tout aussi important, voire plus, de veiller à leur santé psychologique en dénonçant les manipulations anxiogènes.

 

L'ANPP a produit le 18 juin 2015 – chapeau pour la diligence – une réponse détaillée [5].

 

Au fait, l'ANPP, ce sont 1500 producteurs, représentant 860 000 tonnes de pommes et 35 000 tonnes de poires, qui sont engagés dans la charte de production fruitière intégrée, un référentiel de bonnes pratiques arboricoles. Plus, indirectement, les acteurs de l'amont et de l'aval.

 

Son président a aussi demandé à rencontrer Mme Anaïs Fourest, la chargée de campagne de Greenpeace. M. Sauvaitre écrit :

 

« J’avais demandé à rencontrer Anais Fourest qui est en charge de cette campagne agriculture chez Feu Vert…euh chez Greenpeace. Compte tenu de notre contre offensive, elle ne souhaite plus me recevoir lundi. »

 

Conclusion : Greenpeace peut insulter sans vergogne ; mais quand on les mets face à leurs responsabilité et qu'on met le doigt sur leurs inepties et leur escroquerie intellectuelle et médiatique, ils se sentent insultés.

 

Ah mais ! Les producteurs de pomme ont publiquement remis en cause le professionnalisme de Greenpeace ! Les conditions ne sont donc pas réunies, selon Mme Fourest, pour avoir une discussion constructive sur le fond du sujet...

 

Mais après tout, pourquoi discuter avec des ploucs ? Ils sont bien trop nombreux – et trop compétents – donc pas assez manipulables... Et, dans la quête de dons auprès des consommateurs, il y a une fibre qu'il est plus facile de faire vibrer. Greenpeace écrit donc :

 

« Les acteurs de la grande distribution ont leur part de responsabilité. Ils doivent aider les agriculteurs afin que ces derniers puissent proposer aux consommateurs des pommes sans pesticides. C’est pourquoi nous mettons en compétition les 6 principales enseignes de la grande distribution française dans la Course zéro pesticide ! »

 

Les deux premières phrases, c'est le blabla, l'enfumage. Greenpeace animé par de louables intentions ? La réponse est dans la troisième phrase. Cela sent atrocement le pizzo vert pratiqué par d'autres « organisations » qui font dans le greenwashing. C'est pour quand ches Greenpeace ?

________________

 

[1] http://seppi.over-blog.com/2015/06/on-ne-se-refuse-rien-chez-greenpeace.html

[2] http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/06/1506CpAnppGreenpeace.pdf

[3] http://www.daniel-sauvaitre.com/2015/06/de-quoi-les-pommes-empoisonnees-de-greenpeace-sont-elles-le-nom.html

[4] Bel article dans La Provence :

http://www.laprovence.com/article/actualites/3454868/nos-pommes-sont-elles-pourries-jusquau-trognon.html

[5] http://data.over-blog-kiwi.com/0/99/48/44/20150619/ob_11a7bf_analyse-greenpeace-v7.pdf

 

 

Une suggestion pour M. Sauvaître (et d'autres) :

 

 

Comme jadis Martin Luther à Wittenberg, le botaniste émérite suisse Klaus Ammann cloue ses thèses sur le génie génétique sur la porte de l'agence de Hambourg de Greenpeace.

Photo : Die Welt

http://www.welt.de/politik/deutschland/article11062480/Ein-Botanik-Professor-setzt-Greenpeace-unter-Druck.html

 

 

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